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III. — INFLUENCE FŒTALE

1) Influence du sexe et du poids du produit.

A) Chez les femelles domestiques. — a) Influence du sexe. — Cornevin (i) admet que la durée de la gestation est plus longue, toutes choses égales d'ailleurs, quand le produit de la conception est un mâle, que quand c'est une femelle, et cela quel que soit l'âge de la mère.

Pour la jument, cette loi a été vérifiée par Gayot, par Rueff et Baumeister, et par Fleming.

C'est ainsi que Gayot a trouvé 7 femelles et

2 mâles, pour 9 poulains nés avant le terme moyen de la gestation.

Chez la vache, les faits observés par Cornevin, sur la race de Schwitz, lui ont permis de conclure : qu'il y avait une différence de

3 ou [\ jours, dans les cas de gestation aboutissant à un mâle (291), ou a une femelle (287).

D'ailleurs, le fait que les veaux mâles seraient portés un peu plus longtemps que les génisses avait déjà été démontré par les expé-

(1) Coksevin. Zootechnie générale, 1891, p. 802 et 8i3.

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riences anciennes de Teissier, de lord Spencer et de Cramer.

La constance de cette loi a été vérifiée sur ii autres races, à la ferme de l'Ecole vétérinaire de Lyon, par Corne vin.

Bournay(i) rapporte que, dans la race de Simmenthal (Baumeister et RueflT), la durée de la gestation, avec produit mâle, a été de 288 jours, tandis que, avec produit femelle, elle n'a été que de 278 jours (Bassi).

Enfin Cornevin affirme que, dans l'avortement sporadique et non contagieux, l'interruption de la gestation « se produit de préfé- « rence quand le fœtus est une femelle. »

Le lait a été constaté, par lui, dans ses statistiques personnelles, après qu'un agriculteur de la Lozère, M. de Verdelham-Desmoles (2), eut attiré l'attention sur ce point, par des observations prises dans sa vacherie. Cornevin ajoute: qu'il est naturel, « que l'ex- « pulsion très prématurée se fasse surtout « pour les femelles, puisque, normalement, « la date de l'accouchement est toujours en « avance sur celle qui aboutit à la naissance « d'un mâle. »

(1) Bournay. Obstétrique vétérinaire, 1900, p. 100.

(2) De Verdelham-Desmoles. Journal de médecine vétérinaire, 1877, p. a43.

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La brebis présenterait les mêmes particularités.

En effet, les observations prises sur les brebis mérinos ont montré que les agneaux mâles étaient portés i5i jours, tandis que les femelles naissaient au bout de i5o jours 6, et les jumeaux au bout de i/jp, jours g.

(3) Influence du poids du piioduit. — D'après Cornevin, le poids du produit est fonction de la durée de la gestation.

Mais, comme le poids moyen des fœtus mâles est plus élevé que celui des fœtus femelles, on voit immédiatement « que les va- « riations liées au sexe sont applicables, dans « la même mesure, à l'influence exercée par « le poids du produit (i) ».

Aussi Bournay tire-t-il cette conclusion que, quand la durée moyenne de la gestation est dépassée, on a tout lieu de croire qu'il s'agit d'un sujet volumineux, et d'un mâle.

B) Chez la femme. — On sait qu'il a été dit que les garçons séjournaient plus longtemps que les filles, dans l'utérus maternel (2). Dans un grand nombre des observations de

(1) Boukmay. Obstétrique vétérinaire, p. 100.

(2) In Barnes, loc. cit., note du traducteur, p. 1 4 2 .

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grossesses prolongées qui ont été publiées, et que nous avons citées dans l'historique de la question, l'enfant dépassait notablement le poids normal, et c'était un garçon.

L'excès de volume de la tète fœtale a été notamment observé dans les cas de grossesse prolongée qui ont été rapportés par Klein, Rob, Siebold, Liegard, Feltz, Leishmann, llenderson, etc.

Dans les quelques faits que nous avons recueillis personnellement, le fœtus était du sexe masculin, et dépassait le poids normal.

Il est évident que Laurent Joubert, médecin du xviG siècle, a pris l'effet pour la cause, quand il a dit: «... il y a des enfans de grande « écloppe et corpulence, qui requièrent plus « de séjour de leur maturité... »

Cependant P. Zacchias et Foderé, qui pensaient avoir observé des cas de gestation prolongée chez leurs propres femmes, ont signalé, au contraire, les petites dimensions de la tète fœtale.

L'observation de Charpentier, sur laquelle nous aurons plus loin l'occasion de revenir, dans le chapitre des influences maternelles individuelles, est, à ce point de vue, très démonstrative.

Cette dame, qui eut 7 grossesses prolongées,

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donna naissance à des enfants dont le poids varia entre f\ 570 et 5 [00 grammes.

Tous ces enfants, dont la longueur était de 53 à .r)/| centimètres, présentaient une tête plus ossifiée qu'à l'état normal ; cette simple constatation pourrait donc déjà être considérée comme un signe de probabilité d'un plus long séjour du fœtus dans l'utérus.

L'observation de M. Delore, relative à une grossesse de dix mois, chez une primipare, mentionne que « le fœtus était énorme. )>

Dans la plupart des travaux qui ont été publiés sur les enfants très volumineux, cette question de la durée de la grossesse n'a été qu'effleurée, et encore d'une façon si timide que, le plus souvent, la date des dernières règles n'est même pas mentionnée, comme si l'observateur avait eu peur d'être accusé de naïveté, en laissant la porte ouverte à l'hypothèse de la grossesse prolongée.

Ce silence est d'autant plus surprenant que, chez les animaux domestiques, la gestation prolongée a été considérée, de tout temps, comme la cause la plus fréquente de l'excès de volume du fœtus (1).

(1) Servatius. Berlin, thier. Wochcnschr., i8g4,

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Cependant, il faut reconnaître que, dans les observations de Cazeaux et Raimbault, de Rachel et Neumer, et dOlanot, la prolongation de la grossesse a été signalée.

Mais, dans presque tous les faits qui ont été réunis sur cette question, tant en France qu'à l'étranger, par M. Henri Dubois (i), cette cause de l'excès de volume du fœtus parait avoir complètement échappé aux différents observateurs, ainsi d'ailleurs qu'à l'auteur de cette thèse.

2) Influence de la gémellité.

A) Chez les femelles domestiques unipares (ne donnant généralement, comme la femme, qu'un seul produit). D'après Saint-Cyr et Violet, « la durée de la gestation gémellaire <( est généralement moindre, que celle de la « gestation simple dans la même femelle... »

La gémellité est beaucoup plus rare chez la jument (1 sur 1 000) que chez l'ànesse (1 sur 100) et la vache (1 sur 90) ; elle est très fréquente chez la brebis.

Jument. — La gestation double donne souvent lieu à l'expulsion des deux produits

(1) Les gros enfants au point de vue obstétrical. Thèse, Paris, 1897.

avant terme, mais quelquefois d'un seul, sous forme d'avortement ; eu somme ses résultats sont considérés comme fâcheux par les éleveurs.

La gestation triple, qui est tout à fait exceptionnelle, « se termine bien souvent par l'avor- « tement (i). »

Vache. — Chez cette femelle, la gémellité, qui est assez fréquente, paraît avancer le moment du part.

Quand il y a trois produits et davantage, l'avortement ou l'accouchement prématuré sont relativement fréquents : il est rare, clans ces cas, de voir tous les jumeaux arriver à terme.

Brebis. — Nous venons de dire que les observations prises sur les brebis mérinos ont montré que les jumeaux n'étaient portés, en moyenne, que 1/19 jours 9, tandis que les agneaux mâles l'étaient i5i jours.

B) Chez la femme. — « J'ai souvent observé, « dit Mauriceau (2), que les femmes qui sont « grosses de deux enfants ne les portent pas « si longtemps que si elles n'en avaient « qu'un... »

Tous les auteurs admettent que, dans les

(1) Bournay. Obstétrique vétérinaire, 1900, p. io5.

(2) Traité des maladies des femmes grosses, 17^0, p. 200.

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o-rossesses gémellaires, il est rare que les produits aillent à terme. La grande distension de l'utérus a été surtout le motif invoqué, pour expliquer l'expulsion prématurée.

« La grossesse gémellaire, disent MM. Ri- <( bemont et Lepage (i), se termine rarement « a terme, surtout chez les primipares ; l'avor- « tement est relativement fréquent. »

Yaysettes (2) a relevé 3i cas de grossesse gémellaire, sur 782 observations d'accouchement prématuré recueillies à la Maternité de Lyon.

Il conclut de ses statistiques que, sur trois cas de gémellité, deux seulement vont à terme, sans qu'il y ait de différences suivant que les femmes sont primipares ou multipares.

Enfin, d'après la statistique que M. Monteiro a recueillie dans le service de M. Pinard, la proportion des accouchements prématurés, dans les cas de gémellité, serait encore plus considérable, puisqu'elle atteindrait 83,72 °/o chez les primipares, et 76 °/0 chez les multipares. Notons que quelques auteurs ont trouvé, suivant la parité, une proportion inverse.

(1) Précis d'obslétrique, p. 83o.

{:>.) De l'accouchement prématuré. Thèse, Lyon, 1881, p. 17.

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