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CHAPITRE Vil

LE BÉPI

Quel événement, cependant, pouvait mettre en périlpfe grave la paix de TEarope, gue cette disparition clramatiqm de Théritier de Habsbourg sous la balle d un Serbe?

Aux confins méridionaux de la monarchie, les victoires récentes des Balkaniques préparaient une lente dislocjtion. Faisant sur eux-mêmes une demi-révolution, cenë plus vers le nord que les huit millions de Slaves sujehdi TEmpire austro-hongrois tournaient depuis lors ieuft regards. Belgrade brillait maintenantdansleur nuitcomm un phare d'espérance. Des plus proches au plus éloigoéi tous, pour en apercevoir les lueurs, Lournaient le dosû capitale allemande du Sud* Une faille gigantesque, cntfl' les deux éléments nationaux de la monarchie, peuàpeE béait. Kt ce n'était pas assez qu'un pareil séisme entendre ses premiers craquements ; l’avenir économiqii de rAutriclie-Hongrie dans les Balkans, intimementlléi son prestige et à sa suprématie politiques, s'annon^îll sous des couleurs d'autant plus sombres, que la cÉ chaque jour plus aiguë qui sévissait k Vienne commci ' Budapest ne pouvait que s’aggraver à chaque pas versl> : dépendance des nations slaves échelonnées sur la route d! l’Orient. Le jour ne viendrait-il pas bientôt où ces nations,! soutenues par des forces financières étrangères, non seulement fermeraient leurs propres marchés aux prodtiitî

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i venus des Allemagaes, mais encore iraient disputer leurs positions aux industriels et aux commerçants autrichiens?

Un cataclysme prémédité, une grande guerre extérieure, devait donc nécessairement apparaître à la monarchie des Habsbourg, k ses dirigeants politiques et économiques, comme un des moyens de refondre à nouveau dans un elTroyable creuset les fractions nationales de TEmpire près des& dissocier, comme un des moyens de leur assurer, au dehors, des éléments nouveaux de prospérité et de prépondérance. II faut en finir, il faut sortir de là ! Cette formule était devenue à Vienne, à la fin, le mot d'ordre d'un parti militaire que raccroissement discontinu des armements rendait chaque jour plus puissant, et le cri d’espérance du monde des affaires. Quelle aubaine pour tous les deux que ce drame de Sarajevo qui avait l’air de frapper la majesté impériale à la face î

Quelle aubaine aussi pour TAllemagne !

Au moment précis ou la grande nation slave, la llussie, décidait à organiser sa puissance, mais venait u peine de se mettre k l'œuvre, au moment par conséquent où le germanisme méthodique et ordonné pouvait penser se mesurer encore sans désavantage avec le géant, voici qu'un événement imprévu risquait d'opposer l’empire allié à une petite nation slave î L’occasion n etait-elle point tentante, pourprendreses sûretés d’avenir, d'infligerau slavisme une défaite ou une humiliation dont il ne pourrait plus se relever? Quels appuis le slavisme pourrait-il trouver? La France? Incapable, du fait de son régime, du moins lepensait-on à Berlin, d'une résistance sérieuse, son armée était m pleine transformation- L'Angletere? On venait de conclure, ou on allait conclure avec elle, deux importants accords; et d’ailleurs, en proie elle aussi aux plus graves dissensions intérieures, à la guerre civile presque, il lui faudrait, avant de voir le danger et y parer, un temps assez

LE DEFI

long pour que rAlleiuagne pût mettre ses adversaires hors de combat.

Telles étant les conditions générales de TEnropeaee moment, quelles autres pensées que de violence poiivaiem venir aux éléments agissants du germanisme? L'étonnant eût été au contraire que les pondérés, les pacifiques portassent.

Les premierâ jours do juillet s'éconlèrent, en Allema^t comme en Autriche-Hongrie, dans un calme officiel appj rent, niais au milieu des plus violentes polémiqiiBs ^ presse.

L'enquête sur les circonstances du drame se poursumiL Ministres, fonctionnaires réservaient lenr jugement, otise taisaient. Des notes officieuses annonçaient seulement que Princip et Cabrinovitch avaient fait des aveux, et que de ces aveux, il résultait nettement qu'ils avaient eu descei plices à Belgrade, 11 fallait donc attendre, même pem donner la plus légère indication, que Tinstruction eûlprt cisé l’étendue et la nature de ces complicités. On verrait! ce moment si des indications pourraient être fourniei Jusque-là on ne pouvait rien dire. Le comte Berchtoldqa avait, le'P'’ juillet, un entretien d'une heure avec Terap reur François-Joseph, ne lui avait-il pas, d'après ce q racontait, conseillé d'attendre lui-même, pour publierimi proclamation à ses peuples, les premiers résultats de leuquête?

Le premier mot d’ordre, dans les centres ofliciels, e» donc le silence. Mais rien n'empêche ceux qui ne parkiil pas eux-mêmes de laisser parler. A Budapest et à Vieciifi des bruits courent, dès le juillet, sur des projets d'inter vention militaire en Serbie, sans que rien soit faitpüiir rassurer Topinion. La Nouvelle P7'esse libre, annonçail que le comte BerchLold a eu la veille une entrevue avedî ministre de la Guerre et le chef d'état-major général, ajûûfcj

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