‹ La guerre allemandeChapitre 6 sur 59 · I.E KUONPRm AU REICH ST An · texte numérisé non relu

I.E KUONPRm AU REICH ST An

Mais Topposition plus tenace encore, parce qn'eile se sentait approuvée d'un grand nombre de ceux qui ne votaient pas avec elle, se faisait toujouis plus acerbe et plus violente. M. de lleydebrandtj leader des conservateurs, venait de dire : fc La France se sent très bien dans la situation actuelle, mais ce n’est pas par les concessions que nous assurerons la paix, c’est par T épée allemande lorsqu’on vit toute la salle se retourner. Dans la loge impériale, un jeune officier, mince dans l’uniforme noir à tresses blanches des hussards de la mort, les yeux bleus tirés vers les tempes dans uu sourire approbatif, applaudissait toutes les phrases belliqueuses de Fora te ur. Le parti des mécontents avait trouvé un chef : le kronprinz Guillaume î

Les simples soldats ne lui manquaient pas non plus, ni les volontaires.

Les postes diplomatiques allemands iaissaient entendre, a travers les vantaux rembourrés de leurs bureaux, des protestations indignées. C’était souvent le premier ou le deuxième secrétaire, placé là pour surveiller ou stimuler son chef, qui élevait la voix. Parfois aussi c’était le chef lui-niÊme qui faisait, sur la terre étrangère^ écho aux mécontents d’AllemEigne, Les Romanis se rappellent encore de quelle malveillancç acide M. von JagOAV, ambassadeur du kaiser dans la Ville Eternelle, relevait ses commentaires de la politique de M. de Kiderlen-Waechter. Pangermaniste d’iuclination, il ne cachait nullement ses accointances avec le parti militaire et l’entourage du prince impérial, et s’exprimait sur le compte de son supérieur hiérarchique avec une liberté qu’on n’aurait pas attendue d’un fonctionnaire allemand. H posait ouvertement sa candidature à sa succession : s’il avait été à sa place, répétait-il volontiers età tout venant, la France s'en serait tirée à moins bon compte etrAllemagne serait maintenant en possession, non seulement du Congo français, mais aussi ePune partie du Maroc, peut-être du Maroc tout entier.

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Une a^itaLioii ainsi enlretenoe et encouragée devait naturellement s'accentuer encore.

Deux mois en eiïet après cet incident, un curieux procès de presse révélait au monde étonné et à l’armée murmurante du pan germanisme J avec la pensée intime et les ressorts secrets qui avaient déterminé TAllemagne, le juillet 1911i h a donner du poing sur la table », la reculade à laquelle Taccord de TAngleterre et de la France Pavait contrainte et dont M, de -Tagow parlait en termes si amers.

Les faits de la cause se présentaient dans des conditions étranges.

Un journal conservateur et nationaliste de Berlin, la Posl, reprenant et coordonnant des rameurs qui circulaient depuis longtemps dans la presse pangermaniste, avait fourni sur les rapports antérieurs de M. de Kiderlen-Waechter avec la Ligue pangei^maniste des précisions stupéfiantes. D’après la Post, le secrétaire d'Etat avait, quelque temps avant le cf coup d'Agadir», donné à M. Cl a as, avocat et président de cette ligue, ainsi qu'à MM. Rîpler et Erzberger, des assurances formelles qu'il adhérait h leur point do vue sur la question marocaine. Oi% ce point de vue n'était ni plus ni moins que le suivant; l'Allemagne devait avoir, dans le nord de 1 Afrique, « une part de valeur équivalente à celle de la France )>. En d'autres termes, le Maroc, terre libre, devait être partagé proportionnellement à la puissance de chacun des copartageants, entre l'Allemagne, l’Espagne et la France. C'est ce qu'avait dit ie 13 juillet précédent, dans un article qui parut alors énigmatique, un journal rhénan qui ne passe pas pour parler à la légère ; la Gazelle de Colog^ie,

Mais une revue, les G^^enzbolen^ ayant qualifié de mensonges les récits de la Post et des organes pangermanistes, la rédaction de la Post prit la mouche. Elle se fâcha d'abord, couvrît d'injures le capitaine Kleinow, directeur

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des Grcîizüolen et ami personnel de M. de Kiderlen- Waechter; puis, elle précisa ^ M. Claas —- celai-ci était prêt a en témoigner — avait reçu do secrétaire d’Etat, au cours d’ün déjeuner dans un grand restaurant dq^ Mannîieiin, le 19 avril 1911, les assurances auxquelles il avait été fait allusion.

Cité pour ddTaination devant le tribunal des échevins de Berlin, le directeur de la Po&t fut acquitté.

Mais l'incident n'était pas clos.

f.a üazêUe du Rhin et de la Weslrphalie ayant repris les récits de la Post, M. Kleinow Faccusa d’être à la solde d’une famille d’industriels intéressés dans les affaires marocaines, les frères Mannesmano. M. Kieinow répondit à son tour par des démentis et des injures. La Gazelle riposta. Un nouveau procès s’ouvrit devant le tribunal d’Essen. M. Kleinow, pour diffamation, fut condamné le 19 janvier 191:2 à ^00 marks d’amende* La preuve, en outre, fut apportée que M, de Kiderlen-Waechtcr avait bien tenu au président de la Ligue pangermaniste, les propos, causes de la polémique*

On devine dans quel esprit Fopinion publique allemande accueillait ces révélations. Eh quoi! Après avoir fixé un tel but à sa diplomatie, c’était là tout ce que la puissante Allemagne avait arraché à la France en quatre mois de négociations. Avoir rêvé d’une part du Maroc, et n’avoir pas obtenu, pale contrefaçon d’une concession de terri’ toîre, même une zone d'influence économique dans le sud de l’empire chérifien, comme M* de Kiderlen^Waechter l’avait demandé î

Ainsi, Ton n’avait pas seulement la porte fermée h tout espoir en Asie, dans l’immense A frique équatoriale, dans 1 Orient proche ! Même un débouché sur la côte ouest du Maroc, une simple fenêtre sur l’Atlantique, il suffisait de 1 opposition de la France pour que l'Allemagne se les vit définitivement refuser! Quelle désillusion !

UX PEUPLE MECONTEKT

L'amertume, pour comble de malheur, n'était nulle part épargnée à ropinion aiiemaiide. Ne voilà-t-il pas. en eiïet, que Tltatic à sou tour, était venue fermer une autref ce possibilité d’espérance » ? L'Italie, puissance de| c< deux^ièine rang » aussi, humble cc troisième » dans lef iiiagnilique bloc de TEurope centrale? j'

Pour elle non plus il n'avaît pas été dinvectives assez | forles ou assez outrageantes. Peu importait qu'elle eût été| depuis l'alliée fidèle de l’Allemagne, Elle s'était

emparée dhine « terre resiée libre » ; cela avait suffi pour qu'elle fût traitée en ennemie de la civilisation. Le lende-j main de rultiraatum à la Turquie, la presse allemande | ouvrait le feu ; la Gazelle de Francfort fulminait : « C'est, | disait-elle, une expédition de brigandage, un acte de violence contre lequel toute l'Europe civilisée, indépendamment des intérêts particuliers, devrait proies ter uni for- 1 mément ». Le Berliner Tageblalt s'indignait de Pindif-j férence de cette Europe ainsi prise à témoin : « Il est possible, écrivaiL-il, que l'histoire juge ceux qui provoquèrent ce confiit moins sévèrement que les spectateurs d'aujourd’hui ». Le 14 octobre 1912, le même journal avait tiré la conclusion logique de ses attaques : c< .Mettons donc fin, demandait-il, à la Triple-Alliance, qui n'est qu'une survivance d\m autre âge »,

EL lorsque le décret par lequel le gouvernement italien annexa la Libye avait anéanti les espérances de médiation conçues un moment à Derlin, la Gazette de Francfort avait en un mot qu'elle avait trouvé lapidaire. L'organe des commerçants rhénans s'élait essayé à des indignations aristocratiques ; « Cette annexion, avait-elle écrit, n'a pas plus de valeur que le titre d'empereur du Sahara que prit uaguère le marchand de sucre Lebaudy ».

Injures sans portée? Non. Ces injures exprimaient dix années de ressentiments accumulés. Le règne de Victor- Emmanuel fïT avait accentué pour l'Jtalie l'affranchisse-

KLECTiOKïs EX ALLEMAGNE

ment de ia tutelle alleïnande, D nne irréprochaMe loyauté quant au resf^ect des engagements internationaux. le nouveau souverain n’en était que plus attenlif à veiller sur la stricte indépendance de son pays. Les velléités de ' Guillaume II de poursuivre les anciens errements, de J traiter ritalîc en mineure, avaient rencontré une résistance inattendue. L’étonnement d’abord, la bouderie ensuite en avaient été, du côté allemand, les conséquences naturelles. La mainmise par l’alliée sur la Libye, sans autorisation préalable de l’Allemagne, et en méconnaissance de l’étrange théorie pangermaniste sur les « terres restées libres », avait fait verser la mesure, et le mécon- St, i tentement populaire s’était fortifié de rappréhension offid^J cieile, des répercussions, en Orient, d’une guerre italo- ■fi-i turque.

il’- C’en était trop ! Cette exclusion systématique avait assez if' duré ! L’Allemagne devait, tout en tirant des droits qui lui ïst restaient au Maroc, tout le parti possible, veiller à ce 0 -1 qu’au moins les puissances de « troisième rang » lui rs ; cédassent leur place au soleil africain. Plus d'aOirmations, aL des actes! Il fallait, signifia M. Class le 25 janvier 19l2, [isl dans la Post, que le gouyeriiement impérial engageai le St plus tôt possible des négociations pour acquérir la Guinée s espagnole, enclavée désormais dans les possessions allen j mandes, et ces colonies portugaises dont l’étendue et la n richesse hantaient depuis si longtemps l imaginaLion de i I l’empereur Guillaume lui-même.

e ^ Peut-être, en attendant le grand jour des réparations i- ! définitives, pourrait-on donner à l’empire allemand un ^ domaine dont s’accommoderait cc provisoirement » sa a ; puissance en Elurope. Mais il était bien entendu que cette solution n’était qu’un pis aller, un gage des compensations £ : futures.

Les élections au Iteichstag, auxquelles il fut procédé en - i ce mois de janvier 1912, précisèrent ces avertissements.

[ : V I* \i i: P LE M i': c o n t rs x'r

Les sociafistes, vengeant leur échec de 1907, enlevèrenÈ cc 110 sièges. Si le gouvernement voulait rallier une majO'! sc ri lé, il fallait qu'il dt des concessions à cette fraction dc^ gauche qui s'appelait nationale-!ibérale parce que, décidée à appuyer un programme de réformes, elle avait toujours' a voté les lois militaires destinées à accroître la puissance: h de la nation. Ses 46 voix unies h colles des 42 conserva’ h tours, des 93 catholiques, des lu conservateurs libres, et h des 14 antisémites pouvaient seules permettre un travail f législatif elTicace, La voix populaire traçait donc son B devoir au gouvernement. j £

Ainsi, peu h peu, avec des déformations inévitables, | mais aboutissant toujours au même résultat, la thèse pan- i < germaniste gagnait les couches profondes de rempiue/[ s’affirmait, devenait rexpression dhine sorte de droit, [ contre lequel TAllemagne s’imaginait que la France et: rAiigleierre groiipaieoL en une ligue d'injustice toute'5: les nations de l’Europe. r

La conclusion se dégageait d’elle-même : si ^Allemagne voulait, im jour, conquérir sa « place au soleil », il lui • fallait encore accroître et perfeclioiiner rinstrument de ’ sa pmissance.

Déjà, au cours des négociations de l’été 191L M. de Kiderlen-Waechter, s’était plaint à &L Jules Carnbon, ambassadeur de France, du contraste que présentait la superficie ^ des colonies allemandes et rétendue et la force de TEmpire | en Europe, (f Nous qui avons, répétait-il avec afï'ectalion, { la première armée du monde.. . » La menace que le ministre [ laissait en suspens, les publicistes se chargeaient de [ Fachever : si la France ne se résignait pas ù se faire plus | petite devant rAllemagnc dans le monde, si elle s’obstinait à ne pas avouer qu’elle était devenue une puissemee de SôCQ7id 7'a7igt il n’y avait plus qu’un moyen de lui faire entendre raison : celui qu’avait applaudi le kronprinz : la force des armes. Quant a l'opinion allemande, elle ne se

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contenterait plus d\m cc os h ronger » comme celui que son gouvernement lui avait jeté en pâture en concluant avec la France la convention du 4 novembre 1911.

Î1 serait oiscii:^ de citer tous les articles de ia presse allemande qui, brutalement ou avec dos précautions oratoires, s’inspirent de ces idées. Maintenant que le fléau de la guerre est déchaîné, que les cœurs s'ouvrent et que les langues se délient, on peut juger de retendue et de la profondeur du mal qu'elles ont fait. Des polémistes comme M. Harden, des professeurs comme M. Lasson, sont approuvés par runanimité de leurs concitoyens.

line serait pas moins inutile de formuler une réfutation en régie. On pourrait cependant faire observer qu’on ne voit pas bien le critérium qui permet h ces théoriciens de cataloguer les nations suivant une hiérarchie à la tête de laquelle ils placent naturellement rAllemagne. En outre^ s’il était vrai que chaque nation eût droite lorsqu'elle a atteint une certaine puissance, h une redistribution du monde, et que, si cette redistribution lui est refusée, il fût de son devoir de recourir à la force des armes pour se faire fc rendre justice », on aboutirait nécessairement à un état de guerre permanent, c’est-à-dire à la barbarie. En. tous cas, la France, qui a le droit, autant que rAllemagne, de se placer à la tête de la civilisation, a conquis, au pri^ de son sang et de son or, un empire colonial dont l'Allemagne est sans titre pour exiger la cession. Que l’Allemagne soit arrivée trop tard dans le partage du monde, comme on Fa dit même en France, c'est possible. Mais est-ce la faute de la France ?

Les mêmes observations et le même raisonnement pourraient s'appliquer aux sentiments qui animaient l'esprit public allemand à l'égard de l'Angleterre, dont Feinpire colonial est le plus vaste, le plus beau et le plus riche du monde, te Pourquoi, écrivait dès 1910, M. Blatcliford, FAilemagne attaquerait-elle l'Angleterre? Parce que FAI le-

ÜS PEUPLE MÉGONTE.NÏ

magûe et rAngieterre sont rivales commercialement et politiquement, parce que rAllemagiie con voite le commerce, lBscol07iieSf l'in fluence et leinpire que la Grande-Bretagne ^ possède actuellement, » -

Si rAUemagne ne parlait pas encore, en ce début de 191^, d*attaquer PAngleterre, du moins elle y pensait. Mais, avec cette méthode qui est une de ses forces, elle sériait | les questions. L'Angleterre, par sa situation insulaire et sa flotte, était pour le moment à Tabri de ses coups. La! France au contraire, avec sa frontière ouverte, où s'en- j fonçait comme un coin la Lorraine annexée, était la proie facile, « l’otage » désigné. C'est donc la France qu'il fallait i d'abord maîtriser ou réduire. i

Ainsi, lorsque les mécontents de FAllemagne denian- i daientde nouveaux accroissements de puissance militaire, , c’était pour qu’on ne vît plus, dans une querelle avec la * France, un « pareil fait» se reproduire, nn fait analogue à la convention du 4 novembre 1911 : la France laissée maîtresse du Maroc, l AIlemagne se contentant d'un lam- i beau d’Afrique équatoriale. ^

Lors donc que certains publicistes ou hommes d'État ! allemands prétendent que la guerre a été uniquement imposée à l’Allemagne par la seule nécessité de se garder contre le cf péril slave », ils oublient d’ajouter que ce sen- j timent de convoitise qu'ils ont soulevé dans leur pays en leur montrant le vaste et riche domaine colonial de la France a été un des facteurs principaux qui ont entraîné la décision de leur gouvernemf^nt. La France continentale aurait paru bien plus « négligeable » aux gouvernants I d’Allemagne, si elle ne s’était doublée d'une France extraeuropéenne, incomparablement pins étendue et presque aussi riche que l'autre.

A cette convoitise venait s’ajouter l'impression très vive, mais absolument fausse, que la Prance était irréductible^ ment hostile h rAllemagne. cc En examinant Tétât de nos

tntÜJET DE LOI MILITAIRE

reiatioas avec la France, il ne nous est pas permis d'oublier que la France est irréconciliable écrit le prince de Biilow dans son livre sur la Poliliqiw allemande. L’excliancelier commet une confusion volontaire : la France n’était irréconciliable avec TAllemagne que dans la mesure où l'Allemagne comprenait cette réconciliation comme line reconnaissance de la suprématie politique de TAllemagne et de la supériorité de ce que les Allemands appellent leur « KüUur s?.

Cette prétention à contraindre la France commed'ailleurs toutes les nations arbitrairement cataloguées de second rang a une ali i an ce avec l’Allemagne, où celle-ci aurait, cela va sans dire, joué le rôle directeur, n'a pas été seulement repoussée par les États qu'elle menaçait ainsi direcment- Des esprits indépendants, des hommes de jugement droit appartenant au Nouveau-Monde, non seulement l'ont clairement aperçue, mais encore ont dénoncé le péril qu'elle ferait courir, si elle n'éLait pas contenue, à la fois à l'indépendance des nations et à la liberté des individus.

Comment la France, mutilée en 1871, aurait-elle accepté le rôle de second dans un groupement ou l'Allemagne s'adjugeait la première place, celle du maître? Si M. de Bülow voulait dire que la France était irréconciliable, parce qu’elle se refusait à souscrire un pareil pacte, certes, il avait raison. Mais d'hostilité systématique envers l’Allemagne, il n'est pas vrai de dire qu'il y en eût en France.

Quoi qu'il en soit de ces questions de sentiments, de ces dispositions intimes, anssi délicates à apprécier que les consciences des individus sont difficiles a scruter, une chose est certaine, c'est que les cercles pangermanistes et nationalistes de l’Allemagne trouvèrent, au printemps de 19D2, des oreilles complaisantes a leurs desseins chez les membres du gouvernement împériaL A cette époque

U .N i^EUL'Ll î iniCUME N Ï

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en eircE;, celui-ci déposa sur le bureau du Ueiebslag uii projet de notable augnientation des forces militaires de 1 Empire.

Déjà, üii au auparavaiiL une loi avait porté i'efl'eclif de I armée à 519.630 hommes de troupe^ 30,031 officiers ou assimilés et 89,446 sou s-officiers. Des compagnies de mitrailleuses, un régiment d'artillerie, deux bataillons d'aérostiers avaient été créés...

Ces forces formidabJes étaient estimées însuflisanies. II ne s’agissait plus d'augmenter par étapes successives, d'abord la qualité et la quantité des armements, puis le chifi'redes effectifs. Ces deux objectifs dovaientétre atteints à la fois et aussi rapidement que possible. S'expliquant le avril 1912 devant le Reichstag sur la pensée générale à laquelle obéissait le projet gouvernemental, le général von Heeringen, ministre de la Guerre, laissa tomber cette précision i ff Nous voulons^ dît-iC fortilier notre défense nationale et avant tout acquérir tme rapidüé ph($gra 7 ide dans la préparatio7i de la gueti^e ».

Obtenir une amélioration de la mobilisation se rapprochant aussi près que possible de la perfection, voila le but principal à atteindre. La création de forniatîons nouvelles et d\in grand nombre de places d’ofticiers, telle était donc la caractéristique du projet.

Le tableau des créations proposées était d'ailleurs assez éloquent :

1 inspection d'aniioc,

1 inspection de santé,

2 corps d armée,

2 états-majors de division,

22 inspections do landwelu’,

26 bataîlJons d’infanterie,

123 bataillons d'infanterie renforces,

2 sections d’infirmiers,

2 états-majors de brigade d’artillerie de campagne, nenforccmcrU de 1 régiment d’artilleriG à pied.

LA LOI DU iO MAI 1912 17

1 inspection de pionniers,

$ bataillons de pionniers, trains do projecteurs,

i troupo, 1 compagnie et 2 détachements (raviateurs,

1 compagnie de radiotélégraphie,

2 bataillons et 1 compagnie du train.

L'effectif obtenu par ces réformes et ces créations devait être le plus considérable qui ait été réalisé en Ail em a g ne depuis 1871. cf En vertu du quinquennat de 1911, dit M. pierre Gomertb refîectif budgétaire de Tarmée allemande devait Être à la fm de 1915 de olo.OÛO hommes de troupe, 90.000 sous-officiers et 14.000 volontaires d’un an, soit environ, avec tes employés militaires, 6"2 d.ûOO hommes. La loi actuelle augmentera ce chiffre de 29 hommes de troupe, 5:000 sous-officiers et environ 3.000 officiers. On arrive a in si à un total de 062.000 hommes.

Il faut encore ajouter à ce chiffre environ 40.000 offfciers et fonctionnaires correspondant ans personp.d’f^ÿ^ffi tratifs assimilés en France aux officiers^J^pe^^ifrarmée allemande du pied de paix

s (itf 700.000 On voit quellÉJâ^Wv,.

le séparera alors de relfectif badgétair|53^ ramée”‘îfan çaise qui semble devoir rester à hoâ.OûiAtfo'mmes. y>

Les plus importantes et les plus noitf^èuses de réformes devaieut être réalisées au 1^" octolifefe^îVa:ïî|j, ^

Le 10 mai 1912, le projet gouvernemental éttiïtwté^r le lleichstag. Tous les chefs de parti, sauf celui des socialistes, vinrent affirmer la nécessité pour l'Allemagne d'augmenter sa puissance militaire.

Quatre jours plus tard, le Reichstag adoptait en seconde lecture une loi créant une nouvelle escadre active.

Le même jour, la nomination du baron Marschaîl von

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