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Bazaine n'avait pas paru. Malgré le bruit croissant de la canonnade et l'impatience de son entoi^rage, il ne quittait pas son cabinet de Plappeville. Il semblait convaincu que l'attaque n'était pas sérieuse. Lorsqu'au matin Le Bœuf l'informa des manœuvres de l'ennemi, il répondit que Le Bœuf occupait une position très forte et résisterait facilement. Le chef de l'état-major général Jarras fit seller les chevaux ; Bazaine le pria de terminer le travail d'avancement. Enfin, à trois heures et demie, il se rendit sur le plateau du Saint-Quentin. Il reçut plusieurs messages : Ladmirault demandait de l'infanterie ; Ganrobert, de l'infanterie, du canon, des munitions ; Bourbaki, des instructions. Bazaine n'envoya rien ou presque rien. Il rentra vers sept heures en assurant que les Prussiens tàtaient l'armée et qu'ils échoueraient contre des lignes inexpugnables. Il n'engageait ni la garde, ni la cavalerie deForton, ni la réserve générale d'artillerie I Aux 684 canons des Allemands il n'opposait que 382 canons sur 520 qu^il avait I Les batteries de la garde entraient en ligne, mais seulement à la nuit close, sur l'ordre de Bourbaki, pour protéger la reculade du 6* et du 4* corps que poursuivait le feu formidable des pièces allemandes. Ganrobert succombait parce qu'il n'était pas secouru, et n'obtenait à force d'instances que deux batteries de la réserve qui n'arrivaient qu'après l'abandon de Saint-Privat. « Canaille I grommelait-il pendant la retraite, ne m'envoyer ni munitions ni la garde I Canaille I Canaille I »
Le général «n chef de l'armée française avait résolu de rester sous MetZk II lié voulait nullement se compnn m«itrë| nullement se lancer entre Meuse «t MoÉellAj
Dans la matinée même, il faisait déterminer par le colonel Lewal les nouvelles positions de Tarmée autour des forts de la ville, et il consolait les aides de camp de Ladmirault et de Ganrobert en leur disant qu*ils opéraient quelques heures plus tôt le mouvement qu'ils auraient opéré le jour suivant : « Nous devions partir demain ; nous partirons ce soir ; voilà tout. »
Telle fut la journée d'Amanvillers ou de Saint-Privat. Les Français y perdirent plus de 12 000 hommes, et leurs adversaires plus de 20 000. La garde royale prussieftine avait à elle seule 300 officiers et près de 8000 soldats tués ou blessés. C'était la seule bataille que les Allemands eussent encore livrée non pas à l'aventure, mais selon les plans de Moltke, et ils avouent qu'ils faillirenl la perdre. Contenus au centre et repoussés à la droite, ils auraient été culbutés sur leur gauche siBazaine avait placé la garde et la réserve générale d'artillerie derrière Canrobert et non à deux lieues du 6* corps, au pied du Saint-Quentin. Mais, comme écrivait le roiOuillaumo, le maréchal était coupé de ses communications et rejeté sous Metz. Moltke prenait aussitôt ses mesures pour bloquer étroitement la ville et l'armée. Sleinmetz, trop fougueux et entêté, fut envoyé à Posen. Ses trois corps (ManteuffeljGœben et Zastrow), quatre corps de Frédéric- Charles (Fransecky,Alvensleben,Manstein,Voigts-Rhetz), ,deux divisionset demie de cavalerie, cent quatre batteries d'artillerierestèrentdevantMetz, sous les ordrçs du prince rOuge qui commandait ainsi à plus de 160000 hommes. Une nouvelle armée dite de la Meuse, confiée au prince royal Albert de Saxe et formée de la K&rde prussienne.
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du ly* corps prussien, du XIP corps ou corps saxon et de deux divisions de cavalerie, c'est-à-dire de 86 000 hommes, eut ordre de marcher vers Paris par Sainte-Menehould et Ghàlons, parallèlement au prince royal de Prusse qui se dirigeait sur la capitale par Nancy et Bar-le-Duc avec une armée de 137 000 hommes, composée des V% VI*, et XI* corps prussiens, des deux corps bavarois, de la division wuriembergeoise et de deux divisions de cavalerie.