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avec le peuple canadien. Ceux-là sont le plus à craindre ; nous pourrions dire même les seuls à craindre pour le progrès du Canada; car de bien des ennemis du dehors vous pourriez vous faire de précieux amis.
Les ennemis du dedans sont donc : l’ignorance ?—Non. Bien qu'elle y règne et sv fasse sentir, je ne la nommerai pas, parce qu'elle serait bien facile à dissiper. Vos mortels ennemis, cause première, principale, de cette souffrance incessante et générale du peuple canadien, &e cette paralysie de tous ses membres qui ‘le rend inerte, sont, au premier rang, l'indifférence, s'ap elant encore insouciance, insensibilité , apathie, léthargie ; en second lieu, le défaut de courage où manque d'énergie ; "et, enfin, l’esprit de désunion, de jalousie, de dénigrement, de contrariété.
C'est en découvrant la plaie qu’on l’étudie pour la guérir. L’indifférence ne fait rien et laisse tout périr. Le manque d'énergie fait tout abandonner ; et l'esprit de désunion n'est propre qu'à détruir e.
Je reprends: l'indifférence ne fait rien et
laisse tout périr, J'aurais pu dire aussi : et laisse tout faire. On sait ce qu'entrainerait l'acte d’un berger, par exemple, qui laisserait paitre, dans la campagne aux milles propriétaires, son troupeau à son gré, Où bien qui serait indifférent au commerce des loups avec les brebis.
De toute manière l'indifférence laisse tout
périr. Mais le pire, c’est que l'ignorance, au pie aire, est loin de périr, elle, en pareil Cas... Je poursuis. Si le manque ni énergie, AA dit, fait tout abandonner en faisant reculer devant un obstacle quelconque, on perd, dès lors, toute chance de progresser, de savoir ; car pour avoir, 1l faut savoir.
Et si l'esprit de désunion n’est propre qu'à dissoudre, qu'à,détruire la société, comment arriver alors à fonder et à maintenir de ces heureux foyers d'instruction populaire qui ne peuvent s'établir que par lunion même des membres d’une nation pour telles ou tel:
les connaissances rigoureusement indispensables à la majeure partie, sous peine de voir souffrir, par je re de ceux-là, la nation entière ? Dans le domaine du bien ou du mal, de la lumière ou de l’ombre, de notre progrès ou de notre perte, 1l n'est pas permis d’être indifférent.
Par conséquent, dans un tel état de choses, comment voulez-vous que le Canada se développe et progresse ?
Si, malgré votre génie, malgré vos aptitudes indéniables pour réussir dans le progrès moderne, nous remarquons cependant lignorance, c’est qu'elle est due et n’est due qu’à cette insouciance caractéristique que le pays, en général, affiche devant tout premier pas à faire en toute innovation ou réforme avantageuse. C’est ce manque d'énergie, destructeur de tout avenir pour les Canadiens,
qui la rend dominante parmi les classes ou vrières, dans la partie de la théorie qui appartient à chaque branche de leurs travaux journaliers.
Tandis qu’on fait bien peu de chose en dehors de la routine, si, pourtant, quelqu'un ex; ose un projet progressif ou des réformes salutaires, mais quelque peu en contraste avec les usages actuels, c’est une vraie ,.ode, on dirait un usage consacré de le démolir ou au nom de la politique ou pour des raisons cachées d'intérêts personnels ou d’association. Cependant, les arts, les sciences, le travail, le progrès s’enchaînent mutuellement, se donnent la main, s'unissent intimement, et sont étrangers à toute politique. Mais si les bases du progrès sont étrangères à la politique, une politique éclairée ne doit pas leur être étrangère, car elle a tout à gagner en prenant intérêt au développement intellectuel de la majorité du peuple, qui est la classe ouvrière. Et si cette politique est l’expression d’un pouvoir impartial et soucieux de l'honneur naticnal, elle deviendra populaire par sa justice et sa sollicitude, non seulement en favorisant l’enseignement sagement réparti entre les diverses classes de la société, mais encore en veillant sur ceux des établissements nationaux (1) dont les (t) Tout établissement recevant une subvention quelconque du gouvernement.
préposés, par leurs actes ou tentatives d’accaparement, semblent vouloir n’en constituer que des maisons qui, pour vivre, ont besoin de dévorer leurs voisines ; dont les chefs s'établissent ainsi les organisateurs de tout un fatras d'enseignement qui ne s'accorde nullement avec le titre de leurs maisons ou associations, ni avec le but de leur fondation, et qui, sans que personne ne s’en doute nullement, vouent ainsi à une déplorable ignorance, en le privant d'instruction, de connaissances indispensables, tout l'immense reste de la société, qui ne peut trouver son salut que dans les institutions sacrifiées à leurs aveugles prétentions ou à leur avarice. Ces établissements où la jeunesse croit s’aller former à telle ou telle étude, en mettant autel contre autel, ou en entretenant des luttes de clochers, exécutent en grand ce que les particuliers font en petit. C’est exercer un brigandage sur les esprits qui ne peut que les dévoyer, les irriter, les désunir, et les priver de la part de lumière que le pays devrait attendre d'eux pour son développement.
Faites l'application de ce fait certain à toute création d’un progrès quelconque par des associations ou par des particuliers, et vous aurez ainsi la raison du malaise, de la souffrance du progrès intellectuel et maté riel du Canada. Donc dans cet état de choses, je le répète, comment voulez-vous que la nation progresse et prospère ? aus deviendra
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