‹ La guerre allemandeChapitre 22 sur 59 · PROGRÈS DU PANGERMANISME · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU PANGERMANISME

Germûnia voit la justification de cette tactique hors de i'empire : « Nous espérons, écrit-elle le ^4 janvier, que la paix intérieure renaîtra, une entente de tous les partis bourgeois apparaissant plus nécessaire que jamais en raison de la situation extérieure. »

La bourgeoisie répond à cet appel. Klle a réfléchi. Miser sur Tidée de la force lui semble de plus en plus une excellente affaire. N"est-ce pas a la cohésion de TEmpire, à Texeniple de méthodique énergie que donnent ses agents au dehors et au dedans, qu*elle doit les profits grandissants du commerce et de Tindustrie. Si elle veut que ces profits, dhin saut brusque et victorieux, atteignent aune hauteur qui soit digne de la vitalité allemande, le culte de Tarinée, symbole et sauvegarde de cette vitalité, doit être servi avant tous les autres cultes. 1871 n*a été qu'un point de départ. Le vingtième siècle doit être celui de la puissance allemande.

Et de fait, le mouvement de Lopin ion suit la direction indiquée. Les élections partielles le prouvent. Partout, a Cologne-Campagne, a M^gdebourgJéricho, à Bonn-Pergau, en Prusse, eu Saxe, les conservateurs gagnent souvent des sièges, des voix toujours, tandis que les socialistes en perdent.

En même temps, les partis pangermanisles, conservateurs et prussiens affirment leur inOuence grandissante par des manifestations répétées. La ic culture » allemande elle-même ne leur suffit plus. C'est a l'idéal prussien qu'ils entendent demander le « ciment » de P Empire. Une nouvelle ligue, le PretiB^i^nbund, sort de cette pensée. Elle tient sa première réunion le 18 janvier, à Berlin, Les discours quon y entend sont sans précédent M. de Heydebrandt, ce même député que le kronpiinz avait applaudi deux ans auparavant au Reichstag, sonne uii étrange cri d'alarme : c( Bien des gens, dit-il, se demandent si le moment n'est pas venu de défendre en Aile-

ALûtK. Agadlr-Sar^evo. 7

DEÜX, Oü TROIS?

magne la Prusse, son esprit, ses manières d'être, St, tout de suite un général, M. de Wrochen, prêche d'exemple : « Le rôle du colonel de Heutter, proclam a été pour tous un réconfort. Il s'est conduit en Prussiaii de vieille rocKe. » « II est nécessaire, ponctue un aiitr« général, d’infuser au sang allemand une bonne dose dt fer prussien. » Tout le inonde devine la fin dernière de cette singulière opération : rhégémonie allemande eu Europe,

La maladresse d'un orateur risque pourtant un moment de compromettre la formation du bloc recberché, Un troisième général, nommé von Kracbt, donne è m prussianisme une forme trop agressive. Il couvre àt quolibets les Bavarois, coupables, dit-il, davoir fui en 1870, a la bataille d'Orléans, (c C’est quand les Prus siens arrivent, s'écrie-t-il, que les Bavarois ont du courage! JJ Les applaudissements qui accueillent cette apostrophe se répercutent dans toute la Prusse soulcvéî d’entbousiasme. Mais ils retentissent aussi, malheureusfr ment pour l'orateur et ses compatriotes, jusqu'en Bavière. Le gouvernenieot et l’opinion à Munich font euteüdtt une protestation indiguée. à laquelle se joint le Wurtenr berg. Les catholiques prussiens élèvent à leur tour h vois en faveur de leurs coreligionnaires de l'Allemagnî du sud contre les luthériens de Prusse. Un moment Tod peut croire que Tunité morale de l'empire pourra ^ trouver compromise.

Mais ce n'est là qu'une alerte. Un lien capable de résistif à!a pression des rivalités intestines et particulariste unit malgré tout les Allemands : l'intérêt. Seul l’Empm est assez fort pour assurer à tous les Allemands, sm distinction de classes on d'origine ff leur place au soleil». La mission de l'armée ne peut être indilférente à aucui d'eux : aux officiers hobereaux, parce qu elle leur appelle grades et honneurs, aux bourgeois pour l’extension ifldé-

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