I.es raiiiies du vent, les vagues divisées
l*ar le baul promontoire el sur le roc brisées,
là! lugubre concert de formidables bruits
Qui double les terreurs dans les terreurs des nuits.
A l'heure d'aconie el du péril suprême,
Quand l'cspoir, l'immortel espoir est mort Itii-niéme, Un noble instinct toujours nous fait lever les yeux Vers l'espace sublime oû' s'étendent les cieux.
Comme des profondeur» d'im puits étroit et sombre Que le roc a garni d'aspérités sans nombre,
Antonio vil luirb une étoile, en disant La prière d'espoir du pauvre agonisant;
ICt, dans sa joie, il crut que de l'axur sublime l.'œil d'un ange plongeait jusqu’au fond de l'abîme, Montrant le roc rendu par la céleste main,
Et l’abime sauveur qui servait de chemia.
aËGIN.V, N r«M.« qii ••{•* A tfii-mfmt.
• Mets tes pas dans mes pas; la vie est sur ma létc. S'écria le mari. ^ Four mourir je suis prèle,
Lui dit sâ jeune femme; emp<)chc jusqu'au bout Que je me sauve seule, et je te suis partout. •
Le sentier était rude cl vertical, humide Surtout : Antonio posait un pied timide Sur les rochers saillanb, redoutables appuis;
Et, cramponnant scs doigts aux parois de ce puits,
Il avançait un peu. s'assurait si la pîcire Hésistait, et sa main, étendue en arriére,
Cherchait un autre corps dans Tombro, et, l'enlevant, Le plaçait près de lui sur l'escalier mouvant. —
Le cœur serré, la glace au front, la ilanunc au\ lèvres, Un fait de ces travaux dans le soti^e des fièvres. — Bien souvent la sueur de l'effriji rmomlait Ixirsqu'ainsi cheminant A tâtons, il sondait ]â! vide et quil touchait, par scs doigts aperçue, l’no roche en saillie et remtaiU toute issue,
El qu’au fond de son cœur il disait : > Pauvre enfant I Je vais l’ensevelir dans ce roc étouffant ! •
Il ne la vovait plus au-dessus de sa lèle.