SCÈNE V
CLÈTE, MAX, BERTHE . 4 BERTHE, à Clète. C'est lui.
CLfcTE, à part. Il est très-gentil, le Français.
MAX. Ah ! j’avais besoin de revoir U clarté du jour, et de vous remercier encore !
Berthe. Imprudent f oser vous montrer...
quand je ne suis pas seule !
MAX, gaiement. Vous êtes deux... je le voit bien... tant mieux; ça ue m'effraye (vas...
au contraire... des femmes! Quand on est
* ClÔtO, Max, Berllio.
comme mbi exposé à tous les périls, on ne saurait trop en rencontrer... car une de plus, c’est un malheur de moins.
CLÈTE- Eh bien! en voilà un qui a confiance en nous !
max. Et comment ne serais-je pas plein de confiance et d’espoir? (/I Clète.) Tenez, vous me voyez pour la première fois; (ù Berthe) vous, il y a quelques jours, vous ne me connaissiez pas encore... nous ne sommes pas du même pays, vous ignorez mon passé ; c’est à peine si je vous ai dit mon nom, et voilà que vous tremblez pour moi, que vous vous ingéniez à me sauver, comme si vous étiez mes sœurs ..Ah ! c'est qu’en effet, je compte maintenant dans votre existence; un lien nous unit désormais ! je suis malheureux, vous êtes femmes; je ne peux plus être un étranger pour vous.
CLfcTE, lui tendant la main. Dicn dit, frère!
mx, lui prenant h main.
Am : Ah t ti matiuae ma voyait,
Ce mol seul me prouve un boa crour ;
Il est bien doux dans votre bouche.
Jusqu’au fond de l’Ame il me touche,
F.l je répond» avec bonheur :
Que Dieu te protège, ma soeur.
(A Berthe.)
Voyez comme l'esprit s’égare !
Naît it me semble, ange sauveur,
Que sam votre hymen qui s’ prépare Pour moi voua seriez mieux qu’un' xorur.
(-Vout'amoU de Berthe.)
Pardon, soyez aussi ma sœur.
berthe. C’est vrai; vous me rappelez que l’heure de mon mariage va sonner, et je ne suis pas encore prête.
max, avec dépit. Votre mariage !... Voilà le seul vilain mot que vous ayez prononcé ; mais il est bien désagréable h entendre.
CLfcTE. Et pourquoi ça ?
MAX. Darne 1 un pauvre prisonnier, dans son cachot, laisse sa pensée courir les champs; il n’a que ça de libre... aussi elle val... d’une idée folle à un rêve impossible... et puis le réveil arrive... c'est dom- J mage! (Avec résolution.) Enfin, maintenant que, grâce à vous, je crains moins d'être reconnu, je n’abuserai pas plus longtemps de votre généreuse hospitalité... Recevez les va ux de mon cœur reconnaissant, et veuillez m’indiquer le chemin que je dois suivre pour ipiiiter au plus tôt ce village.
REHTiiE, désignant la maison. Il faut prendre par U, monsieur Max.
max. Ah ! par la maison... il y a une seconde sortie ?
berthe. Non ; mais ailleurs vous ne seriez pas en sûreté.
max. Rester ici!... Oh! non, je ne veux pas vous exposer à être compromises par ma présence.
clète. Nous le serions bien davantage si l’on vous voyait sortir de cette maison avec les habits de mon frère... N’y a pas à dire : nous vous sauverons. . . Rertbe a commencé . . . c’est à moi de iinir... elle vous tient jusqu'à ce soir ; ensuite je vous reprends et je vous garde.