Un mois après seulement, le 30 mars le gouvernement
allemand, reconnaissant ies torts de la police do Cologne, taisait ses excuses à M Sverbcïef, ambassad«ut‘ de hussio à Berlin.
â. Ces dépôts étaient partagés entre les places de Paris et de Berlin. ^ Ils s'élevaient au total, le novembre iSilâ, à environ 8ÛÛ mülloos de roubles. Au 1^^ Janvier 1914, ils n'atteignaient plus que iiü4 mil lions de roubles, dent 431 en France,
L'iinportation des céréales allemandes en Russie s'élevait à â.SiO.Uud quintaux métriques par an. Le droit de douane, voté par la Douma le 9 avril lui 4, était exactement de 3Ü kopecks par pond. Une mesure analogue fut prise au milieu de juin par la Finlande.
l’adversairbi français
croisent avec les attaques des journaux allemands. cieuse Eos^yia réplique, dans une brève note parue le 13 mars et communiquée aux agences, k Taccusation formulée contre ia Russie de préparer la guerre î Le point de vue dynastique, ex posent-elle d'abord, a perdu de son importance dans les rapports entre nations, etsi la Russie arme, elle ne fait qu’user d’un droit dont aucune nation ne s'est jamais engagée à limiter pour elle-même Texercice :
La presse allemande, conclut la Rossyia. ne ferait-elle pas mieux, au lieu de présenter des hypothèses quelconques sur les motifs qui inspirent le gouvernement russe quand il travaille à augmenter et à perfectionner sa puissance mi lit aire* de s'efforcer d'aplanir avantageusement les frictions et les inalentendus qui peuvent toujours surgir entre deux Etats voisins, alors même qu'ils sont unis par des liens d'amitié longuement éprouvés.
Le calme apparent qui se rétablit au mois de juin dans les rapports entre les deux empires n'illusionne que ceux qui s’en tiennent aux signes intérieurs. Non \ Ce n'est point une superficielle fissure qui s'est produite, mais une faille profonde ; et les deux continents qu'elle sépare en les opposant J aucune autre puissance que celle d'un cataclysme ne pourra rétablir entre eux de communication stable.
Le germanisme militant, s'il veut assurer son triomphe, devra donc se mesurer avec la Russie, champion du slavisme. Personne n’en doute en Allemagne, du kaiser au plus humble de ses sujets. Mais si décidé que chacun soit à la lutte, chacun au fond la redoute — d’intermittentes et gauches protestations d amitié le prouvent parce que tout le monde sent bien qu'auec la Russie, VAllemag^ie n'mi aura jamais fmi /
Une seule formule garantirait le salut de l'Allemagne : l’entente avec la France.
Quel rêve 1
DEUX, OU TEOlà?
La France accepterait défiûitÎYement le fait accompli. Non pas seulement le fait de soo désastre du siècle dernier, mais la ff supériorité de puissance » de TAllemagDe qui en est résultée et qui va sans cesse se développant. Elle ne se bornerait pas à reconnaître la suprématie allemande en Europe. Elle se déciderait, dans le monde, à sc soumettre à la loi d'un nouveau code de préséances, La « YÜalité » française, pense-t-ou à Berlin, necomprendrai-elle pas, entin, que son intérêt est de se régénérer à la vitalité germanique? Pourquoi la France s’obstine-t-elle, contre toute logique allemande, à garder, autour du luxueux domaine que la nature lui a donné en Europe, Timmense et « inutile » parc de son domaine colonial?
Guillaume II lui-même ne lui en veut « d*être la Francen que dans la mesure ou elle résiste è rappât germanique. Sans doute, il est résigné, s*il le faut, a la guerre : résigné à rogner une fois de plus son territoire, résigné à lui imposer de contribucr par son or à 1 a prospérité allemande, résigné à la débarrasser de son domaine d'outre-mer. Mais il n'est que résigné. S’il pouvait échapper à Teraprise des partisans de la violence, amener la France à composer avec l'Allemagne ! Un seul risque de guerre menacerait son règne, le risque d'une guerre avec la Russie* Mais alors la victoire allemande ne serait pas seulement ccd taine, elle s'achèterait avec un minimum de sacrifices. La France neutre, ce serait l'assurance de la neutralité anglaise, il n'y aurait, sur la mémoire impériale, que juste ce qu'il faut de souvenir sanglant pour en rehausser la gloire. Loi, il aurait conjuré une fois pour toutes 1& péril russe ; ce serait à ses successeurs de venir à bout de la France et de l'Angleterre,
Ce drame de conscience qui se passe alors dans l’aine de Guillaume II, certes il est impossible d'en établir les phases sur des preuves historiques. Mais il est si vraL semblable î
L INCIDENT WINTEIIFELOT
Tout un passé récent témoigne da rêve de rempereur de se rapprocher de la France : et son empressement, de 1896 k 1900, à porter sa haine de rAngleterre au secours des dissentiments aujourd'hui apaisés entre les deux vieilles nations coloniales ; et son hésitation, en 1905, à débarquer à Tanger pour se conformer aux voeux de ses « coloniaux » ; et Tappui qu'il a donné, en 1909, aux partisans allemands d'nne collaboration économique avec ïa France. N'est-ce pas lui qui toujours réserva aux Français de marque de passage en Allemagne Taccueil le plus cordial, s'efforçant de les convaincre de la nécessité d’n ne entente si profitable a la civilisation ; lui qui, le premier, dans toutes les circonstances qui mettaient la France en deuil, affirma télégraphiquement la sympathie la plus bruyante ? Sans doute, il ne conçoit cette entente qu'à rallemande : une acceptation de suprématie. Mais il n'a CÊi'tainement pas abandonné sa chimère, cette forme intellectuellede l'impossible que les hommes préfèrent si souvent à la réalité*
Il a pu dire au roi des Belges qu’il était prêt à faire la guerre à la France, et il y est prêt en effet. Mais il a parlé, alors, devant son entourage militaire. Il a cédé peut-être plus qu'il n'a commandé* Dans son for intérieur, du moins peut-on le supposer, il revient souvent à sa chimère, il hésite..*
Une série de circonstances curieuses en fournit au moins un commencement de preuve*
A l'automne précédent, le colonel von Winterfeldt, attaché militaire à l’ambassade d'Allemagne à Paris, a été victime d’un grave accident d’automobile au cours des manœuvres de l’armée française dans le midi* Transporté au petit village de Grisolles, dans le département de la Haute-Garonne, il y a été l’objet des soins les plus attentifs de la part des sommités de la science médicale militaire et dviie.La population l’a entouré, non seulement d'égards.
a 2 DEUX, ou TROIS?
mais de prévenances cordiales, et sa longue convalescence s'y achève donceuient dans une tiède atmosphère de sympathie méridionale.
Deux mois après, a Melun, une terrible catastrophe de chemin de fer a coûté la vie à plus de quarante personnes, Quatre Allemands étaient parmi les blesses. Le Président de la République a visité rhôpital, s'est arrêté à leur chevet, et, dans leur langue maternelle, les a consolés et réconfortes.
Dans une partie au moins des sphères officielles, cet incident a conduit à des réflexions d’une bienveillance inconnue depuis longtemps. La mise en liberté d'un aviateur allemand qui a atterri en territoire français produit même une certaine détente, que la Gazette de Cologm enregistre avec satisfaction : « Il faut se réjouir, dit-elle, de la manière simple et dénuée de passion avec laquelle les autorités françaises ont résolu cet incident. Il faul d’ailleurs admirer les soins dévoués que l'on prodigue, à Grisolles, à rattaché militaire allemand ». Et le Teinpi dans un bulletin du 7 octobre qui traduit vraisemblablement rimpressioii de certains milieux français, lui renvoie cet écho : c< Tout le monde lira avec plaisir rarlicle que la Gazette de Colog^ie vient de consacrer aux relations franco-allemandes. La fond en est parfait comme la forme et digne de ce que doivent être, en temps de paix, lej rapports de deux nobles peuples que Thistoire a séparés »,
L'empereur a saisi avec empressement cette occasion de i manifester une reconnaissance au moins apparente. A la ' fin de décembre 1913> il a fait remettre des décorations ^ aux diverses personnalités qui soignèrent M. de Winter- I feldth Au commencement de janvier 1914, le baron de J
L Sous ce titre : Remerciements de l^empereur d Allemagne à h Fra?îce, le Temps publia le 31 décembre 1913 la note suivantes H Lempereur d'Allemagne, désirant reconnaître les soins dévoués