CAS DE GUÉRISONS SPONTANÉES OBSERVÉS PAR LE DAMANY
« La guérison spontanée de ces hanches subluxables est démontrée par la constatation directe : Nous avons suivi huit enfants pendant un temps suffisamment long pour être parfaitement édifiés sur leur avenir. Chez sept, les signes de subluxabilité ont disparu complétement. Dans le cas le plus bénin il n’en restait plus aucunetrace dès le deuxième Jour. En général ils ont persisté en s’atténuant pendant quelques semaines. Une fois nous les avons vus durer plus de trois mois.
« Chez quelques enfants nous avons pu contrôler la perfection de la guérison par un examen radiographique. Une seule de ces hanches subluxables est devenue une luxation réelle. » À
OBSERVATION (Le Damany)
Mad. Cl... A 22 mois, la tête fémorale était un peu haute, légèrement écartée du fond de la cavité cotyloïde et mal soutenue par un toit trop peu saillant, la hanche est instable. Dix mois plus tard la correction s’est faite spontanément et très complétement sans aucun soin médical.
AUTOPSIE (Le Damany)
Du côté gauche ou la torsion du fémur n’était que de 48° (la Re étant de 35°) la guérison s’était faite spontanément. Du côté droit, ou la torsion était de 60°, la hanche était restée subluxable jusqu’à la mort survenue à six semaines. L’examen de ce cotyle droit montrait une tendance à l’évacuation de la région inférieure et à l’ascension de la tête. Cette luxation devait se compléter forcément à cause de l'impossibilité où les surfaces articulaires se trouvaieut, de rester coaptées quand les cuisses étaient étendues sur le bassin.
DS on
Ces faits nous montrent que l’état subluxable quérit le plus souvent en un temps qui varie de quelques jours à quelques semaines. Parfois il aboutit à la luxation congénitale de la hanche. =
Dans les hanches instables, qui relèvent pour une grande part d’une origine traumatique, les déplacements sont d’un degré minime, la réduction est des plus facile d’après la technique employée par Le Damany pour confirmer le diagnostic. On pourrait penser que la guérison spontanée résulte d’une réduction provoquée par les contractions musculaires au cours des mouvements de l’enfant, cependant nous avons tout lieu de croire que les choses ne se passent pas aussi simplement dans la majorité des cas. En effet la traction des muscles reproduit immédiatement la luxation chaque fois qu'on effectue la réduction. Et puis dans les quérisons constatées il ne s’agit pas d’une rentrée brusque et définitive de la tête dans son cotyle mais, au contraire, la réduction résulte d’un travail lent, la tête fémorale rentre insensiblement, progressivement dans le cotyle en partie déshabité.
Comment s'opère cette lente réduction ? — Les pressions lentes de l'utérus en exagérant la-flexion ou l’adduction des membres inférieurs et en réalisant une immobiisation prolongée dans une attitude défavorable ont réalisé la luxation traumatique à un faible degré. I y a subluxation parce que Putérus rend obligatoire la flexion et Padduction forcée, mais, avant tout, parce
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que Putérus maintient latütude défectueuse. Or, à la naissance, la cause disparaît brusquement, plus rien ne maintient la position des membres qui entraïnait les déplacements d’ailleurs minimes. Rien ne s'oppose plus à la rentrée de la tête dans le cotyle.
Contraction musculaire. — Nous estimons que la contraction musculaire joue un rôle des plus important dans la réduction. En effet, à la naissance, de nouveaux mouvements, utiles à la réduction (abduction) pourront être exécutés par l’enfant. Ce sont même les mouvements les plus familiers, les plus naturels à cet âge. L’enfant nouveau né se trouve dans une situation qui n’est pas sans analogie avec celle d’un malade longtemps immobilisé, auquel on retire un appareil plâtré. Certains muscles pourront progressivement récupérer le retard de développement provoqué par une immobilisation prolongée dans la même atutude. La contraction de certains d’entr’eux, jusqu’alors impossible, favorisera la réduction. Le jeu des forces antagonistes appliquées sur lPépiphyse fémorale supérieure aura pour résultat de ramener la tête dans la position qui permettra l'exécution des mouvements les plus fréquents et les plus variés. Où s'explique, dans ces conditions, que la réduction s’effectue par € une série de déplacements imperceptibles se succédant dune façon plus ou moins progressive ».
Mais, nous objectera-t-on, le déplacement prolongé des surfaces articulaires aura entraîné des altéralions anatomiques qui, au moment de la naissance, s’opposeront à la guérison spontanée. Nous estinons que
NE Ps ces altérations sont minimes et susceptibles de se réparer sans qu'aucun traitement n’intervienne. Examinons successivement, en effet, les modifications des différents éléments articulaires au cours de la guérison.
1 Détorsion fémorale. — La torsion du fémur relève d’un cause maternelle qui disparaît brusquement à la naissance.
Dans certains cas, les constatations faites à lau-
topsie par.Le Damany, montrent que la guérison peut
survenir malgré une certaine exagéralion de la torsion fémorale (48° au lieu de 35 dans un de ces cas). Mais nous prétendons, d'autre part, qu’un fémur est susceptible, dans de certaines limites, de se détordre spontanément. Cette détorsion permettra la quérison de la hanche instable. |
Les patientes recherches expérimentales faites sur de jeunes lapins par Le Damany ont amené cet auteur aux conclusions suivantes :
Les torsions des os se font par des mécanismes accessibles à notre compréhension. Elles ont heu pendant la période de développement. La ligne d’ossification est l'endroit où elles s’éxécutent. Toute force bien appliquée sur un os jeune peut les produire. En ce qui concerne le fémur humain, c’est entre la dia- . physe et le cartilage épiphysaire supérieur qu’elles se produisent.
La détorsion qui se produit à un certain degré chez presque tous les sujets normaux se fait au même niveau que la torsion, par rotalion du bloc épiphysaire sur la diaphyse fémorale.
PNR
D'autre part, si, sur une hanche disséquée de très jeune enfant, on provoque des poussées sur le genou alors que le fémur est en extension maxima, on voit grâce à l’élasticité du cartilage épiphysaire, des petits mouvements de détorsion se produire sous l’influence et pendant la seule durée de la pesée. Le même phénomène mais Jent, progressif et définitif se produit chez l’enfant après sa naissance.
La défectuosité de la hanche humaine du moins pour la part attribuable à la torsion fémorale subira une correction. d'autant plus facile qu’elle est moins accentuée.
La résistance du fémur à la torsion ou à la détorsion varie avec chaque sujet : si la résistance est exagérée, ce que l’on obsérve dans l’achondroplasie, la détorsion reste moindre qu’à l’état normal, si au contraire la résistance est diminuée, comme dans le rachitisme, la détorsion est exagérée.
2° Cotyle. — Le cotyle ne présente aucune altération primitive, il ne lui manque que lexcitant naturel nécessaire à son développement normal, le contact de la tête fémorale, il évoluera donc vers sa forme adulte typique dès que la réduction sera plus ou moins eflectuée par les contractions musculaires.
3° Capsule. — La résistance de la capsule empêche la hanche instable d'évoluer vers la luxation vraie. Sa rétraction (comme dans la quérison thérapeutique) favorise la guérison spontanée.
ho Mascles — Leurs altérations ont été étudiées au chapitre précédent. Nous avons montré la possibilité d’un retour à l’état normal. |
Facteur individuel. — Les hanches instables sont pour Le Damany des luxations anthropologiques. Nous avons fait remarquer que les luxations anthropologiques pouvaient être considérées comme des luxations mixtes, à la fois traumatiques et par anomalie du germe. Or, jusqu'ici, le traumatisme seul, nous rend compte de tous les phénomènes observés dans les hanches instables. En quoi intervient donc le facteur tératologique que nous avons placé aussi à l’origine des hanches instables ? Quelle est son rôle dans la guérison spontanée ?
Son influence nous est mise en lumière par l’hérédité de l'affection et par sa plus grande fréquence chez les filles que chez les garçons. Toutes les causes de luxations d’ordre maternel sont la part du traumatisme, toutes les causes d'ordre fœtal rélèvent du facteur tératologique.
Si un “ vice du germe ?” peut entraîner comme conséquence Ja luxation congénitale, il est hors de doute que la ‘ qualité du germe ” est en cause dans le processus de guérison spontanée. C’est le “qerme ” qui est en cause lorsque nous observons tantôt la quérison, tantôt l’évolution vers la luxation vraie, dans des cas cliniquement identiques.
Deux hanches humaines sout soumises à un traumatisme de même nature, de même intensité, de même durée et cependant elles ne présenteront pas ultérieurement le même degré de “subluxabilité ”.
Nous avons montré que les déformations du fémur par exemple pouvaient s’atténuer progressivement, qu’une cavité cotyloïde pouvait encore évoluer vers la forme normale quand la cause qui retardait son développement était supprimée. Mais tous les fémurs et tous les cotyles ne possèdent pas ces aptitudes au même degré. Ils peuvent même ne pas les posséder du tout, la luxation étant alors la conséquence d’un trouble primitif de développement, et se produisant sous action d’un traumatisme insignifiant (luxation tératologique).
La résistance d’un fémur à la détorsion varie avec chaque sujet, elle est exagérée dans l’achondroplasie, diminuée dans le rachitisme.
La laxité de la capsule articulaire peut être primitive et constitue la cause essentielle de la Iluxation mais au contraire, dans certains cas, lorsque la luxation pourrait se produire sous l'influence des autres habituelles, la résistance de la capsule fait obstacle à cette évolution. Le facteur individuel joue un rôle important dans la guérison spontanée des hanches instables.
Or chez le nouveau né atteint de ‘hanche subluxable ” les aptitudes à la guérison n'ont certes pas été acquises, elles sont héréditaires. Si nous avons donc très souvent à déplorer des “ vices du germe ? il faut reconnaître que, dans certains cas, les dispositions et parfois même les anomalies que peut transmettre la cellule originelle sont, au contraire, fort utiles.