LES ULCÈRES A NICHE DE HAUDEK GUÉRIS MÉDICALEMENT
En lisant les articles de Haudek, nous constatons que vers 1930 cet auteur a légèrement modifié son point de vue. Il n’est plus aussi catégorique sur la signification de la niche; il admet à cette époque que l’image peut ne pas représenter
exactement l’étendue de la lésion et son degré de pénétration, mais il reste toujours persuadé de sa gravité.
Cependant, de nombreuses années auparavant, Strauss avait publié le cas d’un malade présentant une « niche de Haudek » de la petite courbure, et chez lequel on trouva un ulcère calleux non adhérent, qui échappa à une intervention et ne fut révélé qu’à l’autopsie, le malade ayant succombé à une maladie intercurrente. Mais dans ce travail, on ne trouve pas de cliché radiologique et auteur reconnaît qu'il s’agit d’une niche atypique. Mérite-t-elle donc bien le qualificatif de niche de Haudek ? Il en est de même pour Ohnel qui, en 1920, rapporte trente-quatre cas qui tous ont été guéris ou améliorés par un traitement médical, avec disparition complète de la niche à l’examen radiologique. De même encore de Buskstein qui, en 1921, en cite un cas; de Shattuck, la même année, qui en publie cinq cas sur six; de Oudard et Feissly (un) ; de Frandsen (six).
Timbal, en 1922, dans son compte rendu du Congrès Français de Chirurgie, publie six observations de Caillé et Moutier où des images diverticulaires accompagnant des ulcères jugés d’abord perforés bouchés, avaient cependant disparu grâce au traitement médical. Il ajoute un cas personnel dont il publie l’observation. L’ulcus y dessine «un petit estomac en miniature » à la partie médiane de la petite courbure. Il y a une encoche spasmodique de la grande courbure donnant l’aspect de l’estomac biloculaire ou en sablier.
Il insiste sur un symptôme qui, à ses veux, est capital, c’est la persistance de la tache qui demeure « suspendue » longtemps après l'évacuation gastrique.
La malade, une jeune fille qui souffrait depuis de nombreuses années, a guéri en deux mois avec disparition de la niche à tous les examens radiologiques, à la suite d’un traitement médical extrêmement sévère.
Mais nous devons de suite dire que, après avoir examiné ces différentes publications, nous nous sommes aperçu
qu'il s'agissait toujours de très petites niches de la grosseur d’un haricot où d’une noisette au plus, image que peut facilement produire une légère infiltration œdémateuse de la muqueuse péri-ulcéreuüse, comme nous le verrons plus loin.
Pierre Duval, qui au Congrès de Chirurgie de 1920 avait mis en garde contre ces observations qu’il qualifiait de fausses niches de Haudek, en rapporte trois cas en 1926 : un de Pétren à niche typique, qui s’est révélé à l’opération être un ulcère pariétal, et deux de Quervain où l’on trouve de vrais diverticules causés par l’atonie gastrique. Dans son livre sur le radiodiagnostic de l’ulcère de l'estomac, écrit en collaboration avec Béclère et J. Ch. Roux en 1935, il admet que parfois ces niches peuvent être dues à des ulcères banaux, et Gutmann est aussi de cet avis.
Il est donc intéressant de constater que tous ces auteurs, après avoir longtemps étudié ces niches, ont émis quelques réserves sur la signification absolue que primitivement Haudek avait attribué à leur aspect radiologique et qu’on leur attribue encore couramment.
Cependant, à l'examen des diverses publications relatives aux ulcères à niche de Haudek, il nous est apparu que certains auteurs ont étendu ce terme à toutes les niches ulcéreuses gastriques quelles que soient leur forme et leur dimension, ce qui a prêté à confusion. Ils ne joignent qu’exceptionnellement les clichés radiographiques à leurs publications et ne donnent de la niche qu’une description sommaire. Nous ne faisons donc ici que les citer sans nous en inspirer.
Nous nous en tenons à la description primitive donnée par Haudek : « Grosse image diverticulaire, ovoïde, flanquant la petite courbure gastrique dans sa portion verticale et unie à elle par un collet plus étroit. L’aspect est encore plus typique lorsqu'il y a sur les clichés pris en position verticale un niveau liquidien ét une bulle d’air à la partie supérieure, mais ce dernier caractère est contingent ».
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