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LKTTRË DE FRANÇOls-JUSEPH
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glant qui ^ rexistence à i’arrhidiic François-Ferdinand. Mais il parle de ses peuples, non de la nation serbe :
le ^erlig^ d"un petit 7îombre (T/wmniês induits en erreur ne saurait, dit-il, C6pe7idant ébi^anler les lieiis sacrés qui ?ious imissent, moi et mes peuples ; Une peut ülieindre les sentiments d'affection profonde qui ont été mnifestés à nouveau d'une manière si touchante envers ïttoi et envers ma maison 7*égnante depuis des siècles.
Le souverain ne prononce donc aucun ostracisme à Tintmearde son pays* Mais il reste muet sur les répercussions extérieures possibles du drame* Par contre, le même jm, dans un ordre à Parmée et à la flotte, il se complaît au spectacle de sa puissance :
iVoM nous inclinons avec ^nélancolie devant la volonté imiidable du Tout-Puissant qui a exigé une si haute mdime de moi, de mes troupes de teiTe et de mer et de la patrie, Cependant je ne 7"enonce pas à f espoir d'un avenir pmpèi^e, car je suis convaincu que dans toute situation âijflcUe, l'Autriche Hongrie peut compter ptour sa défénse w son armée et sa flotte, inébranlabtement fidèles à leur kvijir^
Ce coup de fanfare de ce vieillard est symptomatique, ll^ra au moins, dans le monde européen, deux milieux, où il est entendu, où on le rapproche des circonstances qui lont amené, de rattitude obstinément réservée du cabinet de Vienne : ce sont les milieux financiers de Vienne et de Het'lb, dont l’émotion se trad uit a la Bourse, et les milieux slaves. La presse de Pétersbourg, dès le premier jour, ne sestpas méprise su rie sens des attaques austrO’allé mandes* Ce même 4 juillet, tandis que François Joseph s'adresse à M armée, tandis qu^on ensevelit dans les caveaux du château d’ArsLetten les corps de François-Ferdinand et de
LE DEFI
la düchesse de Jîohenberg, la presse russe fait entendreiie véhémentes protestations contre ce qu'elle appelle « pogroms antislaves », U faut qu'on sache en Autriclie, avertît le Courrier de Saint-Péte7^sbou7'g, que TopinioD russe suit avec atten tion les événements de Bosnie* Au non de considérations d'humanité, la Russie doit remplir son devoir envers des frères qui se trouvent sous le joug, conseil des ministres russes a eu lieu la veille et, hki qu'il n'ait été suivi d'aucun communiqué explicite^ iUii permis de supposer que le ton de la délibération estea accord avec le ton de la presse*
Le surlendemain 6 Juillet, en effet, M, Sazonof reçoitli comte Czernin, chargé d'affaires d'Au triche‘Moogrie, Celui-ci laisse entendre à son interlocuteur que son gOBvernement sera peut-être obligé de rechercher sur le teni toire serbe les instigateurs do lattentat de Sarajevo.
M. Sazonof interrompt le comte :
— Ne vous engagez pas dans cette voie, conseille-y. Aucun pays plus que la Russie u'a eu à souffrir des atotats préparés en territoire étranger* Avonsmous jamaii prétendu employer contre un pays quelconque les procède dont vos journaux menacent la Serbie ^ ?
Mais est-il pires sourds que ceux qui ne veulent entendre?
Au point oïl en est la polémique germano-slave le b juillet, aux indiscrétions échappées à la presse ouaE agents diplomatiques, on peut légitimement croire que, d’ores et déjà, le gouvernement austro-hongrois a eflïï sage, en présence des premiers résultats obtenus parsoï magistrat instructeur à Sarajevo, l'éventualité dW démarche attentatoire aux droits souverains de la Se# Quel sera Tobjet précis de cette démarche, sa forme. Il but lointain qu'elle poursuivra, aucun de ces points ii'e;!
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peut-âtre encore précisé dans son esprit* Mais il est dans le même état dame que nombre de ses financiers et de ses commerçants. Pour lui, comme pour eux, il faut en finir !
Lû départ de Guillaume 0 pour Kiel et la mer du Nord, ce même jour, 6 juillet, peut-il être considéré comme significatif? Faut-il penser qu’il établit Fabsence de toute velléité d'entente entre les dirigeants de FAllemagne et de FAutriche? Manifestement non. L’empereur allemand^ quelle qüc soit son autorité personnelle, n’est que le premier serviteur de son pays* La polémique engagée par la presse allemande contre le panserbisme, et par-dessus le panserbisme, contre le slavisme, exprime trop bien la pensée profonde de son peuple pour qu'il puisse songer un instant à ia condamner ou à la comprimer. Le pouvoir d’intervenlion de son gouvernement n’est pas beaucoup plus grand* M. de Jagow — comme certains autres de ses collègues — est dans la main des paugermanistes, auxquels i! doit tout, jusqu’à son poste de secrétaire d’État à FOlfice extérieur* Souverain et ministres approuvent donc, d’ores et déjà, du fond du cœur, ie point de vue autrichien tel qu’il commence a se former et à se formuler* L’alliance austro-allemande, dès le début, ne pouvait pas jouer sur un terrain plus favorable. Qu'importe donc que Guillaume II parte ou ne .parte pas le 6 juillet pour sa croisière annuelle? N'auratdl pas de toutes manières, à son retour, le dernier mot ? Ka-l-il point ia conviction, disposant de la force allemande, d’imposer à 1 Europe, le moment venu, la paix allemande ou ia guerre allemande ?
Du départ de Guillaume G, il ne peut donc pas plus être conclu à des dispositions pacifiques de FAlicmagne et de l’Autriche, que du voyage, fixé à la mi-juillet, de M. Poincaré en Russie, à Finsouciance ou à l’abdication delà France* Le destin des nations ne dépend plus uniqueïi^ent, Hnijourd’huî, de la volonté de quelques hommes.
LK mil
Le 7 juiüet, menus événements encadrant un fail çfe grande portée.
Françofs-Josepli, qui a reçu la veille pendant plus d'une heure le comte Berchtold, part à 8 heures du matin pour Ischl. A Salzbourg, le président de la Chambre autrlchienne des députés, se répand en violents reprocher contre la France et ses publicistes ^ il faut, ajoute-yi comiquement boycotter la langue française, qui n’est uns langue mondiale que grâce h une vieille convention, M. Schébéko, ambassadeur de Rassie, rend visite au comle Berchtold. A Berne, le président de la Confédération bel vétiqua reçoit ofïlciellement le roi des Belges^
A onze heures du matin un conseil des ministres coüi. muns austrO“îiongroîs se tient à Vienne. Il prend fm seule, ment à 6 heures du soir. Ouelles délibérations a4-il arrêtées? Un communiqué ofïiciel prétend en informer]; public en ces termes :
Le Conseil des ministres communs a été réuni pour délibérer sur las mesures qui doivent être prises rôJativement à raduiinistraiîiw intérieure do la Büsniedlerzégovine. U a saisi celte occasion île sheeuper des grandes lignes du budget commun do l'année ptfr chai ne. en vue duquel il a convoqué, pour rexplicetion de quelqae« questions techniques, le chef d’état-major et lo représentant io commandant de la mai ine.
Sans doute, il convient d'éviter le ridicule de prédire èè passé ; éclairé h la lumière des événements qui suivireul, ce communiqué prend un relief qu'il est trop facile de faire apparaitre. Mais, même le jour de sa publicalioiir les circonstances qui Font précédé, les indiscrétions et b violences de la presse, ne lui donnent-ils pas déjà un sens suffisamment menaçant? II est question depuis plusieui^ jours d'une démarche à Belgrade, les journaux vieoDOh et allemands y reviennent, et les ministres communs cou- Toquent le? chefs de Farmée et de la marine ! Ou’est-ceà
A l&CHL
dire, sinon que (a démarche envisagée peut nécessitemne intervenlion militaire?
Corncidenees à retenir : à partir du 8 juillet, et pendant quelques jours, tandis que des conférences qu'on devine décisives vont se multiplier entre ministres ou hommes d’ÉLat, c’est la presse autrichienne qui donnera Texemple d’uûc modération relative, ce sont les journaux allemands, même ceux hahituellement le mieux in formés, qui partirûDt en campagne avec te pins de violence.
Le calendrier de la polémique vérifie cette observation. Le 8 juillet, séance d’interpellation h la Chambre hongroise. Le comte Tisza s'y exprime avec une mesure et une pûûdération qui étonne même les milieux viennois. Le germanophileetgénéraleineot bien informé, fait écho au ministre hongrois: « 11 ne sera demandé, écrit-il, au gouvernement serbe rien qui puisse affecter raiïiour-propre national ni les intérêts primordiaux du pays, mais on n'oubliera pas de signaler à son gouvernenoent qu’il y a dans le pays des rongeurs qui sont le véhicule de gei'raes empoisonnés, et qui franchissent la frontière pont' propager la mort dans la monarchie ». A Berlin, le zèle serliophobe gagne la police, qui opère une perquisition, d’ailleurâ infructueuse, dans un club d’étudiants serbes.
Le 9 juillet, le comte Berchtold se rend à Ischl auprès de l’empereur François-Joseph, dont il a une audience d’une heure et demie. Point de commentaires dans les journaux ofricieux viennois. Quelle décision a-t on prise? Ena-hon même pris une? Personne ne pourrait encore le dire avec certitude; mais Ton peut supposer que le point de vue austro-hongrois ayant été flxé dans ses grandes lignes, on attend seulement des résultats « meilleurs ou plus complets » de l’enquête de Sarajevo. C est ce que ailleurs, dans une note plus violemment haineuse, le Lofî;al”À7iZâiger laisse entendre ie même jour :
LK DEIi’t
«Jusqu'à ce que cette enquête soit terminée et qu'elle aj[ apporté la preuve que des personnalités privées ou des personnages ofïîciels serbes ont été les instigateurs de Tattentat, il convient d'accepter avec réserve toutes b nouvelles relatives à des mesures prises par la monarchie dualiste. On ne peut donc que se féliciter de voir le gouvernement austro-hongrois attendre avec calme les résultat de Tenquête »,
0 rattendait avec d'autant plus de calme qu'il prenail en môme temps d'importantes mesures militaires surli frontière serbe. Les troupes qui avaient manœuvré « Bosnie quelques jours auparavant y formaient le nop d'une véritable concentration de forces nouvelles, h garnisons des villes et frontières étaient doublées.,.
Le 10 juillet, la Diète de Bosnie est prorogée. Les déâ sions principales des ministres communs, approuvées Ja veille par François-Joseph dans son entretien avec le comte Berchtold, filtrent dans la presse avec précisiûL Elles comportent des mesures d'une rigueur inconone jusqu'alors, destinées à arrêter « la propagande sertei dans les provinces annexées, et une démarche à Belgrade, dont on n'indique pas le détail, mais dont le but appaiiit nettement: « L’enquête de Sarajevo, dit la Nene fm Presse dans un article qu'il est impossible de ne pasrafH peler, indique des complicités à Belgrade et compromel même certains milieux militaires serbes. Son résultat sera officiellemeiit publié la semaine prochaine et aussitil communiqué à Belgrade, avec prière h la Serbie de conlinuer l’enquête sur son territoire, de chdtier ies coupabb et de donner des garanties qu'à l'avenir les relalioii! entre les deux États voisins ne seront plus troublées pw f agitation pan serbe. Les diplomates n'auront, cet ë encore, pas de vacances,,, » Un autre journal, le DetUsek Volksblalt, précise même que le cabinet de Vienne exigera que î'enqmHc « soit poursuivie à Belgrade/wr
COMtJLlüITE
des fonclionnaires de la police austro-hongroise ^
Quoi qu'on pense de la valeur historique des informa^ tions de presse, il est donc impossible de ne pas retenir comme un ensemble de témoignages précis et concordants sur les intentions du gouvernement austro-hongrois ks indications publiées par les journaux de là Double-Monarchie- A celte date du 10 juillet, la décision des hommes d'Etat de Vienne et Budapest est prise, et elle a Tapprobatioa du souverain : rAutrlche-Hongrieexigera delaSerbie un geste humiliant pour ses droits souverains,
A ce moment aussi, tandis qu’une courte trêve s'observe dans lapresse, tandis que meurt h Belgrade M. dellartwig, ministre de Russie, le gouvernement austro-hongrois prend contact intime avec le gouvernement allemand, 11 lui communique les premiers résultats de Tenquête, lui fait part de ses intentions: cf Le gouvernement impérial el royal, dit le Lim^e Blaric, nous avisait de ces machinations ('paoserbes) et nous demandait notre avis. De tout notre cœur, nous pouvions dire à notre alliée que nous partagions sa manière de voir et rassurer qu'une action, qn'elle jugeait nécessaire pour mettre fin en Serbie à Tagi-
b II n'cst que juste d'ajouter qu'un journal viennois, la ZeiL pablia ce jour, 10 juillet, un article d'une modération remarquable ; f 0 n'y avait contre la Serbie que deux griefs : l'importation do bombes et l'enlhousiasrae pour i'idée panserbe, ICn ce qui concerne b bottibe. venue on efïet de Belgrade, ce n'est pas elle qui a tué 1 archiduc, mais la balle d’un brownings arme autrichienne importée de Belgique. Quant à Tidée panserbe, on ne Ja supprimerait pas en supprimant tontes les associations qui la propagent. Une démarçhc diplomaUque no peut supprimer le panserbisme, non plus que le pangermanisme ou Je panslavisme. D'ailleurs l'idée panserbe n'est criminelle qu'en Autriche, où elle prépare une diminution de TElat, ne l'est pas en Serbie, où elle prépare son agrandissement. Le seul crime est la propagande par le fait, ranarebisrae, qu'ii vise un but national ou un but sociul* et le devoir de la Serbie est de le combattre de toutes ses forces Mais l’cxemplo dû F Italie montre le sticcès incertain de la répression, Protcgeoris-nous donenous-mémos, non avec une inutile fie marche diplomatique, mais avec une bonne lMj[[itr|ne des uatîonairtés et avec une poLcc active et vîgifanlr. »
LE DEEI
tation dirigée contre l’existence delà Monaî^chie, aurait toutes nos sympathies. Nous avions conscience que des ^ actes d'hostilité éventuels de TAutriche-Hongrie contre ta Serbie pourraient mettre en scène la Russie, et nou^ entraîner dans une guerre de concert avec notre alliée; mais nous ne pouvions, sachant que les intérêts vitaux de rAutrichô-Hougrie étaient en jeu, ni conseiller à notre alliée une condescendance incompatible avec sa dignité, ni lui refuser notre appui dans ce moment difïicile. » ^ Et comme pour dater avec plus de précision cette approba- i tion, le document allemand ajoute quelques lignes plus loin: « Nous LLissâmes, par conséquent, l’Autriche entière- ; ment libre d agir à sa guise contre la Serbie ». Le rédacteur ^ a beau conclure: (c Ainsi, nous n’avons pris aucune part aux préliminaires il n’en établit que plus Forte ment la complicité initiale de rAIiemagne dans la politique de , violence adoptée par rAuLriche-Hougrie contre ia Serbie,
Il n'est donc guère permis de douter que ce soit vers le 10 juillet, c’est-à-dire quelques jours après le départ de * Guillaume ü pour sa croisière dans la mer du Nord, que l’accord de principe s’est établi entre Vienne et BcrÜD, ; L’empereur allemand — qui pouvait d’ailleurs se maintenir { en contact avec son chancelier — eût-il été présent dans sa capitale, que lasolution n'eût pas été différente. Gomme ■ le montre très bien le Liwe Tattitude , prise par '
l’Autricbe-Hongrie ne pouvait pas ne pas avoir Tapprobation de sou alliée. Wicux : il n’y avait plus dès lors, ni Allemagne, ni Autriche-Hongrie, mais un bloc germanique f qui se dressait cousciemmeot et méthodiquement contre -|fe'
le bloc slave, *
il ne reste donc qu’à savoir quand et comment l’accord R