CHAPITRE II
Considérations générales sur la pathogénie
des luxations congénitales de la hanche.
SommaRE : Classification des luxations congénitales de la hanche au point de xue pathogénique. — Luxations traumaliques, tératologiques, pathologiques.— Grande fréquence des luxations mixtes, hérédité dans la luxation congénitale de la hanche. — Théorie anthropologique de Le Damany.
Nous nous sommes rendu compte que toutes les quérisons spontanées de luxations congénitales ne s’expliquent pas de la même manière, mais que, par contre, le même mécanisme pouvait expliquer la quérison de tout un groupe de luxations. Nous avons ainsi été amené à classer les luxations congénitales de la hanche.
La classification basée sur le degré des luxations, et la grandeur des déplacements nous amène à distinquer des hanches instables, des subluxations, des luxations complètes. |
Mais la classification basée sur létiologie de Paffection nous est plus précieuse encore. Nous pouvons penser à priori, en effet que les luxations ayant la même origine, s’élant produites de la même façon, doivent aussi quérir par un processus identique.
LD
Classification des luxations congénitales de la hanche. — Avec M. Frælich « nous divisons les luxations congénitales de la hanche en trois groupes :
1° Les luxations congénitales traumatiques à cavité normale ; HE
Les luxations tératologiques ou malformations primitives de la jointure, ce groupement est le plus nombreux ; ;
3° Les luxations pathologiques ou acquises.
Dans les premières rentrent les luxations qui se sont produites dans la vie intra utérine, par la pression lente de utérus, quand il y a peu de liquide amniotique, ou bien par l’adduction exagérée des fémurs et l’action pelvi crurale qui complète le déboîtement.
Le traumatisme brusque peut être produit par un choc ou une chute sur le ventre et luxer le fémur. Enfin la luxation peut être due au traumatisme obsté-
trical. (Accouchement par le siège).
| Dans le deuxième groupe, je range les cas dans lesquels, par un véritable vice du germe, il y a atrophie ou absence complète de la cavité articulaire d’où impossibilité ou difficulté extrême pour la tête fémorale de s’y loger.
Enfin dans la troisième calégorie se trouvent les luxations qui se sont produites dans les premiers mois de la naissance par suite d’arthrite de 'articulaüon coxofémorale telle l’ostéomyélite, l’arthrite sèche.
Dans le premier groupe, la guérison (thérapeutique) parfaite est la règle ; dans les deux autres groupes les quérisons sont moins fréquentes, les améliorations très nombreuses, mais il y à des échecs.
NE 1e
Cette étude est basée sur 74 observations, 23 du premier groupe, 51 du second, 12 du troisième.
C’est surtout l’anatomie radiographique, l'étude clinique et les résultats thérapeutiques qui m'ont amené à cette division » Frœlich.
I n’y a guère de discussion possible sur le sens qu'il faut attribuer aux termes : traumatiques et pathologiques, mais nous estimons qu’il est nécessaire de définir suceintement ce que nous entendons par tératologiques. Une luxation tératologique relève de la même cause que les malformations congénitales désignées sous le nom de monstruosités et coïncide d’ailleurs fréquemment avec elles chez le même sujet (pieds bots, spina bifida). Mais en dehors des monstruosités apparentes 1l peut exister de simples anomalies provenant aussi d’un vice du germe. Nous ne les découvrous pas toujours mais nous en observons souvent la conséquence, la luxation congénitale. Car le fait primitif, l’anomalie apportée par le germe ne siège pas obligatoirement au niveau de Particulation coxo-fémorale. Les malformations premières pouvant entraîner comme conséquence la luxation congénitale
peuvent siéger sur d’autres organes : sur les centres
trophiques de larticulation, sur le rachis, les racines de la moelle, sur les nerfs. Ces anomalies peuvent se localiser sur tout un appareil : appareil vasculaire (trouble du développement articulaire par irrigation sanguine défectueuse) sur un tissu (lissu fibreux), enfin elles peuvent atteindre l’organisme tont entier sans localisation aucune (affections générales congé-
nilales).
DA Me
De même qu’on ne diagnostique pas un kyste dermoïde alors qu'il ne s’agit que de « l’enclavement d’un bourgeon ectodermique » qui donnera plus tard le kyste (Kirmisson), la luxation congénitale d’origine tératologique peut exister à tous les degrés et rester plus ou .moins longtemps non diagnostiquable. La: cause, lPanomalic, existe bien avant la naissance (puisqu'elle se trouve dans le germe), mais la luxation qui en sera la conséquence n'apparaîtra qu’à une époque plus où moins éloignée. On dit alors que le sujet est « prédisposé » à la fuxation:
En conclusion nous estimons qu’il ne faut pas comme cerlains auteurs réserver l’épithéte de « tératologiques » aux seules luxations qui existent avant la naissance ou qui coexistent avec des monstruosités considérables (enfants non viables), mais donner à ce terme le sens beaucoup plus étendu d’anomalie de la Jointure relevant du germe, par vice du germe.
Bien que la classification de M. Frælich soit basée surtout « sur l'anatomie radiographique, l’étude clinique et les résultats thérapeutiques », elle est encore exacte au point de vue pathogénique. Nous nous servirons donc de cette classification, mais nous nous permettrons d’atürer l'attention sur quelques points qui pourront acquérir une assez grande valeur lorsque nous tenterons- d'expliquer certains cas de guérison spontanée.
Avec M. Frælich nous ne voyons pas de facteurs étiologiques autres que ceux que nous avons indiqués, mais une particularité sur laquelle peu d’auteurs nous semblent avoir insisté d’une façon suffisante, c’est la