‹ La guerre allemandeChapitre 41 sur 59 · EXIGENCES · texte numérisé non relu

EXIGENCES

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foires qui en font piirtie, et qu’il s’engage à supprimer, par tous les moyens, cotte propagande criminelle et terroriste.

Afin de donner un caractère sol.-mtel à cet cagagenient le GouvomemenL royal de rierbie fora publier à la première page du km-nal officiel en date du 13/âG juillet l’énonciation suivante :

Le Goueernemenl royal de Serbie condamjie la propagande dirigée contre l’Autviche-Hongrie, cest-à-dire Vensenble des tolérances que espinnt en dernier lieu à détacher de la Monarchie auslro-hongroisi des territoires gui en font partie, et U déplore sincèrement les conséquences funestes de ces agissements criminels.

Le Gouvemiement royal regrette que des officiers el fonctionnaires serbes aient participé à la propagande susmentionnée et compromis par la les relations de bon voisinage auquel te Gouvernement royal Mail solennellement engage' par ses déclaralions du 31 mars 1909

Le Gouvernement royal, gui désapprouve el répudie toute idée ou tsmtive d immis^hon dans les destinées des habitanis de gueigue partie de l Autriche-Hongrie que ce soit, corastofêrc de son devoir domiir formellement les offfiders. les fonctiormaires et toute la population du royaume que dorénavant ilprocédei'aavec ta dernière ngueur contre les personnes qui se rendraient coupables de pareils ogmements, agissements gu-ü mettra tous ses efforts à prévenir el à ïépnmer.

. Cette énonciation sera portée simultanément à la connaissance de 1 aimée royale par un ordre du jour de Sa Majesté le Roi et sera publiée dans le BuUelin officiel de l'armée.

Le Gouvernement royal serbe s’engage en outre '

KA supprimer toute publication qui e.vcite à'la haine et au mépris de la Monarchie, et dont la tendance générale est dirigée conlrc son intégrité territoriale ; °

2" A dissoudre immédiatement la Société dite « Karodna Odbrana « ti confisquer tous ses moyens do propagande, et à procéder de là meme manière contre les autres sociétés et affiliations en Serbie qm s adonnent a la propagande contre la Monarchie austro-hon- PWBÇ ; le Gouvernement royal prendra les mesures nécessaires pour que les sociétés dissoutes ne puissent pas continuer leur activité SÜ13S un autre nom et sous une autre forme ;

3" A éliminer sans délai de l'instruction publique en Serbie, tant Liim innl I® enseignant que les moyens d’instruc-

«uTrirS^"

A éloigner du service riiilitaire et de l’administration on générai

LE DEri

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tous les officiers et fonetio nu aires coupables do la propagande contre la Monarchie austro-hongroise et dont le Gouvernement impérial et royal se réserve de communiquer les noms et les Ms au Gouvernement royal ;

A accepter la collaboration en Serbie des organes du Gouver* nement impérial et royal dans la suppression du mouvement sub. versïf dirigé contre Tintrégrité territoriale de ia Monarcliie;

6* A ouvrir une enquête judiciaire contre les partisans du complot du juin se trouvant sur territoire serve ; des organes déléguà par le Gouvernement impérial et royal prendront part auv rcchcrclics y relatives i

7* A procéder d'urgence à Tarrestation du commandant Yoîja Tankosic et du nommé Milan Giganovic^ employé de TEtat serbe, compromis par les résultats de rinstruction de Sarajevo ;

8° A empêcher, par des mesures efficaces, le concours des autorités serbes dans le trafic illicite d'armes et d'explosifs à travers ia frontière ;

A licencier et punir sévèrement les fonctionnaires du serviiîi!frontière de Sehabatz et de Loznica coupables d'avoir aidé les auteurs du crime de Sarajevo en leur facilitant le passage de la frontière;

9® A donner au Gouvernement impérial et royal des expricatiems sur les propos injustifiables de hauts fonctionnaires serbes tant en Serbie qu'à l’etranger qui, malgré leur position officielle, iront m hésité après T attentat du 28 juin de s'exprimer dans des interviews d^une manière hostile envers la Monarchie austro-hongroise. Enlin,

10* D’avertir, sans retard, le Gouvernement impérial et royal de l’exécution di's mesures comprises dans les points précédents.

Le Gouvernement impérial et royal attend la réponse duGouver nement royal au plus tard jusqu'au samedi 25 de ce mois è heures du soirL

Un mémoire concernant les résultats do l instruction de Sarajevo

i. L’ambassadeur d’Aiitricho-lIongrie a adressé au ministre Affaires étrangères, par lettre particulière, la rectUicaiion suivante, dans la journée du 2i juillet : « Dans la copie de la dépêche quej'ÿ eu rhonneur de remettre ce matin à Votre Excellence, il était dÜ que mon Gouvernement attendait la réponse du Cabinet de Belgrade au plus tard jusqu'au samedi 25 de ce mois à cinq heures du soir. Notre ministre à Belgrade n’ayant remis sa note hier qu à 5 rT:t: heiir^ du soir, le délai pour la réponse se trouve prorogé de ce fait jusciua demain samedi six heures du soir*

« J’ai cru de mon devoir d'informer Votre Excellence de çdl« légère modification dans l'expiration du délai fixé pour la réponst du Gouvernement serbe. )> (Note insérée au fAvre Jaune.)

UN lÜ&TOKTOUE tSi

ji I c-^ürd des lüJiüliuDJiiLircs îwcütionués aux poinls 7 oi S est annexe à tîctte note.

J^ai l'tmnrier d^inviIer Votre Excellenee de vouloir bien porter le contenu de cette note à la connaissance du Gouvernement aupri^s duquel vous êtes accrédit^î, en accoiupugnant celte communication (lu commentaire que voici :

Le 3i mars d9û9 le Gouvernement royal serbe a adresse à LAu- Èriciie-llengrie la déclaration dont le texte est reproduit ci-dessus.

Le lendemain môme de cette déclaration^ la Serbie s^est engagée dans une politique tendant à inspirer des idées subversives aux ressortissants serbes de la Monarchie au s tro-hongroise et à préparer ainsi la séparation des territoires austro-hongrois, limitrophes k la Serbie.

La Serbie devint le foyer d'une agitation criminelle ;

Des sociétés et afûliations no tardèrent pas à se former qui, soit ouvertement, soit clandestinement, étaiont destinées à créer des désordres sur le territoire austro-hongrois. Ces sociétés et affiliations comptent parmi leurs membres dos généraux et des diplomates, des fonctionnaires d’Etat et des juges, bref, les sommités du mande officiel et inollEîciel du royaume.

Le journalisme serbe est presque entièrement au service de cette propagande, dirigée contre T Au triche-Hongrie, et pas un jour m passe sans que les organes de la presse serbe n'oxcitent leurs lecteurs à la haine et au mépris de la Monarchie voisine ou à des attentats diriges plus ou moins ouvertement contre sa sûreté et son intégrité.

Un grand nombre d^agents est appelé à soutenir par tous les ïiieyens 1 agitation contre FAutriebe-Hongrie ot à corrompre dans les provinces limitrophes la jeunesse de ces pays.

L esprit conspii'ateur des politiciens serbes, esprit dont les annales du royaume portent les sanglantes empreintes, a subi une recrudoscence depuis la dernière crise balkanique ; des individus ayant fait pirtie des bandes jusque-là occupées en Macédoine sont venus se mettre à la disposition de la propagande terroriste contre l'Autriche- Hongrie,

En présence de ces agissements auxquels FAutriche-Hongne est &ïpûsée depuis des annéele Gouvernement de la Serbie n'a pas cm devoir prendre la moindre mesure. C’est ainsi que lo Gouvernement serbe a manqué au devoir que lui imposait la déclaration solennelle du 31 mars 1ÛÛ9. et c’est ainsi qu'il s’est mis en contradiction avec la volonté de FEupopo et avec rengagement qu’il avait pris vis-à-vis de F Au triche-Hongrie.

La longanimité du Gouvernement impérial et royal 4 F égard de

LK DÉFI

l’attitude provocatrice do la Serbie était inspirée du désiatêressemoïit territorial de la Monarchie austro-hongroise et de Tespoir que le Gouverne ment serbe finirait tout de même par apprécier à fea juste valeur ramitié de T Au triche-Hongrie. En observant une atti* tude bienveillante pour los Inléréts politiques de la Serbie, ie Gon, vernement impérial et royal espérait que le royaume se déciderait finalement k suivre de son côté une ligne do conduite analogue. I/Autricho-Hougrie s'attendait surtout à une pareille évolution dans les Idées politiques en Serbie, lorsque, après les événements de l’année 191S, le Gouvernement impérial et royal rendit possible, par une attitude désintéressée et sans rancune, l agrandissément si considérable de la Serbie.

Cette bienvelllanco manifestée par fAutricho-Hongrie à l’égard do EEtat voisin n"a cependant aucunement modifié les procédés du royaume. i|ul a continué à tolérer sur son territoire une propa' gande dont ios funestes conséquences se sont manifestées au monde entier le 28 juin dernierj jour oü riiéritier présomptif do la Monarebio et son illusti'e épouse devinrent les victimes d’un complot tramé à Belgrade.

En présence de cet état do choses^ le Gouvernement impérial et royal a dû so décider à entreprendre de nouvelles et pressantes démarches à Belgrade afin d’amener le Gouvernement serbe 4 arrêler le rnouvetnent incendiaire menaçant la sûreté et fintégrité de la Monarctiio austro-hongroise.

Le Gouvernement impérial et royal est persuadé qu’en entreprenant cette démarche, il so trouve en plein accord avec les sentiments de toutes les nations civilisées qui ne sauraient admettre que le régicide devînt une arme dont on puisse se servir Impunément dans la lutte politique, et que la paix: européenne fût ccatinucllement troublée par les agissements parlant de Belgrade.

G est à Tappui de ce qui précède que le Gouvernement impêriol et royal tient à la disposition du Gouvernement de la RéptibÜqiB française un dossier élucidant les menées serbes et les rapports existant entre ces menées et le meurtre du 28 Juin.

Une communication Identique est adressée aux représentants impériau.x ot royaux auprès des autres Puissances si g natal l’es.

\üus êtes autorisé de laisser une copie de cette dépêche entre les mains de M. le ministre des AÛaires éti^angères.

A cet Hltimatiim est joint, en annexe, l’analyse de l’information judiciaire qui lui a servi de base :

INJURIEUX Dïh.Aï

Gmvillü Pdndp et consorts du chef d'assassinat et de coinpliché y relative, crime commis pai^ euK le SS juin dernier, a jusqu'ici abouti auî constatations suivantes :

i<i Le complot ayant pour but d’assassiner, lors de son séjour à SiiajCYû, forchiduc François-Ferdinand fut formé à Belgrade par Gravilla Prinuip, Nedetjko Gabrinovic, le nommé Milan Ciganovic et Trifko Grabez avec le concours du commandant Yoija Tankosic, ge Les six bombes et les quatre pistolets Browning avec munitions, moyennant lesquels les mallaiteurs ont commis l’attentat, Mrent livrés à Belgrade à Princip, Cabrinovic et Grabez par le nommé Milan Ciganovic et le commandant Yoija Tankosîc*

3“ Les bombes sont des grenades à main provenant du dépôt d'armes de l’armée serbe à Kragujevaks.

Pour assurer la réussite de rattentat, Ciganovic enseigna à Priûcip, Cabrinovic et Grabez la manière de se servir des grenades et donna, dans une forêt près du champ de tir à Topschider, des leçons de tir avec pistolets Browning a Princip et à Grabez.

5“ Pour rendre possible à Princip, Cabrinovic et Grabez de passer la frontière de B os nie-Herzégovine et d*y introduire clandestinoment leur contrebande d’armes, un système de transport secret fut organisé par Ciganovic.

D'après cette organisation, l'introduction en Bosnie-Herzégovine des muifditeurs et de leurs armes fut opérée par les cap dainesfrontières de Sabac |Popovic) et de Loznica, ainsi que par le douanier Rudivoj Grbic de Loznica, avec le concours de divers particuliers.

Même eo teaaat pour établis ces résultats de riustmetion criminelle autrichienne^ c'est-à-dire, en définitive, la complicité isolée de quelques fonctionnaires subalternes serbes dans l'attentat de Sarajevo, les termes de Tuitimatiim apparaissent immédiatement comme une monstruosité juridique et diplomatique.

loutes les formes de l'injure s’y trouvent rassemblées : le ton de la rédaction, Tensemble des demandes qui tendent à imposer à la Serbie une diminution de sa souveraineté, 1 exiguïté du délai accordé pour ia réponse. Encore linsuffisance de ce délai se trouve-belle aggravée du fait qae 1 ultimatum lui-même n'est communiqué aux chancelleries que le lendemain 24 Juillet et qu'ainsi, en fait, la

Serbie n’a qu'un jour franc pour consulter ses amis, délibérer et répondre.

En d*aiitreâ termes, la Serbie est placée dans Talterm^ tivcd^accepter ouune rupture avec rAiitriche, avec toutes

les conséquences que cette rupture pourra comporter pour

elle-même et pour TEurope, ou la déchéance irrérné* diable.

Il n y a donc plus moyen de sc méprendre sur le sens de ruUimatum austro-hongrois : Je cabinet de Vienne, qui ne peut ignorer que la Russie ne laissera ni humilier ni écraser la Serbie, n'a envisagé qu'une issue à la situation dont il est ainsi rauteiir : la guerre. Et cette tragique solution, ce n est qu’avec Tapprobation de rAIÎemagne, son alliée contre la Russie, qu'il a pu Taccepter.

DÈS le lendemain, en effet, de la remise de rultimatum à Belgrade, le 24 juillet, c'est-a-dire dans un délai que le plus vulgaire bon sens se refuse à estimer suffisant pour que TAotriche-Hongrie et l'Allemagne prennent les dispositions diplomatiques et militaires appropriées à la situation en face de laquelle elles placent l'Europe, les représentants des deux empires alliés sont déjà en possession du texte des déclarations qu'ils doivent faire aux gouç^cr* nements auprès desquels ils sont accrédités. Ces déclarations ne font que reprendre la thèse qu'on a lu pJasieufs jours auparavant dans tous les journaux autrichiens et allemands : le différend doit être locüli&é à l'Autriche- Hongrie et à la Serbie.

De fait, ce 24 juillet, à cinq heures après midi, M. de Schœn, ambassadeur d'Allemagne à Paris, se rend Jiu qnai d Orsay, où M. Bienvenu-Martin remplace M. Viviani, et, devant M. Berthelot, directeur par intérim des affaii^ politiques, lit une note verbale, dont il refuse de laisser copie, et dont la longueur et les termes, mûrement pesés, interdisent de penser qu'elle a pu être improvisée et arrêtée en quelques heures. Le gouvernement allemand y ;

LE [TIÛTECTEIJK ïîUSSE

ipprcnd et y adopte tous les grlets de l’Auttiche-Ilongrie contre la Serbie, et approuve h Tavance le goaveruement austro-hongrois dans le ehoix des moyens auxquels il croira pouvoir s'arrêter pour exercer sur le gouverne^ ment serbe telle pression qu“il jugera utile à ses intérêts.

Et pour qu'il n’y ait aucune équivoque sur Eattitucle de J^tllemagne, M. de Schœn attire raiteniion particulière du ministre sur les deux derniers paragraphes de sa note, paragraphes dontM. Dienvenu-Martiu copie littéralement le texte :

Le gouüernement allemand, dU-ü, estime que la question actuelle est une affaire à régler exclusivement e 7 ii 7 *e l\iutriche-H07igrie et la Sei'bie^et ciue les puissances ont k plus sérieux intérêt à la reslremdre aux deux parties intéressées.

Le gouverneme7it allemand désire ardemment que le mnlUtsoil localisé, toute mterveiition d’une autre puismice devant, pa?' te ]eu 7iaturel des alliances, pi^ovoquer des conséqiùsnces incalciùlables

Ainsi, le 24 juillet enfinj la situation est « éclaircie » autant qu’on peut le désirer.

L'A ut riche-Hongrie est résolue à écraser la Serbie ou à la réduire en vasselage ; rAllemagne signifie à l’Europe sa volonté : ou l'Europe laissera faire, ou l’Europe, c’est-àdire la Russie et toutes les puissances qui se rangeront aux côtés de la Russie, trouveront rAllemagne, avec l Autriche son alliée, devant elles.

Or, sur ^attitude de la Russie, personne ne peut se tromper : sa tradition historique, ses intérêts vitaux actuels répondent d’elle, et M. Sazonof, son ministre des Affaires étrangères pourra dire un jour sans réticences :

^ U est clair que la domination autrichienne de la Serbie

i. fiüj'è Jaune, pièce u'^ 28.

LB DÉFI

esL aussi intolérable pour la Russie qm îe serait la |ii nation allemande des Pays-Bas pour TAngleterre, En fait | d c'est pour la Russie une question de rie ou de mort ». ' f La formule diplomatique dans laquelle rAllemagne el e rAutriche-Hongrie ont résumé ia situation ressemble donc ti h une équation où le signe : iocalisation du conflit^ placé j ii dans le premier terme, appelle nécessairement, dans le ^ qdeuxième terme, cei autre signe : gue7Tâ. Pour faire dis- a paraître celui-ci, il faudrait supprimer ceiuLlà, * gj

Une stupeur sans précédent, tel est le sentiment daa& lequel fut unanimement accueilli rultimaLum autrichia

A Londres, sir Edward Grej, dans cette forme mesurée mais nette qui est dans le tempérament anglais, s'en explique avec le comte Mensdorff, ambassadeur austrohongrois : c( Dans la conversation qui suivit, avec Son Excellence, mande-t-il, j'ai remarqué qu'il me paraissait être très regrettable qu'on ait Insisté sur une limite de temps, et sur une limite si courte, au point où Ton en était. L'assassinat de 1 archiduc et quelques-unes des circonstances concernant la Serbie, citées dans la note, inspiraient de la sympathie pour rAutriche, et ce n'était que naturel ; mais en même temps, je n'avais jamais vu auparavant un État adresser h un autre État indépendant ub doGunient aussi formidable. La demande n“ o serait à peine compatible avec le maintien de la souveraineté indépendante de îa Serbie si elle voulait dire, comme cela paraissait possible, que l'Autriche-Hongrie devrait être investie du droit do nommer des fonctionnaires qui exerceraient de ] autorité au dedans des frontières de 1 a S erbie^. »

Le secrétaire d'État anglais ajoute d'ailleurs qu'il s occupe de la question, non au point de vue du fond à

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L VoTrespondünce du Goui)e}'Heme7it bj'Uanniquûj pièce

AnnUMENTS PACIFIQUES

la dispute entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie^ mais [fans l’intérêt de la paix européenne.

M. JnlesCambon, à Berlin, au nom de la France, présente en termes plus enveloppants à M. de Jagow des observa- [ions non moins embarrasssantes. La question du délai imparti à la Serbie lui paraît, comme à sir Edward, capitaie, cc Je ne doute pas, dit-il, que la Russie fasse efTort auprès du cabinet de Belgrade pour ramener aux concessions acceptables; mais ce qu'on demande à Tun, pouripioi ne pas le demander à Tautre ; et si l'on compte que às conseils seront donnés à Belgrade, n*est-il pas légitime décompter que, d’un autre côté, des conseils seront aussi donnés à Vienne î ^ »

A Saint-Pétersbourg, on n'est ni moins résolu ni moins coûciliant. L'opinion publique ne tolérerait pas que le gouvernement laissât écraser la Serbie, mais on est prêt U tout tenter pour amener le cabinet de Belgrade a l'extrême limite des concessions, et par conséquent pour maintenir la paix ^

Une quatrième puissance, l'Italie, est disposée, elle ; aussi, à joindre ses efforts désintéressés aux efforts de la Triple-Entente. On ne lui a point communiqué, avant de le remettre à sa destination, le texte de rultimatum, car si on le lui avait communiqué elle ne Taurait vraisemblablement pas approuvé® : Faction de l'Autriche, comme au 19 octobre 1913, est en contradiction avec les accords qui ia lient à Tltalie. Mais il n'est pas douteux que l'inlluence italienne ne saurait s'exercer que dans un sens modérateur. Toutes ces bonnes volontés pourraient donc obtenir un premier et heureux résultat : une prolongation du délai fixé par Tultimatum austro-hongrois.

i Livre Jaune, pièce n* 3Ü.

1 îbid., pièce 38.

S. IhûL, pièce n® 36.

LE DÉl'f

La raideur de J’aLtiLude allcomnde paralyse dès l'originJ tous les efTorts, M. de Jagow insiste toujours auprès 41 M. J. Cambou sur la nécessité de localiser le confüt^tel prince Lichnowskj, ambassadeur d'Allemagne à Londred demande môme à sir Edward Grey d’user de son iufliiencej

a Saint-Pétersbourg pour y conseUler T abstention,]

Qu’esbee à dire, sinon que, malgré les protestations conciliantes, on entend à Berlin ne rien concilier? Le point de vue allemand, ou les plus graves complications, onn’j connaît point d’autre terme h ralternative en face k laquelle on place TEiirope. Quant k obtenir une prolonsïlion de délai, y peut-on songer? A Berlin, on ne promet qu'une chose : on en transmettra la demande, mi, bappuyer. A Vienne, on la reçoit, mais en la repoussaiit, S’il y avait un doute sur les intentions du bloc austn^ allemand, rofficieux Berliner se chai^e-î

raitdele dissiper : cf Cette note (Imltimatum), écritdl, esii une gifle pour la Serbie qui doit, aujourd'hui, payerles fautes du passé* Si elle refuse de se soumettre, les fusIJs aiitro-hongrois vont entrer en action, ces fusils qui, tant de fois, ont été chargés et durent être déchargés sans avoir fait feu* Le gouvernement serbe va peut-être, avants prendre une décision, s'adresser à SainLPétersbourgf Paris, Bucarest et Athènes. Gela ne servira de rien, h

gouvernement austro-hongrois sait ce qu'il veut et n

reculera devant aucune considération.

A la surprise générale, la réponse de la Serbie, lemisele ! 25 juillet, à 5 b* 45 après-midi, contenait une acceptaliOB ' intégrale des demandes austro-hongroises.

Le gouvernement serbe acceptait de faire la déclarato solennelle qui était exigée de lui et de l'insérer dans soi Joimial officiel; de dissoudre la Narod^ia OclbranuH toutes les sociétés analogues de propagande ; de prends • contre les fonctionnaires serbes qui lui étaient désignés.^

LA HKFONSE SKUBK

par la note austro-hongroise toutes les mesures indiquées, même k admettre en principe des fonctiODiiaires austro- ]]ongrois à participer à Tenquéte sur les complicités qu’avaient pu trouver eu Serbie les auteurs de Tattentat de Sarajevo...

Sur cette participation, il ne fait, aux articles b et 6, que deux réserves, mais combien légères : la collaboration demandée devra répondre « aux principes du droit des gens et à la procédure criminelle, ainsi qu'aux bons rapports de voisinage » et la coopération s'entendre en ce sens que k dans des cas concrets, des communications sur les résultats de l’instruction en question pourraient être données aux organes austro-hongrois ^LWÛl voulu, le gouvernement serbe ne pouvait pas ne s formuler ces réserves. N’était-il point lié, comme tous les gouvernements constitutîonnelSj par ses lois orga- ■ niques?

Et, pour conclure, la réponse serbe laissait la porte ouverte à une dernière voie de conciliation :

Àusùtôl que chaque mesiii'e aura été ordonnée el exé-^ miée, dans le cas ou le goiwerneme7îÈ impérial et royal n& serait pas satisfait de cette répo7ise, le gouve 7 ' 7 ieme 7 it royal serbe, C07isidé7^a7it qu'il est de l'mtérél commwi de ne pas pi^écipiter la solution de celle questio 7 i, estpi'ét, comme toujours y à accepter une enienle pacifique ^ en nmetlant cette question soit à la décision du tribunal ^ ink^malional de la Haye, soit aux grandes puissances I ^tiionip7As pari à l"élaào7*atio7i de la déclaraiion que le pummeme^tt sei^be a faite le iSfBi mars 4909-

^1 o'y a qu’un mot pour caractériser la réponse serbe : cotait la soumission complète.

Quelques instants après cependant, sans avoir eu matéhellemeni la possibilité d’examiner avec rattention qu'il

méritait le document qui lui avait été remis, le bar» Giesl, ministre d’Autiiclie-Hongrie, écrivait à M. Pachitti pour l'informer qu’il n’était pas satisfait de la répoi»! serbe, que « par le fait de la remise de sa lettre, les relations diplomatiques entre la Serbie et rAulriche-Hongiii ' étaient complètement rompues ». JJans la soirée, I< ministre, avec le personnel de la légation, quittait Bi! grade, !

D’explication à la rupture ainsi consommée, le gourer! nement austro-hongrois n’en fournit point sur le moment^ Quelques jours après seulement, il risqua quelques juslit. cations embrouillées. La plus sérieuse n’était, au fond,; qu’un prétexte ; il avait demandé la participation de sa fonctionnaires, non à ces « enquêtes judiciaires », auiquelles faisait allusion la réponse serbe, mais à tt du'

recherches de police »! ' i

ji I

Dès que la rupture austro-serbe fut connue à ViennedJ < à Berlin, elle y provoqua des manifestations d’une joie- i populaire débordante* Des cortèges bruyants parcourureol ■ les principales rues, acclamant ici FAllemagne, ]k i triche-Hongrie^ partout huant et conspuant la Serbiee( 1 sa f( complice » la Russie. Les journaux officieux et natio- ^ nalistes, le lendemain, drent chorus. t

En Angleterre, la surprise domina* Depuis piusiaurs ^ semaines, 1 attention publique était surtout absorbée psr- ‘ ^ les affairés d Irlande. Afin d’amener une conciliation défi-' ' f nitive entre <c onimistes et cf irlandais le roi Georges ï| s avait pris, le 19 Juillet, l’initiative d’une conférence les chefs des partis opposés. Mais le cette tentatiïftâ ^ généreuse avait complètement échoué* Tous se deman*® ^ daient avec angoisse quelle issue pourrait bien être toî s vée à cette terrible crise. La rupture austro-serbe rappéJ i P l’opinion anglaise aux réalités européennes. Au Stod- 1 c Exchange, les consolidés anglais perdirent plusieurs,! c

DÉ MA RC fJ K ALLEMA^^DE

>um;

batnl points. Sir Maurice de Bunsen, ambassadeur à Vienne, de chiteif passage à Londres, partit le soir même pour rejoindre son poste.

Pour l’opinion française, prompte à clarifier les imbroglios diplomatiques les plus compliqués, le problème se présentait surtout sous sa face allemande. L’Allemagne voulait-elle la guerre ? Toutes les propositions d’intervention étaient alors vouées à l’échec le plus complet. Et si l’Allemagne voulait la paix, à qui ferait-on croire qu’elle était tellement attachée à ce dogme de la « localisation du conflit » qu’elle ne pouvait peser sur son alliée l'Autriche-Hongrie, pour l’amener à une attitude plus modérée et plus équitable envers la Serbie ?

SI. Bienvenu-Martin, gérant des Affaires étrangères, et SI. Berthelot, directeur politique, ne dirent en fait, le juillet, pas autre chose au baron de Schoen. L’ambassadeur d’Allemagne était venu au Quai d’Orsay demander que la France fît auprès de la Russie une démarche « dans un sens pacifique ».

. L -Autriche, dit-il, a fait déclarer à la Russie qu’elle ne poursuivait ni agrandissement territorial ni atteinte à l’intégrité du royaume de Serbie; sa seule intention est d’assurer sa propre tranquillité et de faire la police. C’est des décisions de la Russie qu’il dépend qu’une guerre soit évitée; l’Allemagne se sent solidaire de la France dans fardent désir que la paix puisse être maintenue, et a le ferme espoir que la France usera de son influence dans un S6I1B apaisant à Pétersbourg,

-- Sans doate^ répondit M. Bienvenu-Martin, Mais la Russie également est modérée. Elle n’a accompli aucun acte qui puisse faire douter de sa modération, et nous sommes d’accord avec elle pour rechercher la solution pacifique de ce conflit. Mais à titre de contre-partie, estce que l’Allemagne ne doit pas agir à Vienne, où l’effiracité de son action est certaine, en vue d’éviter des

LE DE il

opérations militaires tendant h l'occupation de la î bie^?

L ambassadeur s’était dérobé. La question* répétaibil * ne regardait que l’Autriche et la vSerbîe*

La Tolonté de TAllemagne et de son alliée, qui apparaîg^ sait depuis plusieurs semaines, s'affirmait maintenaîil irréductible : ou la Russie, reniant sa tradition, sacrifianl ses intérêts vitaux les plus essentiels, laisserait l'Autriche, sous prétexte d'expédition « de répression », anéantir la souveraineté et Tin dépendance de la Serbie, ou la Russie, si elle intervenait dans le « dialogue austro-serbe » verrait l'Allemagne à son tour intervenir entre elle et l'Autriclie.

Le système des alliances jouerait. Ce serait la conflaviation générale.

Accepter le point de vue allemand, ou se résigner à la guerre. Tel était toujours le dilemme en face duquel rAlle- j magne plaçait TEurope. i

La Triple-Entente tenta Tim possible* Elle essaya la cou- | ciliation des inconciliables* I

L’honneur de cette initiative revient à sir Edward Grey* s La position prise par TAngleterre dans le conflit lui ( donnait une incontestable autorité. De la querelle austro- ] serbe, l’opinion anglaise se désintéressait; mais il n'en i

était pas de même d'une querelle possible entre. fAn- l

triche et la Russie, qui risquait de compromettre la 1

paix européenne elle-mérac. Sir Edward Grey proposa j donc que les représentants de TAllemagne, de la France ' s et de ritaüe se réunissent avec lai, à Londres, en m e

conférence officieuse qui aurait cherché à concilier les t

exigences autrichiennes et les offres serbes, si rappi'o^ ^

chées déjà, en réalité, qu'aucune divergence essentielle . a ne les séparait. iMais il aurait été convenu que pendtinl f'

la durée de cette conférence l'Autriche, la Serbie et b ^

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