TOUS IMPÉRIALISTES
finie de leui- bénéfice, aux ouvriers en raison de rélêvation des salaires qu’elle leur promet. La fièvre du militarisme secoue les uns ; l’appétit des jouissances mate'rielies, du confort et des plaisirs allume les convoitises des autres. Au fond, tous sont impérialistes. « Nous sommes aussi de bons Allemands, crient les socialistes du Reichstag au chancelier lors de rinterpellation sur les allaires de Saverne ». Personne ne se trompe sur le sens de cette apostrophe. Entre Allemands, les socialistes distinguent entre eux et les autres. Face à l’étranger, Us ne sont plus qu’Allemands, Leur internationalisme est devenu théorique. En réalité, il s’arrête à la frontière. « En cas de guerre, dira quelques mois après le député socialiste Schulz, les démocrates socialistes ne passeront pas à i’ennenii, et ne tireront pas sur leurs officiers. Ce sont là de folles imaginations... Nous n’avons pas de haine contre la monarchie, pas de haine contre la religion, pas de haine contre l’armée, Tout cela n’est que sot bavardage A » Ce qui n’est point du bavardage, c’est d’assurer un incessant perfectionnement de l’armée. Lorsque défilent les régiments par les rues de la capitale ou des grandes Tilles, à quelque classe qu’ils appartiennent, tous les Allemands se sentent citoyens de l’Empire, tous acclament. Dims les assemblées électives, qu’ils votent ou ne votent point les crédits militaires, tous en leur for intérieur, les approuvent. Ils savent à quoi ils sont destinés et que I heure approche où les sacrifices qu’ils imposent à tous seront remboursés à chacun au centuple.
Mais l’Allemand n’aime pas le risque. Le chancelier l’a dit au Reichstag en 1913 : « Ce qu’il nous faut, c’est la certitude de vaincre. » Or cette certitude, on ne peut l’acquérir qu’à deux conditions : avoir en sa possession un outil de force supérieur à celui de toutes les autres nations;
i- Séance du Reichstag du S mai 1914.
400 DEUX, OV TEOÏS?
surprendre TEurope par la promptitude de Tatiaque, Serrant la thèse de plus près, le général de Falkenhajii, ministre de la Guerre, désigne rennemi à abattre d’abûri par une offë 7 isw& foud 7 ^oy(i'}^t 6 ^ Cet ennemi, cesl la France*. Le général Keiin, président de cette Ligue niili- i taire dont le même général de Falkeohayn. en plek lleichstagi, a approuvé 1 esprit et le but'^, montre la voie à i suivre pour atteindre le résultat désiré : e< Les autorités militaires allemandes ne peuvent, écrit-il, réaliser leur (
principe d*offensive rapide quen renforçant nos aim ]
ments®. » <
Les autorités n attendent pas d^ailleurs les sollicitation i
de la Ligue pour agir. Dès le commencement de Taii^ i
née 1914, elles multiplient leurs efforts : grandes raesam <
d^ensemble, réformes discrètes et d ordre techniquB qui ^
échappent a la fonle, mais dont la portée pratiqu6 fisl s
considérable, elles ne négligent rien de ce qui peut 1
assurer le succès de V « attaque brusquée ». ^
Le réseau des voies fe rrées stratégiques est complété d s mis au point. Le nombre des réservistes qui doit êtw ^ appelé au cours de Lannée passe de 490.000 a 625 000. Ea : s dépit de raugmentatîon des impropres au service, ordit 1 est donné d'accroitre te contingent des recrues. Lk F champs de manœuvres et les camps d^instruction sûiil agrandis. L’adaptation des freins è air comprimé aui c trains de marchandises assurera un énorme progrès de^ e mobilisation. De nouveaux et considérables crédits sori r demandés pour les fortifications de la frontière orientak \