‹ La grossesse extra-membraneuseChapitre 21 sur 23 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

$ 1. — Pour la mère,

Il est facile de comprendre que, les membranes étant déchirées, l’œuf et l’utérus sont exposés aux infections ascendantes venues du dehors.

La flore microbienne du vagin peut suffire pour provoquer l'infection d’un utérus en état de gravidité, mais ce sont surtout les touchers imparfaitement aseptiques et souvent répétés qui peuvent provoquer l'infection.

La femme doit être considérée comme une malade du double fait, qu’elle présente une rupture des membranes et qu’elle est soupçonnée d’endométrite déciduale.

Néanmoins le pronostic maternel est bon, à tout le moins quoad vitam; la répétition des hémorragies provoque parfois un état d’anémie très prononcée. En dépit de l’ouverture prolongée de l’œuf et malgré les explorations répétées l'expérience démontre, que le danger d'infection est nul.

. Est-ce au traitement calmant et antiseptique que nous devons l'absence de tout accident? Cela est vraisemblable.

Au cours de l’accouchement l’absence du liquide dans l'utérus donnera naissance à quelques difficultés.

Il ne se formera pas de poche des eaux. La dilatation progressera péniblement, lentement, le col sera exposé aux déchirures, étant privé du coussin élastique qui est la poche des eaux et qui s’interpose entre le col et la présentation.

HENRI Te

En cas d'intervention, par exemple d’une version, l’évolution du fœtus sera rendue plus difficile par l’absence de liquide.

L’expulsion sera un peu plus longue, le vagin n'étant pas lubréfié. Néanmoins l'accouchement évolue toujours normalement et il n’y a jamais eu d’accidents de mortalité ou de morbidité maternelle.

$ 2. — Pour l'enfant.

Le pronostic pour l’enfant est sombre.

Le fœtus se présente le plus souvent par le siège, parfois le sommet et l’accouchement a lieu spontanément « à sec ». 11 présente des déformations analogues à celles qui s’observent dans l’oligoamnios, déformationsdues à la même cause, à savoir la compression excréée directement par la paroi utérine sur le fœtus. On voit ainsi naître des petits enfants mal développés, les membres grêles, atrophiés parfois. Les quatre membres peuvent présenter de nombreuses subluxations et les articulations peuvent être mobiles à l'excès. On trouve des mains et des pieds bots, des courbures des membres, de la colonne vertébrale, de l’aplatissement de la tête, etc.

Le fœtus est comprimé pendant la grossesse, il naîtra malingre, mal développé. Il y a encore une autre raison importante pour cela. Si on arrive à éviter l’avortement, l'accouchement prématuré est de règle; l’enfant sera toujours un petit débile qui nécessitera des soins tout spéciaux et qu'on n’élèvera qu’au prix de très grands efforts.

En règle très générale l’enfant ne tarde pas à succomber à la faiblesse congénitale.

-Pendant le travail cet enfant est exposé à souffrir; les contractions utérines violentes s'exercént directement sur

OU

lui, n'ayant pas été amorties par l’interposition du liquide : amniotique protecteur.

Une compression du cordon facile à réaliser dans ces conditions, ainsi que le moindre retard dans la manœuvre de Mauriceau, dans la présentation du siège, seront rapidement mortels pour le fœtus.

L'infection amniotique possible, consécutive à la rupture des membranes, serait encore une cause de danger pour le fœtus.

Le degré des diverses malformations qu’on pourrait rencontrer chez le fœtus n’est en raison directe ni de la précocité de la rupture, ni de la durée de la grossesse après cet accident (Brouha). On peut après trente jours, observer

des malformations plus accentuées qu'après trois mois.

Le facteur essentiel est vraisemblablement ici la facilité plus ou moins grande de l’écoulement du liquide amniotique.

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