PAR\DE FRANÇAISE
SOUS peine de se trouver rapidement dans un état d*infériorité auquel il deviendrait ensuite difficile de remé^ » Avant tout, il s’agit « d'organisation défensive », Gomme en 1873, comme en 1889, la France^ simplement, se mettait dans la position de défense et consolidait sacni^ rasse. Mais le premier coup de feu, elle entendait bien ne jamais le tirer.
Qui eût pu, d'ailleurs, en douter? U n’y avait qn’à considérer, terme de comparaison infaillible, les dépenses d’ordre militaire dans les deux pays. Les chiffres avaient leur éloquence :
En 1902, exposa Chéron à la Chambre, le budget de la gtierre allemand dépasse le nôl?'e de 121 ?nUlions ; en 1906, de 306 müliom ; en 1913, de 327 militons et pour 1914, la différence sam de 315 millions. En 1913, le budgei de la matnne allemand dépasse le nôtre de 57 millions.
Èîais 'eoici im chiffre particuHèremént suggestif: vous savez qu il a dans le budget de la guerre français comme dans le budget de la guerre allemand une troisième section de dépenses; c'est celle qui s'applique au perfeetionnetnent de Vartnement, celle qu'o7i appelle dam le budgei allemand des dépenses « pour une fois ». Piàsque f examine les bttdgeis de 1902 à 1913, miüez-vous que je compare ce que, poitr la IroUième section du budget de la guerre, la France a dépensé pendant la période qttef envisage, et ce qiîfa dépensé f Allemagne? La France 980 millions, VAllemagne 2 milliards 2 millions, i milliard 22 milHons de plus que nous, c'est-à-dù'e 104,30 ju. 100 de plus que la France^.
Mais le gouvernement ne s’attarda pas h une discussion académique devant Topinion. Les demandes de crédit avaient été justifiées par des rapports des autorités tech-
i. Séance do la Chambre des Députés du 17 février 1913.
LES te TEÜIS ANS »
niques. Ces mêmes autorités devaient donner leur avis sur la plus grave des questions que posaient les armements allemands, celle de l'augmentation des efïectifs de Tarmée française.
Le Conseil supérieur de la Guerre fut donc appelé à en délibérer et se réunit le 4 mars au palais de TElysée^ sous la présidence dcM. Poincaré, le président du Conseil assistant également à la séance.
Plusieurs solutions furent envisagées- Les unes coinportaient le retour à la main-d'œuvre civile pour certains services administratifs de l'armée, la réduction des musiques, etc. Cest ce qu’on avait pittoresquement appelé : vider les fonds de tiroir. D'autres tendaient à instituer le service de trente mois, ou le service de trois ans avec faculté de libérer, au cours de la troisième année, une portion des hommes dont lunstruction serait jugée sitifisante et dans la mesure où cette libération ne ramènerait pas rcfîectif de présence au-dessous d'un certain chiffre. Un dernier système tendait à l'établissement du service de trois ans pur et simple, sans aucune dispense.
La délibération dura plusieurs heures- Aucun des systèmes de cc demi-mesure » proposés ne résista a T examen. Le président du Conseil résuma finalement la discussion dans cette question précise adresséeaux ofïiciers généraux membres du Conseil supérieur de la Guerre :
<< Estimez-vous qu'il est impossible d'assurer la défense du pays sans recourir au service de trois ans pur et simple? s>
A Tunaiiimité la réponse fut affirmative.
Deux jours après, M. Aristide Briand déposait sur le bureau des Chambres un projet de loi conforme à cet avis.
En dehors de Putilité d'un service à longue durée pour rinstruction des hommes de certaines armes, Pexposé des motifs invoquait surtout la nécessité de parer a et toutes
4U PABÂDt; FUA.NÇAl^ü
les éventualités initiales de la guerre moderne » et dédis* poser de conLingents proportionnels aux effectifs üsés par les lois des cadres. Ao point de vue politique, la France serait en mesure non seuleinent de pourvoir ainsi à sa securité, niais encore de coopérer au maintien de la paix en Europe, et étroitement liée, tout le démontre, à Téquilibre des forces diplomatiques et militaires entre les ■ grandes nations ». La politique extérieure du pays serait assurée enfin contre toute contrainte : « \l y a quelque chose concluait Fexposé, qui domine toutes les contim gences, qui triomphe de toutes les hésitations, qui gouverne et détermine les élans individuels et collectifs d une grande et noble démocratie comme la nôtre ï c est sa volonté bien arretée de vivre forte et libre et maîtresse do scs destinées ».
Le 18 mars, sur la question de la réforme électorale, le ' ministère Briand était mis en minorité au Sénat, et portait sa démission au Président de la République*
La chute de M. Briand fut accueillie en Allemagne dans des sentiments dont il est difficile do donner une explication précise. Une satisfaction à peine dissimulée en formait visiblement la base principale.
Au moins cette impression se dégageait-elle de la lecture des principaux organes de la presse germanique* Les uns pour des raisons de politique nationale, les autres pour des motifs moins nets, y virent Teffet des projets militaires dont le cabinet démissionnaire avait eu le courage de prendre Finitiative* Sortant de la réserve que leur commandait leur situation d^étrangers, les correspon- î dants parisiens de ces journaux ne se contentèrent pas de l donner sur ce sujet une appréciation basée sur des consi- | dérations d*ordre international. Ils allèrentjusqif à prendre parti dans la polémique de la politique intérieure française, et Ton vit, spectacle paradoxal, les agents officieux d im pays où règne f esprit de caste, reprocher au cabinet
Lie MlNlÿTEUK ÜAUTIIOD
démissionnaire sa politique de cf réaction La Gazelle de y-’muc/or^ exalta, le Berliner TageblaU espéra, M. Max Nordau, correspondant de la Gazette de Vos$ télégraphia : (cOn n’a pas besoin d’être aussi pessimiste que ceux qui^ aujourd’hui répétaient dans les couloirs de la Chambre que c’était une crise présidentieile. Cependant, on ne saurait se dissimuler la gravité de la situation »,
Grave, certes, la situation Tétait au moins autant que le disaient ces étranges propagandistes. Mais cependant pas dans le sens où ils le voyaient ou le désiraient.
Le cabinet Bartboii, en efïet, succéda au cabinet Briand. Disposé aux transactions honorables sur le terrain de la politique intérieure, il annonça avec non moins de résolution que le cabinet précédent qiTil serait « barre de fer » sur la question delà défense nationale- M, Eugène Étienne, ministre de la Guerre, qui avait préparé le projet des fc trois ans » conserva son portefeuille et M, Stéphen Pichon, dont on ne pouvait attendre non plus, à cet égard, aucune faiblesse, prit au Quai d’Orsay la succession de M- Jonnart.
La discussion de la loi militaire se poursuivit donc à la commission de Tarméc, devant laquelle elle avait été renvoyée, dans des conditions qui ne laissaient aucun doute sur l’issue du débat. Successivement toutes les propositions qui biaisaient avec l’intérêt national furent écartées. Le 4 mai, à Caen, le président du Conseil fit un dernier et émouvant appel à Topinion publique, devant laquelle il engagea la responsabilité gouvernementale :
« Est-ce, dit-il, par souci de cette existence gouvernementale qu’on sollicite ou qu’on espère des concessions où échouerait le principe vital de la loi ? J’en doute, mais même si elles sont sincères, ces invitations captieuses ne réussiront ni à nous émouvoir, ni à nous tenter, ni à nous ébranler. Quand le devoir prend la forme d’un intérêt national, il faut tout simplement faire son devoir,
rAtîADE FUAKÇAïJÎE
Cinq jours après, par 17 voix contre 4, la commissioû de ramiée adoptait Tenseinble du projet de loi. Quelques modifications de détail étaient seules apportées au texU primitif. Le principe du service de trois ans était accepté, Les Chambres, en séance plénière, allaient voir à casseï ou à entériner cette décision.
Par une carieuse coïncidence, au moment même ou le nouveau chef du gouvernement, u la suite de son prédé^ cesseur, s'engageait ainsi dans la voie où ia poUiiqxit nationale dressait résolument la résistance française devant la menace allemande, une initiative venue de Suisse s’efforçait une dernière fois de rapprocher les déni pays. Une « conférence d’entente )> s’ouvrait à Berne entre parlementaires français et allemands. [
Le progrès des idées pacifistes d'une part, les nécessités i d’une politique de réformes radicales de l’autre, avaienl • depuis plusieurs années rallié un certain nombre d’adhérents à l’idée d’im rapprochement entre la France et TAl- i lemagne. Le gouffre sans fond des dépenses militaires et improductives » détournait de leur affectation naturelle les ressources d'uno grande démocratie. Puisque la Francs, dans son ensemble, répudiait Tidée d’une guerre de revanche, pourquoi ne se tendrait-on pas la main, pardessus les Vosges, au lieu de se montrer un poing armé et menaçant? M. Jaurès, chef des socialistes français elles leaders de la social-démocratie au Reichstag accusaient ; en même temps la bourgeoisie industrielle des deux pays de tirer des bénéfices immoraux de la politique des armements. i
Dans les partis a bourgeois », quelques personnalités | moins nombreuses s’appuyaient plus particulièrement sur les progrès des idées d’arbitrage et de conciliation, . entrevoyaient les avantages matériels que comporte le j développement des échanges et des liaisons dhntérêt entre j
LA CnNJ’J^ltKNnE DE HEÜNE
des nations même politiquement rivales jusque-là. A la propagande de Vhiéer nationale ouvrière venait se joindre naturellement Taction moins apparente, mais plus efficace peiü-CLre, des partisans d’une entente sur le terrain économique. Un Comité comme7^cial fî^anco-allemand^ comportant une section dans chacun des deux pays, s’était formé quelques années auparavant* Sans doute, il se défendait de poursuivre im autre but que le développement des transactions et raniélioration du régime des échanges entre les deux pays. Mais, par la force des choses, ses membres français et allemands en venaient peu à peu à concevoir comme possibles, puis à pratiquer des associa-^ ti07is 00 des partieipali07is qui glissaient ensuite sur le terrain brûlant de la politique* Puisque des deux cotés de f la frontière, il se trouvait des esprits asse^ libérés pour faire taire dans le domaine de Tintérêt privé les haines et les rancunes nationales, pourquoi ne pourrait-on pas espérer que la somme de ces bonnes volontés s’accroissant tous les jours, un moment viendrait ou la majorité des Allemands et des Français serait convertie h l’idée de rapaisement ?
11 s’était ainsi formé en France un parti de croyants nouveaux qoi nièrent d’abord la fatalité de la guerre, puis sa simple possibilité* La guerre estime « grande illusion » disaient la plupart d’entre eux avec Norman Angel. Puisqu’on ne peut plus détruire les nations ni dépouiller les individus, quel changement en attendre?
La nature et la force de ce double courant n’avaient pas échappé aux membres du Conseil national suisse qui prirent l’initiative de la conférence* Ils y firent, dans leur lettre d’invitation, de nombreuses et transparentes allumions* « Il leur a paru, dirent-ils notamment, quefainitié et la communauté des intérêts moraux et économiques en i jeu leur confèrent le droit d’offrir à leurs collègues français et allemands, d’une façon désintéressée* l’occasion de
PAEtADE FaANi(iAISE
riû
discuter ensemble, sur le sol neutre de la GoufédératioBl helvétique, la question des armements, et d’examiner pari quels voies et moyens il serait possible d’amener un rap^ ' prochement entre la France et rAllemagne. »
L’invitation fut accueillie, du côté français, non seulement avec faveur, mais avec empressement. « 11 ne faul point dédaigner, écrivit le Temp^ du ^0 avril, les initiativcs qui se proposent d’instituer entre les représentants de rAllemagne et ceux de la France des discossioDs loyales sur des problèmes dont ils sont également préoccupés. » Les organes socialistes et radicaux firent de leur côté une chaleuroiise campagne de propagande.
L’efTet en dépassa toutes les espérances.
Cent soixante-sept députés et vingt-quatre sénateurs, au total 191 parlementaires français, envoyèrent A Berne leur adhésion A La majorité appartenait aux partis avancés. Mais les membres des groopea modérés y étaient en assez grand nombre pour qu'il ne fût pas niable que, dans leui ensemble, toutes les grandes fractions du partirépablicain y fussent représentées.
L’entbonsiasme fut moins grand du côté allemand.
Le 9 mai, trois dizaines à peine de députés au Reichstag avaient décidé de faire le voyage de Berne. Quelle que fûl la disproportion numérique entre les parlements allemand et français, cette froideur ne manqua pas de produire une impression désagréable. La Gazette de FrancfoH, qui menait une campagne en faveur d’un rapprochement économique, essayant de ranimer les bonnes volontés, en souligna d’avance la portée : « Il serait déplorable^ insista-t-eile, que par une participation trop réduite à b conférence de Berne, TAllemagne donnât TimpressiOD qu'elle ne prend pas au sérieux l’idée d’une entente, ou
1. Ces chïITres, comme ceux des parlementaires allemands, sont relevés non sur les journaux, mais sur la liste oflicielle publiée se deux languea, à Berne, par les soins du comilé suisse d’inUiatite.
UN EGHEC
qu'elîc veut éviter une discussion franche sur les moyens de limiter les armeuients. »
Les craintes de Torgane rhénan se réalisèrent pourtant. Non seulement 37dépaLét> au Reichstag avaient seuls, à la veille de la conférence, envoyé leur adhésion, mais encore ce chiifre comprenait plus de 20 socialistes, et pas un représenLant des partis gouvernementaux.
Le il mai, la conférence s'ouvrit à Berne, dans la grande salle de luniversité. M. dEsLourn elles de Constant, sénateur français, y fit un émouvant appel à l’entente contre le péril que la politique des armements faisait coin ir à la paix.
« Nous sommes, dît-il, les uns et les autres, Allemands et Français, de bons patriotes, mais notre patriotisme consiste à bien servir notre pays et non à l’exposer à des aventures. »
Le soir même, Tofficieux Lohul ÀTi^zeigeVj parlant des délégués à cette réunion, les rappelait à une juste appréciation de rhcure : cc 11 est possible que leurs eJlorts paissent avoir quelques succès dans un temps prochain, mais ils ne pouvaient choisir un moment moins favorable pour inaugurer une conversation. /> Le monde officiel de tous les états confédérés de rAilemagne ignorait la conférence. Des rares InteliecLuels qui protestaieot contre les armements, il pensait jasieinent, comme la Taegiiuhe Ruïidi^ckctu^ que leur idéal était « vague et irréalisable ».
La conférence se poursuivit cependant. Le bureau français fut composé de M. d'Estournelles de Constant, comme président, et de MM* Jaurès et Gaston Méiiier comme viceprésidents; le bureau allemand de M. Haase, socialiste, comme président, et de MM. Haussmann et Richlin, comme vice-présidents. La commission de la conférence comprit ces deux bureaux.
Les réunions privées et les deux réunions publiques firent apparaîtrej certes^ bien des bonnes volontés indivi-
l'Ali A DM l'UANCAISR
due lies. Mais les questions essentielles durent, sous peine d'amener Téchecde la conférence, être écartées ou tournées. La plus délicate de ces questions était relative h. l’Alsace* Lorraine. On en vint a bout par une transaction d’écriture: | on reconnaîtrait que les représentants du paijs d'Empire avaient ce facilité le rapprocîiement des deux pays pour une œuvre commune de civilisation ».
Le 12 mai, à sept heures du soir, M. d’Estournelles de Constant, lut à la deuxième et dernière séance publique une brève résolution où cette attitude des Alsaciens-Lorrains se trouvait soulignée, et qui ajoutait, parlant deb j conférence et de son but primitif :
Elle iavîte ses membres à faire tous leurs elïorts pour amener lesj gouvernements des grandes puissances à modérer leurs dépenseij navales et militaires.
La conféreoce appuie chaleur eus cm eut la proposition de M. Bryan, secrétaire d'Etat auEtats-Unis, relative aux traités d'arbitrage. Elle demande que les conflits qui pourraient s’élever entre les deux payi et qui ne seraient pas réglés par la voie diplomatique soient déférés à l’arbitrage de la Haye, et elle compte sur ses membres pour fah engager en ce sens une action énergique et soutenue.
Elle estime qu'un rapprochement de ta France et de FAlleniagm facilitera Ton tente des deux groupements européens et préparera par là l'établissement de la paix.
Ce fut tout. De discussion publique, il n’y en eut pmnl Le résultat de la conférence se ramenait à un vœu platonique, dont le nombre restreint des délégués ailcmandî diminuait encore la portée, cf L’opposition entre la Triple Entente et la Triple-Alliance subsistera, constata le ror* ivaerts. La masse des bourgeois et paysans français, bien qu’opposée a toute excitation chauvine et désirant vivre en paix avec l’Allemagne, continue à se méfier vivement de la politique de Tempire allemand, qu’elle considère comme un Etat guerrier et voleur, contre lequel il i faut se défendre. » Un député radical français, M. Ya^eillej | arrivé à Berne le cœur gonflé d’espérance, disait plus i
ÂLisAGE-LaitHAlNE
pilloresquement an retour sa désillusion : « Ce fut une journée de miracles. On y vit tenir en allemand une assemblée ou luO Français se trouvaienten face de 40 Allemands; on y vit les FrançaiSj qu'on traite de bavards, ne prononcer qu'un discours contre sept ou huit allemands ; on y vit les socialistes français confier à BI. lUcklin, président du Landtag alsacien et même président du centre ealholique alsacien^ le soin de convertir Guillaume II au désarmement; on y vit les descendants des républicains de 1793 mettre bas les armes. ))
On ne pouvait mieux dire des deux parts. La discussion delà loi militaire se poursuivait en ce même temps devant le Reichstag, et les socialistes allemands, toujours répudiant le principe des armements, en rendaient possible la réalisation en votant la cc couverture financière ».
lE n'y avait donc, du côté français, qu'à obtenir des Chambres la loi qui assurerait la défense française. Mais comme l'effet de cette loi ne pouvait être rétroactif, le départ de la classe qui achevait alors sa deuxième année, allait amener une insuffisance notable et immédiate d’elTectifs par rapport aux effectifs allemands. Conformément aux pouvoirs que lui donnait la loi de 1905, le gouvernement décida, le lo mai, de la maintenir une année de plus sous les drapeaux. C’était là, comme M. Barthou l'expliqua le lendemain à la Chambre en termes émouvants, une ff précaution nécessaire », qu'il fallait sous peine de manquer au de voir gouvernemental, prendre en temps utile »^ Le même jour, et comme pour prouver qu'il était bien étranger à l'esprit conciliant de cette conférence de Berne à laquelle 8 députés alsaciens-lorrain s avaient assisté, le gouvernement allemand saisissait le Conseil fédéral de riimpire de deux projets de loi dont l’un restreignait la publication et la propagation en Alsace-Lorraine des périodiques qui n'étaient pas rédigés en langue ailetimndo, et dont raiitre livrait à rarbitraire des autorités
PAUADE FRANÇAISE
Texistence des associations qui seraient jugées dangereuses pour la « serai ri té publique )>*
Sans se laisser détouruer par ces rigueurs plus que par les explications rassurantes mais tendancieuse de Tofficieuse Gazette de rAllemagne du Nord, le gouvernement français fit mettre k Tordre du jour de la Chambre le projet de loi militaire adopté par sa commission.
La discussion commença le 2 juin*
Elle fut longue et âpre.
Une nation libérale et démocratique comme la France est peu faite pour TefTort militaire continu. Les longues [ périodes de présence sous les drapeaux. éLaiit donné sur tout la prédominance des familles à un ou deux enfants, gênent la culture du domaine familial ou entravent les carrièj es des fils de la bourgeoisie. Très nationalistes au sens large de ce mot, mais très attachés a la paix, les Français ont peine à comprendre que Topposition des ^ autres nationalités puisse faire courir à leur pays un risque de guerre réel et imminent* Parmi leurs hommes d'État, un grand nombre refuse d’envisager le retour, en plein XX® siècle, des horreurs de la guerre. Et une grande partie de Topinion, naturellement portée h croire ce qui légitime le moindre eiïort, leur fournit, en les appuyant, de nou^ velles raisons de fermer les yeux h la lumière. Vous verrez pourtant, leur disait M* Clemenceau dans une courageuse campagne, des choses que la France n“a point connues depuis la guerre de cent ans* i
L’opposition au texte gouvernemental fut donc très vive devant la Chambre* Sans nier la nécessité d’un ren^ forcement de la puissance militaire du pays, les partis avancés conLestaient au système des « trois ans » Tefficacité attendue. Ce n’est pas, disaient-ils, parce que vouais maintiendrez dans les casernes un nombre plus grand de jeunes gens, que vous aurez au jour de la mobilisation un