TOTAL
Gaadetaape, MeWtnnqiits
ToUnx
Le jiomfare des molaires libres ne peut être indiqué ; les Caraïbes et ces derniers sont confondus dans ce recensement.
Le père Labat, parlant des mulâtres, s'exprime ainsi :
c On entend par mulâtres les enfans qui naissent d'une mère noire et d'un père blanc, ou d'un père noir et d'une mère blanche. Quoique ce dernier cas soit rare, on en a pourtant 'des exemples. Quand au premier, il n'est que trop fréquent ; et ee libertinage des blancs avec des négresses est la source d'une infinité de crimes. La couleur des enfans qui naissent de ce mélange participe du blanc et du noir et produit une espèce de bistre. Les cheveux des mulâtres sont bien moins crépus que cens des nègres, ils «ont châtains et même assez durs, ee qu'on ne trouve point aux nègres. J'ai cependant vu un nègre à Cadix qui avait les cheveux roux. Les mulâtres sont pour l'ordinaire bien faits, de bonne taille, vigoureux, torts, adroits, industrieux, courageux et hardis au delà de l'imagination ; ils ont beaucoup de vivacité, mais ils sont adonnes i leurs plaisirs, volages, fiers, caches, méchans et capables des plus grands crimes. Les Espagnols qui en sont bien mieux fournis que tous les Européens oui habitent l'Amérique n'ont point de meilleurs soldats et de plus médians hommes.
c Le nombre en serait bien plus grand dans nos blés, sans les peines qu'encourent ceux qui les font : car les négresses sont d'elles-mêmes très-lassives, et les hommes blancs ne l'étant guères moins, et trouvant beaucoup de facilité à contenter leurs passions avec eee créatures, on ne verrait autre chose que les mulâtres, d'où il s'ensuivroit de très-grands c désordres, si le roi n'y avoit remédié, en condamnant è une « amende de deux mille livres de sucre ceux qui sont conc vaincus d'en être pères ; mais si c'est un maître qui ait € débauché son esclave et qui en ait eu un entant, outre
% l'amende r là négresse, et l'infant sont confisques au profit c de l'hôpital, sans pouvoir jamais être rachetez sous quelque c prétexte que ce soit. On ne peut asseï louer le zèle du roi r dans la disposition, de cette ordonnance ; mais on permettra c aux missionnaires de dire qu'en cherchant à remédier au c scandale que ce crime causait, on a ouvert la porte à un c crime bien plus énorme, qui consiste dans des avortemens c fréquena que les négresses sa procurent quand elles se t sentent grosses, et cela, fort souvent, du consentement ou «• par le conseil de ceux qui en ont abusé.
I Quand les maitres ne sont pas coupables de. ces excès, il c est. facile aux négresses de tirer d'affaires leurs amis et leur c épargner le chagrin de payer l'amende ; elles n'ont qu'à nomc ' mer pour père du mulfttre quelque matelot d'un vsRsseau « qui est parti ou quelque soldat qu'elles ont rencontré dans c le chemin et dont elles ne sçavent pas le nom ; et c'est à , c quoi elles ne manquent guère. Elles en sont quittes pour < quelques coups de fouet, que l'on leur fait distribuer pour, les c rendre plus sages.
c Les sages-femmes cachent ordinairement la aualité de ces c sortes d enfans quand elles les apportent au oaptême ; ce a qui leur est très facile, car il ne parott aucune différence c pour la couleur entre les uns et les autres, toute sorte d'enc tans étant blancs ou presque blancs quand ils viennent au c monde, ce n'est qu'au fcoul de huit ou dix jours que la couleur c qui les fait distinguer commence à paraître.
c Je n'ai connu dans nos Isles du vent que deux blancs « qui eussent épousé des négresses. Le premier s'appeloit c Lie tard, lieutenant de milice du quartier de la Pointe-Noire c à la Guadeloupe. G'étoit un homme de bien qui par un prinr c cipe de conscience avait épousé une très belle fille négresse, c à qui, Eelon les apparences, il avoit quelque obligation.
c Lie Second était un Provençal nommé lsautier, marchand an Fort Saint-Pierre de la Martinique. Son curé lui mit tant de scrupules dans l'ame qu'il l'obligea d'épouser une certaine négresse appelée Janneton Panel, qui aurait eu bien plus de maris que la Samaritaine si tous ceux à qui elle s'était abandonnée l'avait épousée.
c Monsieur Lietard avait de beaux petits mulâtres de son épouse noire ; mais le Provençal n'en eut point de la sienne; il demeura même assez peu de tems avec elle, parce que. ses compatriotes lui firent tant de honte d'avoir épousé celte créa* ture qu'il Ta auitta ; et elle s'en mit peu en peine, assez con^ tente de ce qu elle profita dans le tems. qu'elle demeura avec lui.; et du nom de. Mademoiselle lsautier qu'elle avait acquis par son mariage.
* Quoiqp'9 *oil plu* rare de trouer des femmes blanches débuchées par depi Nègres, que des Négresses débauchée* par des blancs, cqla. ne laisse pas d'arriver quelque fois ; et. peut êlre que s'il y paraissait à chaaue fois que cela arrive, le cas serait beaucoup moins rare. Mais la honte d'une semblable action leur, bit employer les mêmes remèdes dont, les négresses se servent pour empêcher l'éclat qu&fej&it leur crime s'il venait i paraître. On en sçait pourtant quelques unes qui après être tombées dans ces dérèglemens ont eu trop de oonseience pour faire périr leur fruit et ont mieupc aimé porter la honte de leur crime que de le cacher par un plus grand, entre autres la fille d'un certain ouvrier du quartier au Pain de Sucre nommé***
t Dans le commencement qu'il y eut des' Nègres aux Isles et que le libertinage y produisit des Mulâtres, les seigneurs propriétaires ordonnèrent que les Mulâtres seraient libres quand Us auraient atteint l'âge de vingt-quatre ans accomplis» pourvu que jusqu'à ce tems là ils eussent demeuré dans la maison au maître de leur mère. Us prétendoient que ces huit ans de service qu'ils avoient rendu depuis seize jusqu'à vingtquatre ans. accomplis, suffiraient pour dédommager les maîtres 00 la perte qu'ils avaient faite pendant que leurs négresses les» avaient élevés et de ce qu'au lieu d'un nègre qui aurait été taqpurs esclave, elle n'avoit produit qu'un Mulâtre»
€ Mais depuis que le roi a réuni les Isles à son domaine en 1674, en les rachetant des Compagnies qui les avoient possédées soqs son bon plaisir, il a fait revivre par sa déclaration la Loi Romaioe qui veut que les enfans sAvent le sort du ventre *
' les a portez ; Partus Sequitur ventrem ; et que par. conlent les Mulâtres provenant d'une mère esclave soient aussi ives.
c Depuis cette ordonnance les Mulâtres sont tous esclaves ; et leurs maîtres ne peuvent être contraints de quelque manière
Sue ce soit, de les vendre à ceux qui en sont les pères sinon 0 gré à gré. Ils sont obligez de servir comme les autres esclaves, sont sujets, aux mêmes corrections ; et s'ils s'absentent de la maison de leurs maîtres et qu'ils aillent marons, on peut les mettre entre les mains de la. justice qui les traite comme les esclaves noirs, c'est-à-dire qu'on leur coupe la seconda fois qu!on les met en prison pour maronage, et le jaret la troisième fois. Ces peines sont portées par les règlemens du Roi aussi bien que celles qu'encourent ceux qui retirent chez eux ou font travailler les esclaves deieurs voisins quand ils sopt marons,, par pour empêcher ce désordre et pour punir la mauvaise foi de. ceux qui, étant dans des quartiers éloignez, attiraient les, esclaves marons et les faisait travailler 4 leur
}>rofit ou qui les retiraient chez eux pour priver leur mettre de eur travail ; le Roi les a condamnés à payer au propriétaire de l'esclave une pistole par chaque jour depuis celui qu'il s'est absenté, jusqu'à celui qu'on le rend entre les mains de son maître. »
La traite avait pris plus d'extension du temps du père Labat, qui déclare que les nègres venus des côtes de Guinée, sont meilleurs pour le travail de la terre et les gros ouvrages, que ceux du Cap- Vert et du Sénégal. Ces derniers, pas aussi forts, sont plus aptes à la domesticité et aux métiers.
Leur prix, d'après lui, est ordinairement proportionné, en Afrique, à la quantité à vendre, au nombre des acheteurs, aux besoins des vendeurs. 11 est payé en barres de fer, en fusils, poudres, balles, toiles, papiers, étoffes légères et autres marchandises et surtout en bouges ou coquilles des îles Maldives qui servent de monnaie courante sur toute la côte.
Les habitants qui les achètent au débarquement les font visiter par le chirurgien de leur habitation.
Arrivés sur la propriété, on les laisse se reposer pendant quelques heures, puis on les fait baigner à la mer, ensuite 'raser la tête, et tout leur corps est frotté d'huile de palwachristi. Pendant deux ou trois jours, on humecte leur farine ou leur cassave d'huile d'olive, en leur donnant à manger peu, mais souvent, et on leur fait prendre un bain, matin et soir, c Ce régime de vie les dispose à une petite saignée, et à une t purgation douce qu'on leur fait prendre. » On les empêche de boire souvent, el surtout du tafia. Ces soins les garantissent des maladies dont ils sont ordinairement attaqués dans les premiers temps de leur arrivée.
Ces bons traitements et les égards qu'on leur témoigne les rend affectionnés et leur fait perdre le souvenir de leur pays.
Au bout de sept à huit jours, on leur donne, pour les y accoutumer, un travail léger, et généralement ils vont au jardin, ainsi qu'on appelle le travail des champs, sans ordre, ne faisant que suivre les autres cultivateurs.
Ces nègres nouveaux sont ordinairement placés dans les cases des anciens, qui les reçoivent avec plaisir, les dressent, les instruisent et leur font prendre le train de l'habitation. » Ils c en ont tout le soin possible, et le regardent comme leur c enfant, mais ils le font manger i part, et coucher dans une « autre chambre que Ja leur ; et lorsque le nouveau venu c s'aperçoit de cette distinction, et qu'il en demande la raison, t ils lui disent que n'étant pas chrétien, il est trop au-dessous c d'eux, pour manger et dormir dans leur chambre. »
Ceite infériorité, ajoute le père Labat auquel nous emprun-
tons ees détails, leur devient insupportable, et ils demandent & être instruits dans la religion chrétienne.
Le catéchisme se fait en commun, matin et soir, et il y a toujours une personne chargée d'enseigner la doctrine en parti* cuher. Les parrains sont généralement les nègres qui les ont reçus dans leurs cases.
Les nègres sont très reconnaissants du bien que leur font leurs maîtres, pourvu que ces derniers s'exécutent avec bonne
S'fice. Il ne but jamais les menacer. Le châtiment doit suivre la ute, et si elle est légère, un pardon, accordé à propos, leur gagne le cœur.
A cette époque, les colonies étaient plus riches, aussi maîtres et esclaves avaient dans leurs maisons ou leurs cases plus de confortable.
Le lit des nègres s'était changé en un lit de camp, couvert d'une natte en côtes de balisier, en latanier ou en jonc. Ils avaient pour se couvrir de vieux Manchets ou un morceau de grosse toile. Leur ni^ilier consistait en calebasses, oouis, canaris, bancs, tables, et un ou deux coffres pour serrer leurs bardes.
Derrière chaque case, existait un emplacement de quinze à vingt pieds, que les nègres entouraient d'une palissade, où ils plantaient des bananiers, des herbes* potagères ou qui leur servait à élever des cochons.
Leurs jardins leur étaient très productifs, c J'ai connu des
« nègres qui faisaient tous les ans pour plus de cent écus de
c tabac et autres denrées. Lorsqu'ils sont à portée d'un bourg, *
f ou il6 peuvent porter commodément leurs herbages, leurs
c melons et autres fruits, ils se regardent comme les heureux
c du siècle; ils s'entretiennent très bien, eux et leur famille et
' s'attachent d'autant plus à lejirs maîtres qu'ils s'en voient
protégez et aidez dans leurs petites affaires. >
Cette aide était d'autant plus agréable aux esclaves quetout ce qu'ils possédaient était la propriété légale des maîtres, qui jamais, depuis Tétablissemeat de la servitude, n'avaient revendiqué leur droit et avaient toujours tâché d'avoir la préférence pour l'achat de certains objets. ♦
Le progrès de la richesse générale avait réagi sur la situation des nègres.
Leurs vêtements de travail consistaient, pour les hommes: en un caleçon et une casaque ; pour les femmes en une casaque et une jupe. Ils marchaient nu-pieds.
Avec les produits de leurs jardins, ils achetaient tous les vêtements dont ils avaient fantaisie pour se parer cérémonieusement.
Les botamea avaient alors utie belle chemine avefc £91 c&fepotts ~ étroits de toile blanche eut lesquels ils portaient une candale de tofle ou d'étoffe légère de eouleur. La candale était une jupe très lai'ge allant jusqu'aux genoux, plissée par lé haut, avec une ceinture et deux tentes se fermant sur les hanches avec des rubans. Sur la chemise, ils mettaient un petit pourpoint sans basique laissant un vide de ttois doigts entre lui et la candale, pour permettre à la chemise, qui bouffait, de paraître davantage. Les poignets et le col de la chemise étaient fermés au moyen de boutons d'argent ou grains de pierres de couleur, Binon avee des rubans. Us portaient rarement des cravattes et des justeati-éorps. c Lorsqu'ils ont la tète couverte d'un chapeau, ils t ont nonne mine, ils sont ordinairement bien faits. Je n'ai c jamais vu dans tous les lieux de l'Amérique où j'ai été, aucun c nègre qui fût bossu, boiteux, borgne, louche, ou estropié de « naissance. »
Les femmes, en habits de cérémonie, portaient deux jupes : celle de dessous en couleur, celle de dessus, en toile de coton blanche, fine, ou en mousseline. Leur corset à petits basques était blanc ou de couleur de la jupe de dessous avec une échelle de rubans. Leurs pendans d'oreilles étaient en or ou en argent. Elles avaient des nagues, des bracelets, des colliers de petite fassade à plusieurs tours ou des perles fausses avec une. croix d'or ou d'argent.
Le col de la chemise, les manches, les fausses manches
t étaient garnis de dentelle ; la coiffure consistait en une toile
* bien blanche, bien fine et à dentelle, c Gomme les nègres§es,
c dit toujours le père Labat, sont pour l'ordinaire fort bien
t faites, pour peu qu'elles soient bien habillées, elles ont fort
€ bon air. >
Passons maintenant A l'époque du séjour de Chauvalon, à la Martinique (1751 à 1756).
La Martinique possédait en 1758 :
Mulâtres et nègres libres 363
Mulâtresses et négresses libres 436
Leurs enfants 477
Esclaves. — Mulâtres et nègres payant droit 23,395
— Mulâtresses et négresses , 18,521
— Leurs enfante* 49,1 36
— Infirmes et surâgés 3,709
— Marrons. . . . . # * 496
Libres non portés au resensemmU. î
Esclaves m&les payant droit 41,761 \
Femmes 10,516
Leurs enfante... •• ....... 13,053
Infirmes et surftgés •• 5,105
Marrons .....•••... 501
Ensemble 107,550
Voici lé tableau que Chanvalon trace des mœurs do cette partie de notre population.
f La plupart des traite que nous y remarquerons ne sont pas sans doute ceux qu'avait tracés la nature, ni ceux qu'auroient formés l'influence du climat, l'éducation et la liberté. Lear état, leur avilissement dans nos Isles doit les altérer.
c Peut-on connaître le vrai génie d'un peuple opprimé, qui
voit sans cesse les chôtimens levés sur sa tête, et la violence
toujours prtto à être soutenue par la politique et la sûreté
publique ? Peut-on juger de la valeur, quand elle est enchaînée
et sans armes ?
f J'ai vu des Européens qui avoient été pris et faits esclaves par les Algériens ; ils m'ont dit que dans cet élat ils étoieùt aussi méchans, qu'ils servoient aussi mal leurs maîtres, que les Nègres servent les leurs dans nos colonies.
c Ce fait propre à exciter l'humanité des habitons envers eux, adoucira les réflextions que feroit naître ce que nous pourrions dire de leur méchanceté.
c Tous les nègres, même ceux qui naissent aux colonies, sont entièrement superstitueux et ajoutent foi aux maléfices ou piayes et à de prétendus sorciers. Ils ont une peur si grande V
de ces derniers qu'ils ont la persuasion qu'il n'est pas de moyens, même surnaturels, qui ne soient en leur pouvoir pour nuire aux antres. Ces hommes dangereux peuvent empêcher qu'ils ne soient aimés de leurs maîtresses dont les bons procédés adoucissent l'amertume de leur situation. Cette crainte les tourmente si profondément qu'ils en sont autant alarmés que pour la conservation de leurs jours.
Ils sont menteurs, c II est difficile de décider si ce Vice tient à une dissimulation de caractère qui leur est naturelle, ou i une dissimulation que leur état leur fait croire nécessaire •
« Us sont voleurs, et pris sur le fait, ne se déconcertent pas et disent que ce n'est pas euXj que c c'est le diable, qui* pour
îêur faire malice, a mis dans leurs poches ou dans leurs mains ce tftroft y trouve. »
Ils* sont adroits, rusés et quelque fois très ingénieux dans leurs artifices.
Certaines parties de l'Afrique donnent des nègres oui croient à la métempsycose et sont par suite persuadés qu'à leur mort iils retournent dans leur pays. Travailleurs laborieux, ils ont de bonnes qualités» mais s'ils sont mécontents de leurs maîtres ou prennent la vie en dégoût, ils n'hésitent pas à se suicider.
Certaines contrées de l'Afriqife donnent naissance à des nègres plus intelligents et plus propres au travail que ces derniers, mais très dangereux. Ils apportent de leur pays et répandent parmi les noirs la connaissance des plantes vénéneuses. Exercés a se servir du poison, ils ne s'en servent que trop souvent aux Antilles. Si le désir de la vengeance entre dans leur flme, ils empoisonnent les autres esclaves, les bœufs, les chevaux et les mulets nécessaires à l'exploitation de l'habitation. Pour ne pas être soupçonnés, ils font périr leur femme, leurs enfans, leur concubine. Ils ne sont pas toujours excités à ces crimes par la vengeance seule. C'est souvent le nègre le mieux traité de l'habitation, celui pour qui le maître a le plus de bontés qui commet cette froide atrocité.
M. Schœlcber, dans son livre publié en 1842 : Abolition immédiate de F esclavage ; écrit : c Le poison ! . . . Voici uo des plus horribles et des plus étranges produits de l'esclavage. Le poison ! C'est-à-dire l'empoisonnement organisé des bestiaux
Sar les esclaves. Aux îles, on dit : le poison, comme nous isons : la peste, le choléra ; c'est une maladie de pays à esclaves: il est dans l'air, la servitude en a chargé l'atmosphère des colonies, de même que les miasmes pestilentiels la chargent de fièvre jaune. Le poison est une arme terrible et impitoyable aux mains des noirs, arme de lâches sans doute, à laquelle l'esclavage les condamne.
c L'instrument de travail qui parle, pense et agit, est un redoutable instrument ; il a trouvé à son abjection un contre*
(>oids digne de sa fortune ; il a rétabli jusqu'à un certain point 'équilibre enfre lui et son possesseur, par le poison. Le poison est à l'esclave ce que le fouet est au maître, une force morale; le noir travaille crainte du fouet, le blanc abuse moins, crainte du poison. Oh t la souveraine puissance du maître a ses épines I Le poison e6t là qui menace et rampe à l'entour des habitations ; chacun tremble car il n'est tel brave, on le sait, à qui le serpent venimeux ne fasse peur. . .
c Le plus triste fléau des colonies parait être une importation d'Aurique, et les planteurs avec leurs idées absolues disent qu'il tient au caractère nègre.
t II faut attribuer le poison exclusivement à la puisqu'on ne le trouve que dans les contrées où règne la servitude. C'est un mal qui leur est spécial, mais cela n'entraîne pas forcément qu'il devra servir partout de cortège à l'affreuse institution. S'il est des îles où le poison ne s est jamais répandu, s'il ne s'est révélé aux colonies françaises que postérieurement à l'établissement de la servitude, on doit en conclure qu'il ne tient pas essentiellement à la nature de la race nègre, mais si on ne le trouve organisé que dans les pays à esclaves, comme la Martinique, la Guadeloupe, l'ancienne Saint-Domingue, la Trinité, la Grenade, on doit aussi en conclure que l'esclavage seul peut le produire et le perpétuer. • .. c . . . Ce qui caractérise les pays à esclaves, c'est que le poison une fois connu, s'y conserve et s'y entretient ; mais ce qui prouve qu'il Ae procède pas du caractère africain, c'est qu'il a besoin d'ôtre introduit par un accident quelconque pour s'y établir. — Là même où il règne, sa tyrannie a des limites, des circonscriptions ; il semble qu'il se lègue sur tel ou tel atelier, de génération en génération d'esclaves. Il y a quelques habitations qui n'en ont jamais eu, d'autres qui n'ont jamais
m l'extirper, cela quelquefois indépendamment de leur régime;
es meilleurs maîtres n y peuvent échapper. . . t Le poison n'attaque habituellement que les bestiaux ; irfbis des esclaves succombent aussi ; il se contente de frapper
e maître dans sa propriété ; mais il ne s'arrête pas toujours
là, il sait monter jusqu'aux enfants de la maison ; il ne craint
Sis de tuer le maître lui-même. Semblable aux mauvais esprits, ntôme insaisiAable, il vient et disparaît sans qu'on puiss e jamais le surprendre ; on le trouve partout, on ne peut l'atteindre nulle part. II a divers modes d'actions ; tantôt il agit lentement, tantôt avec fureur ; souvent il est impossible de deviner pour quel motif. L'atelier paraît heureux : tout-à-coup une bête est anattue. L'esclave» craintif n'a pas osé parler luimême ; il a fait parler son affreux interprète. Qu'y a-Wil ? c'est au mattie à découvrir non pas précisément le criminel, mais la cause du crime ; elle lui est révélée quelquefois par un mot de ces chansons que les nègres improvisent au travail pour s'accompagner. Ce sera un nouvel économe qui ne plait pas, tel changement qui n'a pas convenu ... •
« On accorde généralement à cet odieux visiteur ce qu'il demande, et il s'en va. On l'a aussi combattu à force ouverte, en sévissant contre l'atelier tout entier que l'on rend alors responsable...
c Quelques nègres ont été pris, chez lesquels la rage d'empoisonner était arrivée jusqu à la monomanie . . .
c n est de la dernière authenticité que le poison est à Poccasion pour le noir un moyen de manifester son attachement au maître. C'est de l'amour d'esclave ; le tigre 16 mieux apprivoisé déchire en caressant. . .
i Le plus ordinairement, les empoisonneurs ne sont pas isolés ; les esclaves, si Ton peut dire, n'empoisonnent pas pour leur compte particulier : tout le monde s'accorde à penser qu'il existe une association secrète et supérieure à laquelle vont se joindre les nègres mécontents des habitations. Cette association paraît exercer une puissance surnaturelle et frapper de terreur I esprit des agents qu'elle emploie ; elle donne, elle impose des ordres auxquels on ne désobéit pas. Des maîtres parfaits ont eu le poison chez eux, et l'on a vu les meilleurs serviteurs, ceux en qui on avait mis confiance depuis nombre d'années, empoisonner 'des enfants qu'ils avaient élevés, qu'ils aimaient réellement, et l'avouer avec d'abondantes larmes en chant au désespoir : c Le diable m'a tenté, le diable m'a tenté. »
Tels étaient les hommes avec qui les colons européens avaient à vivre et les agents nécessaires de ces fortunes dont l'éclat éblouissait les habitants delà métropole en leur dérobant les inquiétudes qui les accompagnaient, c On ne les envieroit pas, ajoute Thibaut de Chanva'on, si je rappelais tous les accidents qui les menacent.
Les habitations de nos isles sont jcomme l'élément, qui les f entoure. La route est facile ; elle est séduisante, les appac rence6 existent et soutiennent les désirs log plus ambitieux, c on avance à grands pas, quand le tems est serein et le vent c favorable ; mais il peut changer à toute heure, un instant c bouleverse et détruit tout. Si l'humanité souffre de l'escla- € vage de l'Afrique, elle ep est ^vengée souvent à l'Amérique. »
c Les Nègres sont profondément excités à l'œuvre de la chair. c L'amour, cet enfant de la nature, à qui elle a confié sa c propre conservation, qui n'est arrêté ni par les chaînes ni c par les obstacles, ce principe de vie aussi nécessaire à l'harc monie de l'univers que l'aii: que nous respirons, et qui c comme lui pénètre par- tout, anime toutes les actions et c toutes les# pensée s des Nègres ; lui seul adoucit le poids de c leur esclavage. »
Mais les jouissances de la chair les entraînent aux plus graves désordres, et ils s'y précipitent avec un emportement déréglé. .
Dans les colonies françaises, si la royauté s'ingénie à entretenir entre les blancs et les hommes de race noire une distance que ces derniers ne doivent point franchir, elle s'occupe avec
Une grande sollicitude des intérêts matériel» des esclaves et do soin de leurs âmes.
Pas un esclave n'est laissé dans l'idolaterie. Ils sont tous baptisés et instruits dans la religion catholique romaine. Des prêtres sont constamment entretenus dans les îles pour atteindre un but si désirable. Grâce à ces soins spirituels et a la bonté native du caractère français, les noirs perdent aux colonies les aspérités de leur nature primitive. La civilisation, qui change les conditions de leur existence, leur imprime assez profondément notre empreinte nationale, et ce lourd noir de l'Afrique devient méconnaissable aux colonies et acquiert une partie de notre gracieuse élégance.
Lee nègres provenant de la traite, avant d'être achetés, étaient examinés par un chirurgien. Conduits ensuite sur l'habitation, ils étaient, pendant une semaine, soignés avec la plus vive sollicitude. Ces bons traitements attiraient leur attachement et leur faisaient oublier te pays de leur enfance. Ils étaient repartis dans les cases des anciens nègres, qui les accueillaient avee la plus franche cordialité, et les instruisaient au travail de l'habitation. Mais le premier soin était de los préparer à devenir chrétiens, et le catéchisme se faisait en commun le matin et le soir. • *
Les nègres à qui les nouveaux venus étaient confiés, leur servaient ordinairement de parrains. Le respect des filleuls pour leurs parents spirituels était inimaginable, et leur obéissance, leur soumission et leur reconnaissance n'avaient pas de bornes. Le nègre créole avait pour ses parrain et maraine le même respect et la même soumission. Ce côté de la nature du nègre transformé par la religion, était touchant. Les pères ou mère spirituels avaient plus que le père ou la mère les droits de la puissance paternelle.
Respectueux envers les vieillards, les nègres s'attachaient profondément au maître, qui était bon pour eux et les traitait avee bonne gra.ce.
D'une loquacité naturelle très grande, ils savaient se servir fort bien de ce talent pour obtenir une grâce de leur maître et Us étaient surtout supérieurs lorsqu'il s agissait de se défendre contre une accusation. Pour obtenir d'eux un bon travail, il fallait, à la bonté, joindre la condescendance et une fermeté inflexible. Les châtiments mérités étaient acceptés sans murmures, mais ils se laissaient aller à des extrémités lâcheuses lorsqu'ils étaient maltraités sans raison, par passion ou emportement, et sans écouter leur défense.
La punition ne devait être jamais différée. Elle devait suivre h tante, et si l'on pardonnait il fallait aussi le faire sur le
champ. La menace d'un châtiment produisait le plus fâeheux effet et provoquait le marronnage.
La servitude commune avait développé en eux le sentiment de la solidarité. Si l'un d'entre eux était en faute, tous venaient solliciter son pardon ou demander A partager le châtiment. .
Ceux d'une même nation formaient des associations : c Ces c peuples de l'Afrique, transportés sur les rives étrangères, se c reconnaissaient, se ralliaient, reformaient la tribu natale, et c cherchaient, comme les Juifs aux bords des fleuves de € Babylone, à rappeler par leurs chants et par leurs danses, c les souvenirs de la patrie, dit M. Rufx. »
Cette association s'appelait un convoi, mot touchant emprunté à la langue maritime et qui explique le sens de cette réunion qui avait pour but de s'entraîder dans toutes les situations de la vie et d'assister à leurs funérailles.
Les nègres aiment aussi avec passion les liqueurs fortes, le jeu et surtout la danse. *
La danse prenait tous les moments que le travail n'occupait pas, et depuis le samedi soir jusqu'au lundi matin, ils s'y livraient avec un frénétique emportement. Celle qui leur plaisait davantage est la calenda ou par corruption canida dont les postures et les mouvements §ont voluptueusement indécents. Les nègres de plusieurs habitations se réunissaient généralement pour danser, a où ces assemblées avaient pris le nom de calenda.
leur musique se composait de deux tambours faits de deux troncs d'arbres creusés et d'inégale grosseur. Ouvert à un bout, * l'autre bout est couvert d'une peau de brebis ou de chèvre sans poil, grattée comme du parchemin. Le plus grand tambour a trois ou quatre pieds de long, sur 15 à 16 pouces de diamètre; le petit, appelé Bamboula, a la même longueur, sur 8 à 9 pouces de diamètre. Un homme à califourchon sur chaque tambour, le touche avec le plat des quatre doigts de chaque main. Celui qui touche le grand tambour bat avec mesure et posément, celui qui touche le bamboula le bat sans mesure et avec la plus grande précipitation.
La danse est toujours mêlée de chant. Un chanteur ou une ehantertlle dit le couplet et le refrain est repris en chœur.
La réunion des nègres d'une seule habitation s'appelle Bamboula.
Lorsqu'ils donnent une grande fête, l'assemblée est un Guiambel.
Très imitateurs, ils se livraient aux danses de leurs maîtres: menuet, courante, passe- pied et autres, et du temps de père Labat, ils y excellaient déjà : c J'en ai vu quantité qui s'aec quittoient très bien de ces exercices, et qui avoient l'oreille
« auui fine, et les pas aussi mesures, que bien des gens qui c m piquent de bien danser. »
Lorsque les colonies eurent acquis un grand degré de prospérité, les richesses des maîtres réagirent sur leurs esclaves. La pluie d'or tomba aussi sur ces derniers qui aimaient â paraître et à être bien vêtus. Messes, mariages, baptêmes, bals, étaient l'occasion de faire de belles toilettes.
Les domestiques des maisons, hommes et Femmes, formant l'aristocratie de la race noire, déployaient le plus grand luxe dans leurs réunions.
Ces domestiques étaient, les hommes, pour la plupart, des nègres créoles, et les femmes, de belles négresses ou ces admirables mulâtresses que l'antiquité aurait adorées.
Quand ils donnaient un bala l'européenne les femmeeétaloienl un luxe inouï et se montraient parées de tous les bijoux do leurs maîtresses, prêtés avec une bonne grâce que seule la femme créole possède; les hommes portaient fort bien le costume européen et quelquea-uns avec une élégance et une désinvolture incomparables.
Le costume des femmes consistait en une chemise, une jupe, un corset blanc à petites basques, un mouchoir pour coiffure, et un mouchoir jetésur les épaules. Elles portaient des pendants A' oreilles, des bagues et des bracelets.
Celui des femmes de chambre était plus riche. Elles le portaient, surtout les mulâtresses, avec une désinvolture provoquante et leur beau corps dont les épaules étaient à ptiine cachées par le mouchoir, était rehaussé par les éclatantes couleurs de leurs jupes. La coiffure pour la tête se brisait en mille formes, et le mouchoir des Indes ou le madras aux vives couleurs, plié par des doigts habiles, jeté, comme un châle sur les épaules et ai lâché dovant au corset, laissait admirer les magnificences d'une poitrine splendide. L'or semé à profusion sur le mouchoir de tête, les pendants d'oreilles, les bracelets, rendait plus éclatant ce costume.
Pour une fête, la chemise de toile était remplacée par une chemise en fine baptiste, le corset qui ne faisait que soutenir les teins, était couvert de broderies, la jupe de soie ondoyait, les bijoux s'entassaient plus nombreux sur le madras d la tête. L'assemblée de ces femmes attrayantes offrait un spectacle magnifique où l'œil satisfait parcourait tout un are-en-ciel de teints allant du noir le plus foncé au blanc le plus éclatant.
Les petits nègres étaient soignés par leurs maîtres et, dans presque toutes les familles, élevés de pair & compagnon, avec les épiants du logis.
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ce contact avait exercé sur la civilisation du nègre créole une influence remarquable et dès le commencement de la colonisation, ces enfanta noirs n'avaient rien compris à la langue naturelle de leurs parents.
Us ne comprenaient que le Français, mai6 il s'était formé dans toutes les iles un patois composé de mots français, espagnols, hollandais. •
Le patois de la Guadeloupe se rapproche beaucoup du français et contient, même encore de nos jours, beaucoup d'expressions normandes, expressions qui se retrouvent dans le langage des créoles européens, tant a été forte l'empreinte des premiers Européens venus presque tous de Normandie. On y trouve aussi beaucoup de mots des provinces du midi de la France.
Ce patois forme un langage très doux, plein d'expressions hardies et pittoresques. S'il se rapproche beaucoup du français, il brave, comme le latin, l'honnêteté.
Il existe toute une littérature créole, naïve et touchante quand elle est inspirée par l'imagination des noirs illettrés, laissant déborder de leur âme les sentiments qui les agitent. Cette littérature non écrite, se transmet par la tradition et ne s'exhale qu'en chansons, sur des airs doux et tristes, mais suaves, ou vifs et dansants; en contes charmants et en proverbes frappés au coin de la plus fine observation.
Les chansons ou Bel* Air reflètent tous les sentiments qui transportent ces natures simples et primitives, et disent les joies et les douleurs de leur existence. Le don de l'improvisation, si naturel aux peuples en enfance, est remarquable parmi les noirs qui aiment à chanter et chantent avec une douce grâce et un esprit souvent satirique et parfois 1res fin.
c Ils sont à-la-fois poètes et musiciens, dit Chanvalon, Les « règles de leur poésie ne sont pas rigoureuses ; elles se plient c toujours à la musique. Us alongent ou abrègent au besoin c les mots pour les appliquer à l'air sur lequel les paroles c doivent être composées.
€ Leurs compositions nous ramènent à l'idée que nous « pouvons avoir de la naissance de la poésie dans les premiers c Ages du monde. Un objet, un événement frappe un Nègre, « il en fait aussi- tôt le sujet d'une chanson. Trois ou quatre c paroles, qui se répètent alternativement par les assistans, et c |ar celui qui chante, forment quelquefois tout le poème; f cinq ou six mesures font toute l'étendue de la chanson.
c Ce qui nous a paru singulier, c'est que le môme air, c quoiqu il ne soit qu'une répétition continuelle des mêmes c tons, les occupe, les fait travailler ou danser pendant des
r heures entière»; il n'entraîne pas pi pour eux, ni même t pour les blancs, l'ennui de l'uniformité que devraient causer c ces répétitions. Cette espèce d'intérêt est dû sans doute à la c chaleur et à l'expression qu'ils mettent dans leur chant.
ci Leurs airs sont presque toujours à deux te m s. Aucuns c n'excitent la fierté. Ceux qui sont faits pour la tendresse, c inspirent plutôt une sorte de langueur et de tristesse ; ceux c mômes qui sont les plus gais, portent une certaine empreinte c de mélancolie. »
Les progrès de la civilisation ne changeront en riea ce caractère de tristesse et de mélancolie.
En 1823, Boyer-Peyreleau écrit :
c II chante au milieu des travaux les plus pénibles; tous • ses mouvemens se font en mesure et en cadence ; la mélanc colie de sa musique a quelque chose d'attentrissant. Cependant c tout a un aspect riant autour de lui, surtout sur les habitations c dont les maîtres sont humains, tandis que le travail morne c et silencieux des paysans d'Europe donne une idée plus c triste de leurs fatigues et de leur misère. *
« La besogne, dit M. Schœlcher, en 1840, est en outre
€ beaucoup adoucie par l'aide de la musique : c'est une ira-
c portation africaine. A chaque atelier est attaché un chanteur
. € ou une chanterelle qui, placé derrière les travailleurs et
« appuyé sur le manche de la houe, fait entendre quelques
« ain d'un rhitme cadencé, dont les autres répètent le
€ refrain. Qn ne saurait croire combien cette musique allège
c la fatigue. L'association a des vertus si puissantes que
c même le travail esclave fait ainsi en commun présente un
c aspect moins triste que le travail solitaire et morne de nos
c paysans. »
Nous allons faire connaître quelques spécimens de celle littérature:
Proverbes.
Li allé cabrit, li rîvini mouton. Il est parti pour la France pour faire son éducation, sot ; il est revenu imbécile.
Quand acomat ka tombé, yo ka dit : ce bois pou ri. Quand l'acoroas, l'un des géants de la forêt, tombe, on ne l'admire plus; on dit alors c est du bois pourri.
Toute mangé bon pou mangé, toute parole pas bon pou. dû On f eut prendre pour aliment tout ce qui est bon à manger, mais il y a des paroles qu'il ne ftut pas prononcer.
Toute joué ce joué, mais cassé bois dans bouda à macaque, ce pas joué. Vous pouvez jouer avec le macaque, £a l'amuse, mais il mord si vous» introduisez un morceau de bois dans son
Cheval rété dans zécurie, milele dans savane. — Cheval restez à l'écurie, mulet restez dans la savane : que chacun reste à sa place.
Ben savane, bon bœuf. Une bonne savane, une excellente nourriture donne des forces au bœuf. Le noir travail bien s'il est bien nourri.
Ça ti ka mangé zœufe pas save si bonda à poule ka fait li mal. Celui qui mange les œufs ignore les douleurs de la poule quand elle a pondu : ceux qui jouissent des résultats d'une découverte ne savent pas les peines qu'a eues l'inventeur.
Faut pas filé couteau avant quimbé cabri te. 11 ne faut aiguiser le couteau que lorsque Ton tient le cabri.
Canari dit chaudiai : quiou a li noè. Le canari tout noirci par le feu se mbque de la chaudière en lui reprochant d'être noircie par le feu.
Ce chatte ou mette pou gadé zavocats. Comment, vous faites surveiller des avocats par un chat? Le chat passe aux colonies pour aimer passionnément le fruit de l'avocatier (laurus persea).
Moin aimé you comme chatte aimé zavocats. Je vous aime avec la passion du chat pour l'avocat.
Moin pa ka nourri chien pou tofficié. Je ne nourris pas mes chiens pour qu'ils aillent chez les officiers.
Entré pa mal, ce soti qui maitte. Commencer une entreprise n'est pas difficile, mais la terminer heureusement, voilà le difficile ; mot à mot : l'entrée n'est pas difficile, mais c'est sortir qui est maître. ,
Si zanoli té bon viande, li pa té ké couri a si barriai. Si le petit lézard appelé anolis était une bonne nourriture, on ne le laisserait pas courir sur les barrières.
Vie canari ka fait bon soupe. On fait de l'excellente soupe dans un vieux canari. Écoutez les corfseils des vieillards.
Macack pas ka trouvé ti moune à li laide. La guenon ne trouve pas son petit laid : une mère trouve toujours son enfant beau.
Souliés tout sels save si bas tini tous. Les souliers seuls savent si les bas ont des trous. t
Macack save a si ki bois li ka monté. Le singe sait sur quelle branche il peut monter. Chacun connaît ses affaires.
Zaffer àcabrite pas zaffer à mouton. Les affaires du cabri ne regardent pas le mouton. Ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regarde pas.
Kavele pas tini raison douvant poule. Ravet n'a pas raison de* vant une poule. Les poulets sont très friands de cet immonde insecte et l'avale toutes les fois qu'il est à laj>ortée de son bec.
Chaquin save ça qui ka bouilli dans canari à li. Chacun sait ee qui bout dans ion canari.
Ça ti soie ka gadé canote. Que le sot garde le canot. Quand op es* imbécile pu reste chei soi.
Couleuve ti vlé vivre pas ka Couri en grand ehimin. Si la oouleuvre veut vivre elle ne doit paa courir aur une grande route.
Mouton ka boi, yo ka dit cabrite 3oul. Un mouton boit, le ppblic affirme que c'est le cabri qui est aoûl.
Quand jadin loin,gombo ka gâte. SI le jardin est éloigné lea pombos se gâtent. Le maître ne pegt alors le surveiller et le soigper.
Ça xié pas vouer, cœur pas ka fait mal. Ce que les yeux ne rayent pas n'afflige point le coeur.
Piiit o^ohe ka coupé gros bouois. — Avec une petite haohe on poupe les plus grands arbres.
Chate pas là, rate ka dansé. — Quand lea chats sont absents |ftj» rats dansent. — Quand le maître n'est pas là le serviteur ne travaille point.
S ou pas vlé trapé pice, pas joué avec chien. — Si vous ne roules pas attraper des puces, ne jouez pas avec un chien,
Li pas nétat débridé pice, li vlé bridé pinaise. — Il ne sait plH débrider une puce et il veut brider une punaise.
Quand di fé ka mort, ti chien ka joué en cende. — Quand le feu est éteint les petits chiens jouent dans les cendres.
Crapaud ka vanté li et bonda à li tout ni. — Le crapaud vaafte sa beauté et son derrière est nu.
Jadin pas jamais chiche pou msitte à li. — Un jardin bien wipé rapporte toujours à son maître.