CHAPITRE IV
L'accident frappe “surtout les multipares et survient brusquement sans cause apparente ou sous l'influence d’un traumatisme léger ou d’une fatigue quelconque (promenade un peu longue par exemple). (
La gestante commence le plus souvent à perdre un peu de sang, puis du liquide présentant l’aspect du liquide amniotique. Elle se croit menacée de fausse-couche, mais le travail ne s’établit pas. On la met au repos au lit et au traitement anti-abordif par le laudanum, etc. Chaque jour on doit examiner attentivement les pertes recueillies sur la garniture de ouate hydrophile placée devant la vulve.
On remarque que toujours les pertes sont fortement teintées de sang. L’écoulement du liquide se poursuit, tantôt de façon continue, tantôt par poussées que séparent des pauses de quelques jours ou de plusieurs semaines. Par moment, dans la plupart des cas, surviennent des véritables hémorragies accompagnées des douleurs qui durent un jour ou deux. Cette situation se prolonge un temps variable pouvant aller jusqu'à cent-quarante jours (Holzapfel). La grossesse s’interrompt toujours prématurément du 6e au 8e mois. On doit penser à la grossesse extra-membraneuse dans le cas où cet ensemble des symptômes se prolonge au delà de vingt à trente jours.
On cite d’autres signes d’une valeur très relative: ainsi
PH VA;C ec En par le palper on trouve un fond d’ütérus plus bas qu’il ne devrait l'être normalement au terme actuel de la grossesse ; en outre on pourra constater un palper particulièrement difficile par suite du contact intime que cet utérus, vide d’eau, présente avec les parties fœtales. On notera, en cas de présentation du siège, l'absence du ballottement de la tête.
Tous ces signes, sont évidemment vagues. Mais la coïncidence des deux séries des symptômes, chez la même femme pourrait faire penser à l'existence d’une grossesse extramembraneuse. il :
Bar fait remarquer qu'on n’a jamais observé cette tension douloureuse de l’utérus qui précède ordinairement l’écoulement d’une certaine quantité de liquide sanguinolent sses l’hydrorrhée déciduale. : :
Ceci constituerait un signe de plus, dans liydrorhée déciduale pure, il paraît absolument certain que le liquide: provenant de l’inflammation dé la caduque s’accumule avant d’être expulsé, soit entre les feuillets de la caduque décollés, soit entre les membranes et la caduque, d’où tension douloureuse. Dans le cas de grossesse extra-membraneuse l’œuf étant rompu, le liquide en question s’écoulera à mesure qu'il sera formé, et par suite il n’y aura pas de sensation de tension douloureuse possible. l
En cas d’hydrorrhée déciduale, après un premier flot ou plusieurs flots successifs, le suintement se supprime soit définitivement, soit pendant plusieurs semaines. Au cours de l’anomalie, étudiée il est constant; l’écoulement est journalier, c'est ce qui prouve bien que les membranes sont rompues et qu’on a affaire à de l’hydrorrhée amniotique.
On ne constate pas les gros flots espacés et très éloignés comme cela se voit dans l’hydrorrhée déciduale; il y a au contraire de nombreuses petites pertes quotidiennes qui plaident en faveur de Fhydrorrhée amniotique,
Le liquide qui s’écoule n’est pas pur, il est toujours mélangé de sang. On peut avoir une alternance d'écoulement sanguin et d'écoulement aqueux.
La comparaison de ces symptômes peut conduire l’ esprit à la supposition de la rupture de l’œuf par le fait de l’endométrite déciduale, et si on est averti de l’existence des faits rapportés, on pensera nécessairement à l’existence d’une grossesse extra-membraneuse.
En résumé le diagnostic peut s’établir à condition de penser à l’anomalie;
L’hydrorrhée simple ou entrecoupée de métrorrhagies, le moindre volume de l’utérus pour l’âge supposée de la grossesse, l’absence de poche des eaux pendant l’accouchement et enfin, après coup, les déformations du fœtus et surtout les particularités des membranes, suffiront à l’établir. Il sera d’ordinaire aisé de distinguer ces signes de ceux qui accompagnent la fausse-couche simple, le placenta prævia, la môle hydatique ou encore l’incontinence d'urine,
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