‹ La guerre allemandeChapitre 35 sur 59 · OU · texte numérisé non relu

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que le gouvernement austro-hongrois aurait décidé de demander au gouvernement serbe de poursuivre sur son territoire Fenquête relative à rattentat, « étant donné que les fils du complot conduisent h Belgrade )k Coïncidence curieuse^ c'esl des mômes expressions que le même jour se sert la presse de Berlin, acliarnéo elle aussi dans sa campagne antiserbe. « Les fils de la conjuration, écrit la QüZeUd de la Croix^ conduisent jusqu'à Belgrade. L’iiist€ipÊ des Serbes est une série de régicides et de meurtres sanglants. » De Belgrade, un écho attristé répond avec modération : « La Serbie^ dit une note officieuse, est remplie d'indignation au sujet de Tattentat de Sarajevo et de pesanteurs. Nous pouvons à peine concevoir la possibilité quü la presse allemande puisse inculper la Serbie et Fattaquerpour cet acte inqualifiable d'un jeune homme dune mentalité maladive, d'autant plus que récemment, elle fit de sou mieux pour rendre meilleurs et amicaux les rapports avec la monarchie voisine ^ Le gouvernement royal, en raison des tristes événements de Sarajevo, prendra des mesures envers les éléments sujets à caution qui peuvent se trouver sur son territoire

Cette même bonne volonté attristée se retrouve dans Fattitude officielle du gouvernement serbe. Le même jour, juillet, M. Pachitch écrit à tous les représentants du Roi à l'étranger : « La Serbie a toujours veillé, et depuis les derniers événements elle redoublera de vigilance, sur les éléments anarchistes ; si elle en découvre en Serbie, elle prendra contre eux, avec énergie, les mesures les plus sévères. De plus elle fera tout son devoir, et par tous les moyens en son pouvoir, pour calmer, àFintérieur de ses frontières, les esprits exrUés. Seulement, elle ne peut nullement permettre que la presse austro-hongroise induise

t Allusion aux pourparlers relatifs aux Ghemins de fer Orientaux. Ces pourparlers avaient été Interrompus le 30 juin (Y. plus haut p. ^34).

ALuiTi. Agüdip-Sarajcvo*

LE DEFI

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en erreur Topinion publique en Europe... ' » Cette protestation ne rend-elle point le sonde la sincérité? A supposer même que certains sujets serbes aient prêté la main à la préparation de l’attentat de Sarajevo, quelle autre volonté demander au gouvernement serbe d’exprimer ? D’ailleurs, ce gouvernement ne s’est pas contenté d’une simple inlen-^ tion, il a déposé sur le bureau de la Skoupchtina un pro-i jet de loi sur les anarchistes, et il a donné la preuve qu*j ce n’était point là, dans son esprit, une vaine manifestatioD] qui devait rester sans suite.

Le lendemain 2 juillet, tandis que le train funèbre tranï* porte la dépouille des victimes de Trieste à Vienne, ot apprend que l’empereur Guillaume II, qui avait toul* d’abord décidé d’assister aux funérailles, a renoncé à soi; projet. Le souverain, disent les journaux, souffre d’u lumbago. D’ailleurs, François-Joseph a décidé que lacéréjiionie se déroulerait dans la plus stricte intimité. haines de parti ne connaissent point la trêve du deuilef de la douleur. Les écarts de langage de la presse allemanil^ ne diminuent ni à Berlin, ni à Vienne, ni en Hongrie; « C’en est assez des provocations serbes, dit le journîl Budapest ! que l’on mette fin à la comédie î »

Ces excitations continues [s accompagnent nécessai^, ment de mouvements populaires. Dans la soirée et daosli nuit, à Vienne, des bandes de manifestants viennentjusqaj sous les fenêtres de la légation de Serbie exiger 1 enlèv^j ment du drapeau serbe. M. M. Jovanovitch refuse, elli police doit le protéger. Mais le lendemain les journam viennois, « surtout ceux de la nuance clérico-populaireï, accablent l’honorable diplomate d’invectives, dans sfi articles intitulés : « Les provocations du ministre'' Serbie » -.

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