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CHAPITRE IV

GEHMANISME EN ACTION

De la lièvre des arinementSi le geriiianisnie devait, par une évolution naturelle, passer à ractivitè politique et, alarmant les autres nations sur le sort de leurs positions traditionnelles, mettre rapidement rEuropo sur le quivive.

Des séismes nouveaux, ébranlant en outre une fois encore les vieilles assises de rOrient, n'avaient pas tardé à fournir au groupe austro-allemand les prétextes de nouvel les inquiétudes. Une seconde guerre, en bouleversant les résultats des premières victoires balkaniques, avait consolidé la barrière déjà dressée devant la poussée germanique.

Celte fois seulement, la lutte s’était livrée entre les alliés rrhici\

La Bulgarie, mécontente de la part qu’on semblait vouloir lui faire, et répudiant rarbitrage du tsar Nicolas ïl, qu’elle avait naguère accepté, s’était, à la fin de juin, précipitée sur la Serbie et la Grèce. Mais battue contre son attente par les victimes de son agression, envabie au nord par rarmée roumaine, elle fut contrainte d’accepter le 6 août, à Bucarest, une paix qui distribuait les forces des anciens alliés de manière à obtenir, dans les Balkans, un équilibre politique stable ; elle perdit ainsi : Silistrie et la

geemaki^mk; en action

Dobroiidja sTir le Daniihe ; au sud, cpite partie de la Macé- ; doine qu’elle revendiquait comaie peuplée de Bulgares; au sud-est J Audrioople, que la Turquie, mettant à profil la discorde de ses ennemis, avait réoccupée presque sans résistance.

Or, cette paix de Bucarest consommait la ruine du rêve austro-hongrois, et par répercussion, des espérances lointaines mais tenaces de rAlleniagne.

Sans doute, la Roumanie, dont le roi était un Hohenzollero et dont la politique avait longtemps gravité dans Torbite de la Triple-Alliance, et la Grèce, dont le jeune souverain était le propre beau-frère de l’empereur Guil- i laurne II, pouvaient passer la première pour favorable aü bloc germanique, Tautre pour indifférente. Mais le grand vainqueur, c'était la Serbie. Et sa victoire ne lui valait pas seulement, dans cette Macédoine qu'avait convoitée la Bulgarie, une compensation territoriale aux sacrifices qu’elle avait faits du côté de l’Adriatique pour éviter un conflit européen. Il en résultait encore, pour le nom serbe, une gloire qui vengeait à la fois des siècles d’opprobres lointains et de récentes humiliations.

Aboli, désormais, le souvenir saignant de Slivioitzal i Vengés les martyrs de la domination turque, dont les crânes entassés en pyramides monstrueuses sur les glacis de Belgrade tournaient obstinément leurs orbites creuses vers un avenir qui ne semblait jamais devoir surgir! Lorsque le voyageur, partant de la capitale héroïque, marcherait vers TOrient, il ne trouverait plus de Serbes j esclaves. La vaillance de ce petit peuple avait fait mentir jusqu'au nom que les barbares lui avaient donné.

Mais ce retour de la fortune était aussi un avertissi^ment pour l’orgue illeux empire des Habsbourg.

Tous les Serbes en effet n’étaient pas réunis à la mère patrie. Plusieurs millions d'entre eux vivaient encore soua une loi étrangère, celle de l’Aiitriche-Hongne* En Bosnie

AUTHICHÜ Et SERBIE

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et en Herzégovine, comme dans une région très étendue rattachée au territoire hongrois, ils formaient la majorité de la population. Doux et soumis, humbles presque, ils n'avaient conservé de leur ancienne nationalité, les uns que la langue et la religion, les autres même que la langue. Agriculteurs ou ouvriers, quelques-uns commerçants ou prolétaires intellectuels, ils paraissaient résigûéSj dans Tensenible et sauf quelques révoltes isolées, à cette administration et à cet ordre autrichiens dont tesprit méthodique et méticuleux se donnait 1 apparence d’une civilisation. Même en 1908, lorsque, violant le traité de Berlin, charte des espérances balkaniques, le vieil empereur François-Joseph avait annexé à son empire la Bosnie et l’Herzégovine, c^est a peine si quelques murmures, partant de lents montagnes, étaient allés se perdre, en ondes souterraines, jusqu'aux plaines hongroises. La résignation qui semblait leur état normal, était rapidement revenue. Eh quoi! La mère patrie, la Serbie libre n'avait-elle pas, elle aussi, toujours pour reculer la redoutable échéance d'un conflit européen, et sur les conseils mêmes venus de Saint-Pétersbourg, accepté le ^fait accompli ? (( La Serbie reconnaît, disait la déclaration faite à rAutriche par le cabinet de Belgrade, qu elle n a pas été atteinte dans ses droits par le fait accompli créé en Bosnie Herzégovine... La Serbie s’engage dès à présent à aban^ donner l’attitude de protestation qu'elle a observée a l’égard de Tannexion di'puis l’aulomne dernier, et elle s’engage en outre à changer le cours de sa politique

actuelle envers l'Autriche-Hongrie pour vivre désormais

avec cette dernière sur le pied d un bon voisinage * » Gomment les Serbes de la Double Monarchie auraient-ils maintenu la protestation qne leurs frères libres laissaient tomber?

D(’claration du SI mars i909.

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