‹ La guerre au Canada [microforme]Chapitre 4 sur 11 · PES AIT IA RS LS · texte numérisé non relu

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Maintenant, pour terminer, si nous vidions le sens de ces trois mots : peinture, sculpture, architecture, que u’y trouveérions-nous pas d’occupations utiles et agréables pour un nombre incaleulable de mains habiles, donnant naissance, chacune, à une profusion de métiers, d'arts et de professions diverses ?

Et d’abord, Part chrétien nous dit ce que c'est que le rôle de la peinture, qui exprime tous Îles plus nobles sentiments de Pâme.

Quelle sublime histoire de lhüumanité !— Peinture à fresque ; peinture à la care, à la détrempe ; peinture à l'huile; peinture au pastel; peinture en camaïeu, à la gouache, à l’aquareile ; peinture en émail, sur verre, sur porcelaine, surlave ; peinture en ininiature ; peinture en caustique, etc.

Je ne vous ai rien dit du dessin Considéré en lui-même Mais, comme il est l'âme de tous les £eures de représentations, cela parle suffisarament de sa puissance dans la multiplication des professions qu’il enfante.

Voyons, en courant, les principaux genres de la gravure, qui, tout en satisfaisant les goûts et les besoins de la société, occupe tant d'artistes spéciaux, et seconde surtout si bien les progrès de l’industrie ét du commmerce. | ‘ES

Gravure sur cuivre; gravure stif acier; gravure sur.étain; gravure sur bois, sur pierre ; gravure en creux, en relief; gravure à l’eau-forte, au burin, au pointillé ; gravu-

re à la manière noire, en camaïeu, à l’acquatinta, en couleurs. à la manière du crayor ; gravure de la topographie et de la géographie ; sravure de la musique ; gravu * par les acides ; gravure galvanique; gravure photographique, gravure mécanique, etc. |

Il en est de la sculpture à peu près comme du dessin; car sculpter, c’est, pour le marbrier, tracer des formes sur le marbre ; pour le modeleur, sur l'argile; pour le bijoutier, sur les métaux les plus précieux ; et ainsi de sue pour chaque individu un Stat basé sur l'étude des formes.

Voilà un échantillon, intelligente jeunesse, et vous tous, braves soldats du travail des arts et de lindustrie, voilà les armes puissantes Œœui, une fois en vos mains, vous assureront la victoire, et donneront à votre pays la félicité, l'abondance, et la gloire.

Jetez les Yeux, pour avoir, par un seul exemple, un avan goût de cette terre pl'omise du Canada futur où vos succès vous conduiront ; jetez, dis-je, les yeux sur lés grands monuments, comme, par exemple, les divers parlements que les gouvernements s'érigent.

Quelle masse de matières est entré dans ces gigantesques COnStEUCHONS, par là vertu dés scienes, des arts et de Pindustrie! Là ont pris rlace l'or, l'argent, le fer, l'acier, le cuivre, le platine, lé zinc, le plomb, le'bronze,

etc., etc.; la pierre, le marbre, le cristal, mille matières animales, végétales, minérales, et tout un monde d'ouvriers, en gagnant noblement leur pain, ont concouru à cette agglomération prodigieuse d'objets, tous créés et ordonnés par la puissance du dessin.

Aussi, à mesure que les arts, descendant des palais et des trônes, pénètrent sous mille formes et les couleurs les plus diverses jusque dans les plus humbles demeures, les plus grands Etats tirent des arts du dessin les moyens les plus abondants de richesses pour le gouvernement et le peupie.

Tout cequiest l’objet de parure ou d’ornement: broderies, passemeuts, fleurs artificielles, dessins de modes, dessins imprimés, tissus sur ces magnifiques laines, ces soieries superbes, ces fraiches indiennes, ces draperies si habilement ornées, tout cela est l’ouvrage du dessin.

Tout ce qui constitue le luxe et la beauté d’un somptueux appartement, depuis les rosaces du plafond aux gracieux feuillages, jusqu'aux tapis dont nous foulons sous nos pieds les moëlleux bouquets de fleurs ; les éclatantes enluminures,les papiers peints rehaussés d’or ; les rideaux à jour aux mille arabesques fantaisistes ; ces lustres d’oret de cristaux suspendus au plafond comne les astres au firmament, riches de dessin, de formes et de matières, resplendissanis de faisceaux de lumières répercutées, multi-

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pliées et renvoyées par mille facettes de cristaux taillés et disposés par la main des arts ; tout cela est encore l’ouvragee du dessin.

Voyez ces frises brodées au burin qu'accompagnent ces gracieux rinceaux, ces torçades et ces guirlandes siadmirablement fouillées; et ces légères colonnes revêtues en partie de leur toilette artistique de fleurs et de draperies soyeuses; ces gracieuses consoles, ces culs-de-lampe en bouquets, supportant ces jolies statuettes ; ces bustes précieux intercalés parmi ces bas-reliefs, ces toiles et ces tableaux variés, tous enfants créés ar les beaux-arts. Puis, ces riches cheminées d’ornement, vrais trophées d'art, qui, dans ces féeriques appartements, occupent la place d'honneur, et qui se présentent à vos yeux surmontées de ces brillantes glaces monumentales, portant symétriquement d’adm!:rables vases de Sèvres, entre lesquels siègent avec éclat ces élégants petits chefs-d'œuvre d'art et de mécanique, dont le doigt léger et compassé nous montre, minute par minute, la fuite si rapide du temps! Vous voyez encore se dresser, là-bas, ces riches meubles que l’ébéniste a habilement divisés pour renfermer les principaux chefs-d’œuvre de l’esprit humain ; ici, ces autres, mobiles et roulant sur le tapis, enchâsant, dans leurs bras tout couverts de sculptures, les plus moëlleux coussins, pour nous y faire goûter les charmes du repos et de la conversation. Et

tous ces précieux motifs d'ornements étalés sous -VOs yeux, ces coffrets ciselés, faits des bois les plus précieux, incrustés d'ivoire, de nacre et d'argent; ces écrms mignons où s'unissent, d’une manicre sl ravissante. le velours et l’or, tout remplis de bijoux chatoyants, dont le dessin triple le prix, qui couvrent ces guéridons tout festonnés, et ces tables de bois de rose, de palissandre, d'ébène, d’acajou, de la plus belle marqueterie, ornées de livres illustrés des plus gracieuses vignettes, d'albums de curiosités, de précieux recueils artistiques ! ete.

Enfin, toutes ces riches tentures, sculptures, moulures, peintures ; tous ces lambris dorés, ces méubles, et divers objets d'art que nous venons d' admirer, et qui font l'orgueil des plus grands esprits et des plus grands favoris de la fortune, ont encore emprunté leurs charmes à l’art du dessin. Et c *estpourtant bien vrai, encore, qu'ils sortent de la main de l'humble et brave ouvrier et ne sortent que d'elle:

Eh! mes chers ouvriers, si parfois vous étiez bafoués, méprisés ou tournés en dérision, consolez-vous en vous-mêmes, en vous reconnaissant Îles auteurs de tout ce qui fait le confort, la richesse, RAgranens et'le mérite d’un pays.

Pourtant, quand on pense que tout cela est confié à l'ouvricr ; : que tous les mille dé-

tails de ces superbes et somptueux édifices ont dû passer par ses mains ; qu'il est, en un mot, seul chargé de préparer de ses mains tout ce qui sert à nos usages de tous les jours, à abriter et défendre notre existence contre le froid, la faim et tout péril ; que ses soins, par maladresse, par erreur ou ignorance, peuvent, en un instant, se changer en catastrophe désastreuse, en erreur fatale pour tout membre de la société, et qu'il est le seul, le seul entre tous pour qui il n’y a pas d'école, comment ne pas frémir de crainte et d’indignation ?

C'est pourtant bien le cas. Vous avez des établissements modèles pour les hautes études : des séminaires pour former un clergé parfait ; de facultés de droit et de médecine pour les avocats, les juges, les notaires et les médecins ; des écoles normales pour former des maîtres dans l'instruction primaire, et des écoles commerciales au profit des affaires financières. Tous ces collèges, sans en excepter un Seul, présentent aux aspirants un programme gradué et complet, renfermant la théorie et la pratique, études simultanées qui s’y font depuis le grand matin jusqu’au soir, et cela, d’un bout à l’autre de l’année, et pendant:une période déterminée, après lesquelles, toutefois, pour être reconnu capable et compétent en son état ou profession, 1l faut subir: les rudes épreuves de l’examen ad hoc. Très-bien. Mais où est le

collège du menuisier, du charpentier, de l'ébéniste, du mécanicien, du tourneur, du fondeur, du peintre, du sculpteur, de l’orne- l maniste, du graveur, du lithographe, du li

quoriste, du fabricant, du manufacturier, de ue l'artiste en mille branches d'arts et d'indus- À tries appelées à faire la prospérité du pays ?

Vous me répondez tous par le silence et d le regret de voir qu’en dépit du bon sens, il 1 n’y à pourtant rien du tout pour cet enfant ji du peuple dont nous venons d'apprécier le Le rôle immense dans les intérêts d’une nation. x

Si les sciences, la haute instruction, les professions libérales sont nécessaires, on a- f vouera pourtant que cette sorte de nécessité k vient encore après celle de la vie : c’est toujours le prèus vivere quam philosophari.

S'il faut des jurisconsuiltes instruits, des d magistrats respectables, des docteurs dignes : de ce nom par leur science, s'il faut desconseillers dans les affaires publiques, il faut cependant avant cela pouvoir vivre et se mou- bi voir en sécurité dans les conditions matériel- +

les de lexistence : habiter sans danger des pre maisons suffisamment solides, suffisamment Fe pourvues des objets nécessaires, utiles et "

commodes. Par conséquent il n’est pas moins É nécessaire d: pouvoir se reposer sur l’expé- je rience et les connaïiseances appronfondies de Bee l'architecte, de l'entrepreneur, du maçon é qui vous 6! zentune habitation, du charpen- ns 1 er qui la couvre, des ouvriers en fer,'en sy

bois, en pierres, en marbre, en plâtre qui l'appareïllent et qui la meublent. Done, si l'usage, la sécurité, le bien-être de la vie demandent impérieusement qu’on soit pourvu de cet entourage infini d'objets que réclame notre existence sur la terre, et si de cette industrie les nations les plus clairvoyantes tirent aujourd'hui leurs principales ressources, 1l faut, par conséquent, à tout prix, que les travailleurs entre lesquels se distribuent les branches innombrables de l'industrie soient convenablement instruits à les confectionner.

Si donc, pour former les aspirants aux carrières libérales, on a partout des lycées, des collèges. des universités, des professeurs, des bibliothèques offrant toutes les ressources de la science, il ne faut rien moins que tout cela, dans une autre sphère, moins élevée peut-être dans l'estime commune, mais bien plus nécessaire assurément. Il n’est point prouvé du tout que les premiers enfants du genre humain sussent lire ou écrire, mais le plus antique et le plus grand des livres nous apprend qu'ils bâtissaient fort bien de splendides villes,'et qu'ils travaillaient admirablement tous les méiaux.

Si donc le Canada veut désormais avancer et progresser, 1l faut qu'il cesse, une bonne fois, de mettre, comme on dit, la charrue devant les bœufs, et qu'il commence enfin à songer à ceux qu’il à oubliés jusqu’à présent,

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qui sont l'unique espoir du pays, et qui n’ont aucun moyen d'arriver proportionné à leurs mérites et aux besoins de la province de Québec.

Les écoles élémentaires et générales ne suffisant pas, le gouvernement à sagement encouragé les écoles respectives des avocats, des médecins, des soldats, des commerçants, des maîtres d'écoles, d'où chacun sort avec son instruction complète ; il n’y a plus, afin qu'il y ait Justice et égalité pour tous, qu'à honorer aussi la classe ouvrière, bien plus nombreuse que toute autre, plus nécessaire, et la moins bien dotée en toutes ressourses, qu’à lui donner une faculté des beaux-arts, sciences, arts-métiers et industrie, digne de ses mérites, et digne aussi du pays, telle que celle que je soutiens par la parole et par les œuvres depuis dix-sept ans, mais dont je n’ai pu, jusqu’à présent, vous montrer qu'un millième des avantages, et pour laquelle, par une anomalie sans nom, malgré le sacrifice de tout ce que: jai possédé pendant cette si longue période d'essai, d'argent, de zèle, de patience, de souffrance et de santé, j'ai sans cesse été, à quelque rare et noble exception près. persécuté par des envieux, et oublié, " en général, de tous , Jusqu'au moment de perdre tout espoir de réussite.

Reconnaissons donc la nécessité de cultiver les forces des classes ouvrières, en leur : accordant la part d'attention et de considéra- les

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ne ent ais, its, vec fin u’à lus ire, ses, r'is, de yue les vai par ice si

tion que réclame deur importance, par l'ouverture d’une institntion telle que celle que je leur souhaite.

Mais... un instant: 1l y en à une que je n'avais pas soupçonnée ! Souffrez que je me rétracte, car il n’y a pas de déshonnerr d’être vaincu par 1 vérité.

Je vais vous meêttre au fait d'une vérité qui frappera tout cé grand'auditoire, fervent approbateur de la causé dé tout un grand peuple. Pérmettez-moi de vous ladire. Serait. ce un conte, une fable ? Tout le monde la cru d’abord, puisqu'il s'agissait d’une école de métiers proprement dite, vraiment théorique et pratique, telle enfin qu’on ne saurait mieux la souhaiter. Cependant la chose est vraie. |

Mais ce sera une courte anecdote qui aura sa grande morale. Voici donc ce que, il v a quelques années, tous les journaux anglais et français de Montréal ont communiqué au public et que j'ai trouvé dans ‘La Minerve” du 11 janvier 1875, que voici :

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