‹ La guerre, 1914-1915Chapitre 82 sur 87 · LES CHANCES D'UNE INTERVENTION PROCHAINE · texte numérisé non relu

LES CHANCES D'UNE INTERVENTION PROCHAINE

tous ceux qui ne voulaient pas marcher encore trouvaient un prétexte dans son immobilité équivoque et inquiétante M.Venizelos lui-même a cru que la Grèce ne pouvait pas bouger sans s'être assuré le concours, ou pour le moins la neutralité de la Bulgarie en lui accordant d'importants avantages territoriaux, et bien que ces projets, qui n'ont pas été suivis d'effet, appartiennent au passé, ils influent trop puissamment encore sur la situation actuelle de la Grèce pour que nous n'en disions pas quelques mots. Nous l'avons sans doute déjà fait, mais à ce moment M. Venizelos n'avait pas encore livré à la publicité les deux lettres qu'il a écrites au Roi au mois de janvier dernier et cette publication est un fait trop important pour être passé sous silence. On a reproché à M. Venizelos de l'avoir faite. Il est certain que l'acte est peu correct ; mais, s'il y a eu incorrection de la part de M. Venizelos, ce n'est pas la première qui ait été commise : la première l'a été contre lui par le Cabinet qui Jui a succédé ; il s'est seulement défendu. Il a donné sa démission parce qu'il n'a pas pu décider le Roi à intervenir auprès des Alliés dans leur entreprise contre les Dardanelles et Constantinople, La cause de sa chute est là, non pas ailleurs. Pourquoi donc a-t-on réveillé, si ce n'est pour lui nuire, pour essayer de le discréditer dans l'opinion, une affaire toute rétrospective qui, de son propre consentement, ne pouvait plus avoir de suites? C'est un procédé qu'un homme de meilleure composition aurait difficilement accepté. Quant à lui, grand homme d'Etat sans doute, mais homme de lutte, ancien conspirateur et insurgé habitué à des combats corps à corps, il n'a pu se retenir de répondre à des coups par des coups et, puisqu'on avait mis en cause sa politique en n'en découvrant qu'une partie,il n'a pas

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résisté à la tentation de la découvrir tout entière, c'est-à-dire d'en montrer les contre-partie». Et ce n'est pas lui qui a perdu le plus à cette révélation : sa renommée d'homme d'Etat en a plutôt grandi dans le monde.

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