‹ La guerre au Canada [microforme]Chapitre 10 sur 11 · SERA RS CRETE · texte numérisé non relu

SERA RS CRETE

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sants frelons de la société, qui ne se frayent leur avenir qu’en bourdônnant des flatteries, en blessant les vertus qui les gêénent, et ui ne savent après que se nourrir du miel e la ruche des autres. | | À aucun prix je ne changerai mes longues années pleines de labeur, de zèle, de sacrifice et de souffrance pour la cause des classes ouvrières, contre leurs positions fortunées, leur confort éphémère, leur court présent sans futur. Mais je base ma forte sur lé jugement de la presse entière, sans distinction de nationalité, de religion ou de politique, et sur le cœur des ouvriers du Canada. | RG RAR M ‘Dans l’autre alternative, je mourrai ici ; soit ! Eh bien, quand vous m’aurez déposé au chemin ‘ de la montagne, comme le grain dans le sillon de la plaine, tout ne sera pas fini ni perdn pour moi, car tous ceux qui, dans leur piété pour ceux qui ñe sont plus, pässeront sur la terre où repôoseront mes cendres, né pourront que dire : «Ce pauvre homme, venu de France était pourtant ur vrâi Canadien ; » et ils prieront pour moi.

Comme vous le voyez, le nuage est bien sombre, ét horizon obscur. Eh bien! c'est en ce moment d'ombre et d’angoisses que le doigt de Dieu va se montrer. C’est lorswun homme de bonne volonté a achevé ‘épuiser infructueusement tous les moyens imagimables, que la Providence vient s’en

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rtai ici ; éposé au le gralrt sera pas eux qui, ont plus, ont mes e pauvre rtant ur r moi.

est bien en! c'est es que le ést lorsachevé s moyens ient s'en

mêler. — Et comment ? — Comment ? Par

vous.

Ecoutez bien ceci : | |

Quand tout pouvoir, partiel ou limité, est impuissant, qu'il croule, ét que: tout parait perdu, que fait-on alors? On consult le grand pouvoir, le peuple; et quand le peu-

-ple a parlé. on s’écrie avec force et assu- ?

rance : Vox populi, vox Dei! La voix du peuple, c’est la vo:x de Dieu ! | CURE

Voilà où je dois en venir après de si longues années de prièresetde tortures de corps et d'esprit. Aussi, est-ce à vous, peuple canadien, peuple sympathique aux efforts malheureux, que je m'adresse, dans mes derniers moments d'action. Vous. les enfants de cette terre, vous qui ne portez pas comme moi la qualité d’étranger, demandez au chef de la famille ce dont vous avez besoiu. Apprenez-lui, ou plutôt. dites-lui, que si. une partie des enfants reçoit chaque jour son pain .excellemment pétri, l’autre, privée jusqu’à présent, de ces mêmes soins et égards, les réclame pour ne pas défaillir,

Voyez: les animanx eux-mêmes qui. élè.

vent. une jeune famille, ne donnent-ils pas à chacun de leurs petits ce qui lui convient ?

Donnent:ils tout aux uns et rien aüux autres ?, Notre esprit se révolterait s’il en. était ainsi. Et pourtant. n’en déplaise à l'esprit.

humain, lés añimaux sont plus impartiaux, plus justes, plus intelligents sous ceTapport.

Cependant, si mé me un mauvais père de famille, dit l'Evangile, ne voudrait point donner une e pierre pod: du pâin à son fils qui luidemande à manger, commeut-puis-je croire que ‘le’ gouvernement Nous] tre fase à

vous, ‘808: sujets, constitués én0 grande:fa>

mille pour vivre et'travailter sou$iséuIséins, ce dont vous avez Besoin. “pour tiavailterfe ét: vivre? S'il le fait déjà pour ‘les ths;”il ne souffrira pas qu'il séitdit qu'il faitmoins pour tous lés siens truc Tes êtres PP FRA ne or peus ses leurs” GES 5 3

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Maitenant, ua miô, après tant: ce are lieurs et: de sacrific é8,. à bout de PéSSOU CUS

et aussi de forces, le cœur navré, ljé: fe VOIS au moment extrème: d abandonner OUR inais 14 cause de l'ouvrier que, “depuis biéntôt vingt ans, jé me.suis/fait une obligation

rigoureuse, parce ielle est saérée, ‘de: dé:

fendre, par' tous les moyens possibles, môme jusqu? aux limites du péril dé mon honneur

et de ma viéi La vréie maison | ide: l’ouvriet. |

de lapprentr éaiidien, ‘par! ue” fatale indif-

férence ? est'férmée:! ét, füûtAl l'ajoutér, sh: matériél expatrié ! Ma” privation‘ ‘é moyens

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professoral, et, je suis resté seul sur le champ de.çultiure; où tonx à tour, persistent encore à,Menir, chaque. jour, des' centaines. d'éleves anglais, irlandais, | canadiens, et. autres, fepuis, l'âge, de l'adolescence jusqu'à celui de (para te ans, me domandant quand est-ce pueudn ils pourront venir reprendre teurs travaux, favoris. («Parvudi petierunt panem, et non erat: qui frangeret eisil «Les enfants de génie. d'un peuple industrieux,. s'il en: fut jamais, demandent avec instance le pain du savoiret-ilwest personne qui se présente pen leur. en couper de subtantiel!»

-16e West pas tout. Gest précisément celte années: après mon dérnier retour d'Europe, maiñtenant, que je Ccomptais ravirle Canada d'admiration et. de salisfaction, en appliquant l’enseignement: de l'institut à une autre) partie de la société non'moins digue d'intérêt:.qué nos braves; classes ouvrières, Je vêux: paxler des pauvres jrone orphelins privés: d'avenir.

‘En effet, «que deviennent, en. général. ces pauvres enfants, une fois qu'ils font teint l’âge de raison et les forces physiques pour se rendre quelque peu utiles ? ‘Hs vont dans les sentiers obscurs et incertäins de ce vaste dédale du monde, y: grossir, Ja plupart du

temps;'le nombre ‘des malheureux : de cétte

classe misérable, à charzoà la société, quand ils no sont pas poussés par le vice ou la nécessité, pour ‘atlerpeupler les prisons ‘dela

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Puissance. Il y à à Paris une institution admirabie à cet effet, l'œuvre de Saïint-Nicolas, qui a pour but de recevoir toute cette intéressante jeunesse sans parents, sans pro: tection, sans asile, pour les instruire dans. divers arts'et professions, afin dé les placer ensuite dañs la société laborieuse ‘où ils puissent se frayer leur chemin avec aisancé et dignité. C’est ce que je voulais entreprendre ici. Cette sotiété qui m'a accordé deshonneurs tout à l’avantages du pays, qui est Composée de toute la noblesse de Paris, dé ‘plusieurs membres de l’Institut de France, de $savants docteurs, dés avoëats les plus brillants du'harreau parisien, qui a, pour tout dire'en un mot, Son Eminencéle cardinal archevêque de Paris pour président honoraire, cette société donc, qui s’est si intéressée aux paroles que j'aieu l'honneur dé lui faire entendre sur: les Canadiens et sur l'œuvre que j'ai fondée pour eux, cette illustre société m'a promis son plus puissant concours. Son Excellence le ministre des Beaux-Arts, charmé de ce que je lui ai rapporté touchant votre génie pour les arts en général, s'est: aussi empressé de me promettre l’aide du gouvernement. comme il lefit si généreusement en 1871. Dans les plusflorissantes villes d'Italie,

à Milan, à Florence, à Rome, où jallais, au

nom des arts et des sciences, intéresser leurs savants à mon œuvre, j'ai partout été comblé d'honneur et de présents ; et si je vous

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dis que Léon XII, le pape savant, le pape intelligent, laborieux, le pape prudent par excellence, après avoir daigné m'envôyer des secours de sa propre mn, quand j'étais malade dans un des hôpitaux de Rome, Sa Sainteté dans une audienceprivée, a bien voulu attachér une bénédiction spéciale à lœuvré qu'on laisse périr, auditoire chrétien, que pensérez-vous maintenant de l’importance de votre Institut national des Beaux-Arts, Sciences, Arts et métiers et Industrie ?

Hé bien ? Répondez-moi, en ée moment ex-" trème, devront-ils mourir ou végéter’ les enfants de l'industrie canadienne, ces valeureux champions du travail, qui doivent composer, eux seuls, cette redoutable armée contre l'ionorance, la paresse et les misères de tous genres qui appauvrissent la nation au :physique et au moral ? Dira-t-on à cette jeunesse avide d'apprendre, qu’elle’a à se retirer dans les boïs ou sur les bords des lacs, ét y. vivre de chasse ou de pêche ? Ou, désertant le sol qui les a vus naître, et disant adieu à leur langue maternelle, et peut-être à leur religion nationale, devront-ils enfin s'expatrier, et aller chercher sous d’autres cieux la culture de leur génie ? Qu'en ferons-nous, très sérieusement.

L'auditoire sympathique etsentimental qui m'accable d'honneur et d'encouragement par la pluie de ses approbations, par sa vive adhésion à mes travaux, me permettra de termi-

ner. ma défense. par un mot, dun grand ami de: l'humanité, de’ saint Viucent de, Paul.

Getapôtre. de la. charité, à bout. de réssources; mais ne voulant pas renoncer à protéger la: vie ei Pavenir. des pauvres petits êtres que la. misère de tout geure lui disputait, assembla, un; jour, chez Jui, les dames de] la nobles- Ps française; el; leur ouvrant Ics por tes de l'asile où languissaient ses chers petits orphelins, auxquel. il ne savait. plus comment procurer le nécessaire : “Or sus, Mesdames, les voilà, dit-il; je vous les laisse: laissez- les NIQUE, CES pau res pelits enfants, j je m'en la. ve. les, mains.” Et.ces enfants SPAHSANE, trouv èrent, à l'instant des mères

Honneur aux : dames dont le Cœur, dans totis les âges $, a toujours été re écho des grands accents.

À mou tour je vous présente. les, miens, mes orphelins et mes innombrables amis les ouvriers, pour que vous les recommandiez, vous-mèê mes, au Gouvernement, quidoit.étre le:père.du peuple, partic ulièrement de cette immense par tie: pins: délaissée que toutes les autres; et j'ose avoir, par, vous, peuple Cana-

dien, l'espérance de, cette illustre mère qui,

commé Vincent de Paul, ne pouvant. plus pourvoir à. lPavenir de ses propres enfants,

s'exprimait ainsi, par cette touchanteet ad; mirable allégorie, quertous les lettrés de: ce bel auditoire connaissent si bien :

Dans ces prés fleuris

Qu arrose.la. Seine, "Cherchez qui, VOUS mène, Mes chers brebis.

me ai fait, pour :yous rèndie è Le, destin, pius doux,

Ke, qu'on, peut a tendre D'une amitié tendre; | Mais, son long:courroux, Détroit, empoisonne 7 Tous mes, S0ins pour VOUS !

Je:m isrnôte id sa première strophe. [

Louis XIV ne perdit pas de vué cette ad.

mirable lettre sans adresse, -etcompritqu'el ét. adressée qu'à un 2 grand cœur, qu à

x magnanimité.

@ appelle à mon secours ‘un Vincent de

’aul pour déterminer au Canada és cœurs généreux à prendre en pitié et en affection ce qui a.fait l'entière. préoccupation de ma vie ici. Et, bien que je n'aie point-les poétiques et sympathiques: accents de Ta dixième muse, l4 vérité qui m'éclaire semblé me fair'e espérer qu'il peut y avoir partout des Louis XIV, particulièrement, sûr, celte terre qui se pique d'avoir. gardé du-grand. siècle la langue l'esprit et le:c@ur’; et mourant, mais debout sur Jés rüinies' éroulantes dé non institut, je vous attends encore, én. jetant mon, dernier

CrL à tOUSs CEUX, qui por! tent Là, à, là patr aeqli

(1) Actompagnant d un geste énergique Sa voix 6mue, l'orateur, a frappe, de sa main droite, 27 deux fois sur Sa poitrine, 0 ,

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