POUR VAINCRE
L’été de 1912 fut employé par le gouvernement allemand à assurer une exécution aussi raj)ide que possible, plus rapide en tout cas que ne le comportaient les délais fixés parle Reichstagj des deux dernières lois militaires*
Ainsi, TeOectif des troupes devait atteindre en 1915 le chilFre de 544,000 hommes, celui des sous-officiers 95,000* Or, les dispositions prises permettaient de prévoit, d’après les précisions fournies par les tableaux budgétaires, qu’ils seraient, dès le 1^'’ octobre 1913, respectivement de 541.000 et de 94*535.
Mais, même réalisés avec cette rapidité, ces accroissements allaient être jugés insuffisants.
De graves complications, surgiesà l’orient de l’Europe, allaient en eifet servir de prétexte à de nouvelles exigences du parti militaire. Les avantages conquis par les Slaves du sud sur les Turcs, leurs oppresseurs héréditaires, devaient permettre aux aspirations à Thégémonie qui s’affirmaient en Allemagne d’invoquer le « péril slave ».
Le 18 octobre 1912, les alliés balkaniques. Bulgares, Monténégrins, Serbes, Grecs, se ruèrent sur la Turquie. En quelques jours, après avoir battu l’armée turque h Kirk-Kilissé et à Lulle-Bourgas, les Bulgares avançaient jusqu’à 40 kilomètres de Constantinople. Les Serbes,
POUR VATNilRK
après leur grande victoire de Kiimanovo, s'emparaient de | la Macédoine. Les Grecs occupaient Salon ique et les îles de i TArchipei, et investissaient Janina. Les Monténégrins assiégeaient Scutari.
Sur rintervention des puissances, un armistice fut conclu le 30 novembre, afin de permettre à des négociations qui devaient s’ouvrir à Londres le 13 décembre, de rechercher les bases de la paix entre Turcs et Balkaniques.,La conférence se réunit eu effet, mais tous ses efforts diplomatiques ^ demeurèrent vains. Le 3 févj ier '1913, les hostilités reprL ; rent. LMnéluctahle suivit son cours. Le 6 mars, Janina se rendait, le W mars, les Bulgares prenaient Andrinopie ► d’assaut. Un nouvel armistice intervenait quelques jours plus tarcL -
Le 30 mai, la paix de Londres consacrait la fin de Tem' pire ottoman en Europe : Gonstan lin opte seule, et le territoire situé à l’est de la ligne Enos-Midia, demeuraient turcs.
Par contre, àla demande et sousia pression de la Triple- Alliance, le Monténégro voyait Scutari lui échapper, un | débouché sur TAdi iatiquê était refusé h la Serbie au bérié- : fice d une principauté d'Albanie à construire de morceaux S hétéroclites, et dont la fondation, en principe, était acceptée par toutes les puissances. ^
Ce paradoxe albanais concrétait le sacrifice que la Triple-EnLente et ses protégés, les Slaves du sud et les Grecs avaient fait de leurs intérêts et de leurs droits les plus sacrés sur Tautel de la paix européenne. La justice ; et le principe des nationalités commandaient d’attribuer à la Grèce TE pire, au Monténégro Scutari et sa région, aux Serbes les territoires occupés par des Serbes et ce débouché sur l’Adriatique qui était une des conditions primordiales de leur existence économique.
Que pouvait redouter le bloc austro-allemand d'une satisfaction équitable accordée à ces aspirations?La cons-