‹ La guerre au Canada [microforme]Chapitre 3 sur 11 · PRE · texte numérisé non relu

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le pays sur le char de l'indifférence, compo: sé de gens en panique, défendu par des esprits divisés, et n'ayant pas même des armes propres à sa défense ? Certes ! il serait bien insensé, l'ennemi, de ne pas vous surprendre dans cet état, et de ne pas se promettre de triompher sur vos ruines. Au camp donc, CItoyens, au camp ! Eh quoi! tanlis que, par un malheur des plus déplorables, tant de milliers de vos concitoyens, de vos frères.

par un dévouement héroïque ou une détermination extrème, depuis de longues années prennent le chemin non interrompu de la terre étrangère, partant, les uns avec leur famille, les autres se séparant de ce que la nature leur a donné de plus cher, de leurs jeunes frères, de leurs femmes entourées d'enfants, d'une tendre mère, d’un père infirme,—que peut-être ils ne reverront plus mais tous disant adieu à la terre natale, au pays de leurs amours, vous autres, restés sur le solque vos pères vous ont légué, y resterez-vous inactifs? N’avezvous pas d’autres manières de prouver votre amour pour ce beau Canada, qu'en demandant sans cesse comme les Athéniens : “Qu’va-t-1l aujourd’hui de nouveau ? ? Ou, fermant les yeux sur le but que je me suis proposé depuis bientôt vingt ans, au milieu de vous, y vivant en martyr de vos plus chers intérêts, vous bornerez-vous à m'inviter à vous montrer des images, età vous raconter des

FX + les mythiques?

Maintenant que vous connaissez les ennemis du pays, voici les armes puissantes du combat.

Vos armes défensives sont le sasque de la volonté et le bouclier de la constance. Ces deux suffisent.

Souvenez-vous que le jeune et habile Da- “vid n’en avait pas davantage en présence de l'effrayante armée du géant Goliath.

Quant aux armes offensives, nous allons les trouver par milliers sous la main ; armes offensives qui aurontla vertu de former une armée tout inoffensive : l’armée des travailleurs, les grands corps des soldats de l’industrie. Voilà une armée vraiment inoffensive, car elle n’a point à répandre le sang, mais bien à faire couler labondance dans les familles, à rattacher les membres les uns aux autres sur son propre sol natal, à les mettre à l'abri de la triste nécessité de la séparatiôn de l'exil, Or, la première préparation à cette armée, c’est l'éducation ; son lieu d'exercice, l'école; son champ de bataille, le pays tout entier; ses ennemis,nous l’avons dit, lindifférence et tous les défauts qu’elle engendre ; ses victoires, la soumission des éléments, l’utilisation de tous les produits et trésors de la création ; ses conquêtes, le bonheur des famillés, la prospérité du pays au dedans, la renommée de ses monuments au dehors ; son honneur et sa gloire partout.

Voilà donc l’armée canadienne future.

Pour vous parler avec le plus d'intérêt possible de l’orgauisation de cette grande armée de la défense de votre sol, je voudrais ici dérouler sous vos yeux d’abord le vaste programme des connaissances qu'exige l'étude des arts et métiers, et des sciences appliquées à l'industrie; mais cette si intéressante et si instractive étude, que j'aimerais à vous

présenter, en vous invitant à faire avec moi,

par la pensée, une délicieuse promenade à travers ces ateliers européens de tous genres, ces manufactures diverses, donnant à toute substance façonnable mille formes et mille couleurs ; ces usines de forge, de fonderie, etc.; ces laboratoires scientifiques et industriels, qui, entre tous, abritent près des trois quarts des habitants de l’Europe; je voudrais donc bien dérouler, sous vos yeux, ce vaste et merveilleux panorama ; mais l’examen de toutes ces choses, si admirables et surprenantes, serait certainement trop long et prendrait, à lui seul, plusieurs longues soirées.

Mais j'arriverai, je pense, à satisfaire vos esprits même en ne vous donnant qu'un simple échantillon, une nomenclature d’arts pris seulement dans les ressources qu'offrent les beaux-arts applqjués à l’industrie. Lorsque jJaurai soulevé ce petit coin de rideau, vous jugerez bien facilement du monde de variétés qui se trouvent dans le domaine indéfini des arts, des sciences et de l’industrie.

Voici d'abord :

—les arts plastiques, qui comprennent les bronzes, l’orfevrerie, les marbres, les ivoires, les matières coulées en plâtre, en cire, en stuc, etc. ; —les bois sculptés, la céramique, qui couvre un champ des plus vastes ; —les arts de l’ornementation, qui comprennent la serrurerie d'art, la mosaique, les émaux, les bijoux, la verrerie, etc. ; —les arts du meublier, qui sont l’ébénisterie, la marqueterie, les incrustations, les objets usuels du mobilier, qui varient à l'infini. —les tissus, comprenant les tapis, les châles, les dentelles, les broderies, les passements, etc., etc. ; —les impressions, comprenant les étoffes peintes, les papiers peints, etc. ; —les cuirs, les stores, les enluminures, les chromo-lithographies, etc. ; —la gravure sur métaux, sur bois, sur pierres ; les nielles, etc. ; —la photographie au point de vue de la reproduction et de la retouche ; :

—la calligraphie, qui joue un rôle si important dans le dessin d'ornement et la peinture décorative ; —les dessins industriels, qui sont linterprétation de tout ce que les sciences communiquent aux arts, à l'industrie, à Pagriculture, etc.

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