‹ La guerre allemandeChapitre 28 sur 59 · ÉLECTIONS EN FRANGE · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS EN FRANGE

n’est qu’aprÈs de longues et âpres discussions* La délimitation, par exemple, du Congo etdu Cameroun prévue par le traité de 191i, n’a pu être terminée par la commission d'abornage* La mauvaise volonté, du côté allemand, s'épuise et s’exaspère sourdement devant la patience française.

Le temps qui s’écoule ne fait qu’élargir le fossé* Les réflexions de la presse allemande à propos des élections législatives qui ont lieu en France aux mois d’avril et de mai en laissent apparaître la raison profonde et permamente* Certes, TAllemagne, dans son orgueil aveugle, ne redoute pas les armements français, réponse â ses propres armements. Mais elle croit encore, elle veut croire à ia possibilité d’intimider la France, et sa colère transparaît malgré elle lorsque les faits lui donnent un démenti.

A la veille de la consultation populaire en France, la Gazetfe de Francfort se surpasse elle-même en incompréhension : « Le verdict sur la durée du service militaire, écril-elle le 25 avril, est la question décisive* La loi de trois ans est l’œuvre de la réaction qui a réussi à la représenter comme une nécessité patriotique ». Ce verdict populaire n’ouvre d’ailleurs les yeux à personne en Allemagne; la majorité de Lopin ion y reste convaincu, que rintimidation est le seul moyen de « ramener» la France, c’est-à-dire de la détacher de ses alliances et de ses amitiés. Et le parti de k violence, malgré les efforts plus ou moins sincères de quelques personnalités, demeure le maitre de déclancher le courant de haine susceptible de conduire à la ruée d’une nation sur une autrenation. Ce ne sont point de platoniques vœux, comme ceux émis par une conférence interparlementaire franco-allemande, réunie à Bâle à la fin de mai, qui pourront lui opposer, l’heure fatale arrivée, une suffi saute résistance L

L Cette coui'éreace, suite de celle qui se réunit Tannée précédente

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DEUX, OU TROIS

Ainsi, au milieu de 19 !4, la nature des choses avait été plus forte que tous les efforts de la diplomatie allemandi ou que les désirs les plus respectables des humanitaire La France voulait a vivre sa vie nationale. La « pais dans la dignité et l'indépendance » cette formule qu’im pliquait cette volonté, lui interdisait aussi toute intimité avec son absorbant voisin de lest. Si TAllemagne ^ lait, par un coup de force, assurer sa suprématie on Europe, la France ne pourrait pas ne passe dresser devant elle.

Asséner h Tours russe un coup qui le paralysât pour cinquante ans, abattre et dépouiller définitivement I France, en un mot accepter cette lutte sur «c deux fronts devant laquelle elle reculait vingt-cinq ans plus tôt, il n'y avaitpas pour TAIIemagne d'autre moyen d'asseoir Thégémonié qû^elle rêvait. Tout le monde, dans TEmpire, du souverain au plus humble sujet, l'avait compris, le savait, acceptait le risque, parce que tout le monde croyait toute! les chances de victoire du côté allemand.

Mais si un troisième adversaire, TAngleterre, surgissait au moment décisif?

Là était le point d'interrogation le plus angoissant, R cette fameuse et méthodique prévoyance allemande se trouvait en défaut,

La leçon de 1911 n’avait pas été entendue. OiTau tende main du coup d'Agadir, lorsqu’au milieu du mois de juillet, Kideî lemWaechter découvrit brusquement Têtendue ses ambitions coloniales, l’Angleterre se fût rangée résolument aux côtés de la France, PAl le magne n’avait trouvi à cette attitude que des raisons superficielles et passagères. Pour elle TAngieterre avait obéi surtout au désir derfô-

à Beroe, prouva surtout la boaue volonté de certains boaiines d'Ebt français. Ou trouvera le texte du voeu émis par elle dans ie du 31 mai

l'énigmk anglaise

pecter la parole donnée à la France au sujet du Maroc. Le « coup de poing )> sur la table avait été trop violent, la i( compensation » demandée trop volumioeuse. L'honneur avait dicté sa décision au cabinet de Londres. Et la preuve, c’est que tel homme d'Etat angiais, partisan d’uno entente avec rÂllemagne avant 19ii, résolu meut attaché pendant la crise à une intervention en faveur de la France, était revenu ensuite à son opinion première, qui était celle d'ailleurs d*un grand nombre de membres du parti libéral.

Que l’Angleterre pût admettre ce précédent : la France dépouillée de ses colonies à main armée, on n'en doutait pas le moins du monde en Allemagne. Quant à Thégémooie allemande sur TEurope, il suffirait de l'assurer par une vicloire foudroyante pour qu'elle fût acceptée ensuite, boQ gré, mal gré.

Dès la fin de'1911, la diplomatie allemande assigne donc à ses efforts un but modeste mais très précis : nouer et eotretenir avec l'Angle terre des relations qui bercent sa conliance d'iliusions suffisantes pour lui masquer provisoirement les ambitions mondiales de rAllemagne. L'appétit germanique ? Fable 1 L’ogre, certes, demande à vivre, mais il n'entend dévorer personne, et l'Angleterre moins que personne. 11 y a des Anglais qui, avec M. Robert Blatchford, parlent du « danger allemand? » Quelle exagération 1 Comment a-t-on pu écrire que T Allemagne convoite le commerce, les colonies, l’influence et Tempire que la Grande-Bretagne possède actuellement, parce que rAlleniagne ayant défait la France, s’étant reconciliée avec l’Autriche, et n'ayant plus a craindre la Russie avant quelques années, sent que la Grande-Bretagne est son seul adversaire dangereux^?» Oui, comment une telle phrase a-t-elle pu sortir d'une plume britannique ?

1. Le danîger allemandy brochure publiée en 1910 par le leader socialiste anglais Robert Blatciiford»

DEUX, OU TROIS

Sans douto TAlIemagne, depuis vingt ans^ a créé une : flotte qui peut paraitre d'ores et déjà redoutable et, poar ! Tavenir, menaçante. Mais le développement de son coi. merce maritime, ses acquisitions coloniales dispersées dans le monde, la justifient pleinement. Elle doitperséY&. j rer dans cette voie. i

Au début du mois d octobre 1913, M. Winston Churchill dans un discours retentissant, a proposé des (c vacaDcfii 1 i navales » : pendant un an, Allemagne et Angleterre arrê- ] teront leurs constructions respectives. Mais sur ce terrain, J on ne peut aboutir qu'a des discussions et des discussiouj ' ] à la discorde. Un journal allemand a riposté sans ambages i au ministre anglais : « Nous proposons au ministre anglé ] de se taire pendant un an. Si pendant douze mois, il cessait de prononcer des discours sur les armements en mer, I les rapports anglo^allemands deviendraient d'une excep- ^ tionnelle intimité w M. Winston Churchill, cependant, t repris la parole, mais c'est pour dire — un mois après ^ <

que l'Angleterre ii’a pins qu’à suivre « une pûlitiqns ^ navale indépendante jî. Cette fois, le Lohal-Anzeiger i ^ donné la conclusion officieuse allemande de la polémique: î Cf Nous pouvons faire notre une partie du discoun ^ de M. ChurchilL Le gouvernement saisira toute occasioJi ^ favorable pour mettre fin aux armements à outrance, * mais ce qui eU utile doit être faü'^ n. ^

Une interview conciliante de M. Lloyd George, publiée < h la fin de l'année, justifie les espérances allemandes : m ^ accord sur les programmes navals sera d'autant plus aisé < que les rapports seront meilleurs, entre les deux pays, sût ^ l'ensemble des autres questions qui pourraient les diviser. i ^ Or, comme de fait, d'importantes tractations, en coûk ^ depuis Tété dernier, sont en bonne voie d'aboutir, f accod ^

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