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à l’époque correspondant au flux menstruel, il s’est écoulé un peu de sang. D’autres fois, une légère perte sanguine, s’est produite à plusieurs reprises dans l'intervalle des règles.
Cés écoulements sanguins ne diffèrent pas de ceux signalés pour les grossesses ectopiques en général, ils sont noirs, marc de café et peu abondants. En même temps, la femme peut expulser des débris de membrane qui n'ont rien de caractéristique pour la grossesse interstitielle.
En même temps, la femme accuse quelques douleurs survenant par accès ressemblant à des coliques appendiculaires et localisées généralement d’un seul côté.
Si l’on examine la femme par le toucher bimanuel,, on trouve un col qui ne présente pas le signe de Hégar. Ce symptôme est dû à Audebert et Dambrin, ils pensent que par le fait d’une implantation trop haute et trop lointaine, les modifications vasculaires qui se produisent normalement du fait de la gestation restent localisées à la corne et toute le région inférieure de l’utérus échappe à leur influence. L’utérus est légèrement augmenté de volume. Si: la grossesse est assez avancée, on peut sentir une tumeur à l’un des angles utérins, placée sur la paroi latérale sans sillon ni pédicule, arrondie, mobile avec l'utérus, indolore où peu, de consistance molle. Ce dernier caractère vient de ce que le segment inférieur de l'utérus ne se ramollit que très tardivement. On peut également sentir les contractions de la paroi tumorale, ce signe observé par Muret permet d'éliminer les grossesses tubaires, celles-ci ne se contractant pas, la musculature de la trompe libre n'étant pas assez épaisse. Malheureusement, il faut une main très exercée pour les sentir, Lwow et Windisch l'ont aussi rencontré. Le signe de Simon Ruge, l'insertion des ligaments ronds, l’asymétrie des annexes ne sont pas perceptibles. C) Symptômes de rupture.
Dans presque tous les cas, la rupture aboutit à l'inondation péritonéale et ici encore, plus que pour les grosses-
ses tubaires, l'accident est brusque et grave, nous verrons, en effet, que l'hémorragie est particulièrement abondante.
C'est généralement en pleine santé, à l’occasion d'un effort ou sans cause apparente, que se produit l'accident cataclysmique bien connu d’une hémorragie interne. La douleur, extrêmement vive dans le bas ventre, les nausées, la tendance syncopale, le faciès pâle, la disparition du pouls n'ont rien de caractéristique pour la grossesse inter- Stitielle.
Parfois cependant la brusquerie n'est pas telle, ces mêmes symptômes, mais atténués, se reproduisent plusieurs fois, l'hémorragie s’est enkystée, une hematocèle s’est constituée. Cette dernière éventualité est beaucoup plus rare que dans la grossesse tubaire.
Au toucher, l'utérus est impossible à délimiter, les culs de sac sont bombants et douloureux. Le ventre est ballonné, douloureux, mat.
A quel moment se fait la rupture? Dans la grande majorité des cas elle se produit avant le troisième mois, rarement plus tardive. Dans le cas de Rochard et Demelin, elle survient au 5e mois, au 7e mois dans-le cas de Bar. Les observations de grossesse interstitielle allant jusqu'à terme sont rares et sujettes à caution. Roaswinckel, Treub et Windisch en ont bien signalé, mais il s'agissait de grossesses interstitielles rompues avec continuation de la vie foetale jusqu'à terme, le foetus étant passé dans la cavité abdominale.
Werth, en se basant sur 32 cas de grossesse interstitelle, donne le tableau suivant des époques de rupture:
à 1 mois -- — — —— 1 fois.
de 1 à 2 mois - — — 3 fois.
à À mois — — — — A4 fois.
de ? à 3 mois — = — 6 fois.
à 3 mois — — — AL fois.
de 3 à 4 mois ee — — 2 fois.
à 4 mois — — — LP rOE Mois; de 4 à 5 mois 2 > — 4 fois.
à 5 mois — = — — 8 fois.
de 5 à 6 mois Le —— — 1 fois.
En résumé, c'est dans les 4 premiers mois que se fait la rupture, très rare après le 6e mois, elle est plus que douteuse jusqu’à terme.
On dit, en général, que la rupture se fait au sommet du sac. D’après Beckmann, elle se ferait sur la paroi postérieure, d’après Werth également. Waegeli a dressé le tableau suivant:
Sur la paroi supérieure 10 fois.
Le Fe Eu — et latérale 2 fois.
— — — — et antérieure 3 fois.
— — — — et postérieure 4 fois.
Le — — postérieure 8 fois.
2 LR — latérale 2 fois.
ae = — antérieure 2 fois.
I ya donc une prédominance au niveau de la paroi supérieure; dans presque tous nos cas également, la rupture siège aussi sur la paroi supérieure.
Nous avons vu que ce lieu de rupture correspond à l'insertion du placenta où la destruction est maxima.
Le calibre de la déchirure est variable; tantôt à peine plus gros qu’une tête d’épingle, il atteint parfois de fortes dimensions, affectant tantôt le type de perforation par usure, tantôt celui de l'éclatement.
Plusieurs éventualités peuvent se produire au moment de la rupture:
1) il y a simplement inondation péritonéale, la rup- ‘ture est petite, l'oeuf n’a pas bougé de la cavité ovulaire.
2) l'oeuf est expulsé complètement, foetus et placenta.
3) le foetus seul est dans la cavité abdominale, le placenta est resté dans la cavité ovulaire.
4) le foetus fait saillie entre les lèvres de la plaie.
Dans presque tous les cas, le foetus est mort, la cause est sans doute l’hémorragie grave de la mère ou le décollement du placenta.
Von Holst et Beckmann ont signalé le rétrécissement considérable des paroïs ovulaires après la rupture, si bien qu'à l'opération, la cavité foetale parait plus petite que le foetus expulsé.
D) Autres éventualités.
Elles sont au nombre de 3 d’après Lequeux:
4) L'avortement utérin de l'oeuf complet, fait tout à fait rare et sujet à caution.
2) L'avortement utérin incomplet; une partie de l'oeuf étant expulsée par l'utérus, une autre partie restant dans la trompe, ou même dans la cavité abdominale, s’il y a coexistence de rupture, tels sont les cas de Braxton- Hicks, (foetus dans l'utérus et placenta dans l’abdomen) de Marschka, de Eiermann et peut-être de Bubendorf.
3) La mort de l'oeuf, qui supprime les risques de rupture et qui réduit la grossesse à un corps étranger.