‹ La guérison spontanée dans les luxations congénitales de la hancheChapitre 14 sur 18 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Un cas de quérison de luxation congénitale unilatérale de la hanche par un traitement orthopédique simple.

(M. Piollet. Rapporté par Nové Josserand. Rev. orth. 1907)

Fille. Née le 29 Janvier 1901. (Accouchement en s'ège décompleté mode des fesses) marche à 14 mois, mais dès le début la mère remarqua que la jambe qauche était plus ‘ faible ” que l’autre. Un médecin conseilla des frictions mais la claudication s’accentuait. |

A deux ans le professeur Bousquet vit la malade, diagnostiqua une luxation congénitale de la hanche gauche et après avoir fait faire une radiographie, conseilla la réduction de la luxation. Refus des parents qui consultent un autre médecin qui fit faire un appareil orthopédique de marche que l'enfant porta deux ans et demi. Durant ce laps de temps, deux fois par an on fit trois semaines de massage

Actuellement, 20 mars 1907, la marche est normale surtout quand l'enfant s’observe un peu. La radiographie permet de constater que les têtes fémorales sont en place

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des deux côtés. Les mouvements sont normaux dans tous les sens, la musculature est bien développée pourtant le membre inférieur gauche parait très légérement atrophié, la cuisse a un centimètre et le mollet un demi centimètre de moins de circonférence qu’à droite. La mensuration pratiquée de l’épine iliaque antéro-supérieure à la malléole montre que le membre inférieur gauche est plus court d’un demi centimètre que le membre droit. |

OBSERVATION IT (Abadie

€ J’ai vu un cas, cliniquement identique à celui de M. Nové Josserand, il s'agissait d’une enfant venue en siège et qui, au début de la marche, a présenté une claudication donnant l'impression d’une lIuxation congénitale de la hanche, mais peu à peu la marche est devenue normale. »

. OBSERVATION III (Drehmann: Zeitschrift für Orthopädische Chirurgie, 1908)

« J'ai déjà publié précédemment un cas de subluxation spontanément quéri. Je reproduit ici, exactement, un schéma de l’image qu’avaient donnée les rayons X et que je regrette de n’avoir pas fait reproduire. Une petite fille âgée de-deux ans présentait la démarche typique de la luxation avec, pourtant, un raccourcissement à peine appréciable. Le col du fémur paraissait plus court et plus oblique malgré une forte antéversion, la cavité cotyloïde était à peine développée. Après deux ans la démarche est devenue à peu près normale, sans aucune intervention. La radiographie montre une cavité bien développée, seul le col est trés oblique. A la vérité cette position est bien spéciale, En ce qui en concerne l'interprétation, malgré l’antéversion, je ne crois pas cependant qu'on puisse conclure d’une façon absolue à existence d’une coxa valga ». É

OBSERVATION IV (du même auteur)

K... Petite fille de neuf mois, avec luxation gauche évi-

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dente. La radiographie montre manifestement la situation élevée et latérale A la tête. L'enfant marche à 16 mois mais sans aucune trace de claudication. Une radiographie à deux ans indique une situation déjà presque normale. A trois ans et demi on constate seulement une légère dentelure à la lisière supérieure du cotyle. Il persiste cependant une importante obliquité des cols des deux-côtés. En outre l'enfant présente un relâchement de l'appareil fibreux dans son ensemble, une peau molasse et blanche qui indique un degré avancé de laxité cutanée. L’enfant tombe souvent, symptôme qui existe aussi, comme je l'ai décrit dans des cas de coxa-valga. Les plaies cutanées quérissent en donnant de grosses chéloïdes.

OBSERVATION V (même auteur)

N... Petite fille examinée au septième mois, luxation gauche manifeste. Raccourcissement de la jambe, tête parfaitement perceptible au dessus du cotyle, se laisse parfaitement amener au cotyle par la manœuvre de réduction, mais est immédiatement reluxée par la traction des muscles. La radiographie montre une luxation évidente, l'enfant marchait déjà à un an, mais d'abord d’une façon hésitante, puis bientôt sans boîter. Quatre ans plus tard une radiographie montre le mode de quérison spontanée. La tête primitivement très petite grossit peu à peu et se rapproche de la cavité.

Nous nous trouvons ici en présence de subluxa. tions plutôt que de luxations véritables. À Porigine de ces luxations nous trouvons fréquemment le traumitisme obstétrical, mais un caractère particuliérement commun à toutes ces luxations nous paraît consister en des troubles de développement des divers éléments constitutifs de l'articulation coxofémorale, Ce caractère est-il une conséquence du traumatisme ou constituet-il le phénomène primiuf ? Nous ne saurions le dire

avec cerlitude.

Dans l'observation du D' Piollet, le sujet était porteur d’un appareil de marche et des massages furent pratiqués. Nous ignorons dans quelle mesure ce traitement a contribué à la guérison. Aussi attachons-nous beaucoup plus d'importance aux observations de Drehmann car aucun traitement n’est intervenu. De plus, cet auteur a pu suivre ses sujets et les radiographies qu'il publie rendent possible Pétude des malformations articulaires. Nous aurons donc surtout en vue les observations de Drehmann.

Nous remarquons, avec cet auteur, les malformations suivantes de la jointure: Antéversion et obliquité du col entraînant une situation latérale etélevée de la tête fémorale, elle-même primitivement très petite, cotyle peu développé, laxité des ligaments. Ces caractères nous permettent de conclure que ces articulations coxofémorales présentent un développement retardé. Les radiographies et les dessins publiés par Drehmann confirment d’ailleurs cette opinion. Il s’agit de hanches ayant nettement conservé l'aspect fœtal.. Un tel retard de développement peut relever de causes mulüples. L’étude complète de ces causes nous conduirait hors du cadre de ce travail, La guérison de ces luxaüons s’étant produite spontanément nous supposons que les luxations considérées ont été produites par des causes passagères, transitoires car, s’il n’en était ainsi, les luxations auraient évolué, comme à l’ordinaire vers l’accentuation des malformations.

Parmi les causes transitoires susceptibles d’entrainer un retard du développement articulaire et; secondairement, la luxation, le traumatisme obstétrical

doit être mis en première ligne en raison de sa grande fréquence dans les cas signalés. (De même, dans les observations de Nové Josserand et d’Abadie le traumatisme est nettement en cause). [l ne nous paraît pas impossible toutefois, que certaines anomalies primitives, entraînant comme conséquence la luxation conyénitale, exercent aussi, d’une façon transitoire, leur action néfaste sur l'articulation coxo-fémorale. (Voir luxation anthropologique de Le Damany).

Ces causes transitoires peuvent déterminer tous les degrés de luxations depuis la simple prédisposition jusqu’à la luxation accomplie. Lorsque les déformaüons sont minimes, elles sont susceptibles de s’atténuer progressivement quand la cause de la luxation {raumalique a cessé d’agir, les sujets sont très jeunes et les réparations de cette nature s’effectuent facile. ment à cet âge. En somme ces hanches subluxées évoluent simplement plus lentement que les hanches normales de la forme fœtale vers la forme adulte.

Par quel mécanisme s'opère la quérison ? Nous n’en avons trouvé aucune explication dans la httérature.

Rôle de l'abduction. — Nous avons tout d’abord songé à attribuer la quérison spontanée dans les luxations unilatérales à l'abduction du membre comme dans la guérison spontanée des luxations doubles, comme dans la quérison thérapeutique. Mais comment se produirait Pabduction dans ces cas? Nous savons que Pabdaction est une atütude des plus familières au tout jeune enfant. Il aime à se tenir “ à cheval ”. Dans la position assise, qu'il prend

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