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RUSSES ET ROUMAINS

La débâcle continue en Livonie. L'armée riisse se retire en désordre devant les Allemands qui, maîtres de Riga et de la mer, ont bombardé Kabli, à iio kilomètresplus au nord, et avancent en éventail sur les routes de l'est. Dwinsk est débordée par le nord, les troupes de Parsky ayant été enfoncées sur un front de plus de treize kilomètres. Si, comme on nous le dit, quelques-uns de leurs éléments montrent encore une certaine énergie dans la résistance, ils sont à la fois trop faibles et trop peu soutenus. Et l'on ne voit point

s'annoncer à l'horizon la décision salutaire qui, seule, pourrait ramener cette cohue désemparée au sentiment de son devoir.

Quel exemple et quelle leçon !

Détournons les yeux de ce triste tableau pour en chercher en Roumanie la consolante contre-partie. Là se trouvait, à la fin de igié, une armée dissociée et épuisée par trois mois de luttes terribles, soutenues contre un ennemi très fort par luimême, et qui ne dédaignait pas de s'appuyer sur la trahison. Ses débris lamentablesétaientpresquesansvêtements et sans

(Cl. Rofenstein.)

Après les combats du plateau de Bainsizza. Prisonniers Autrichiens.

pain : la maladie y faisait d'atroces ravages; le désespoir s'emparait de ces pauvres gens dont la bravoure n'avait pu sauver, de l'invasion les deux tiers du pays.

11 fallut d'abord les mettre à l'abri, sous la protection des troupes russes du général Sakharoff, que le maximalisme n'avait pas encore empoisonnées. Puis, la mission française commença l'œuvre de reconstitution intégrale qui, grâce au concours illimité donné par nous et à l'activité déployée par tous, put s'accomplir en quelques mois. C'était une opération colossale, rendue plus difficile encore par la disette de vivres et l'insuffisance des transports. Elle nesera jamais trop glorifiée, pour ce qu'elle a exigé d'énergie, de constance et d'intelligent labeur.

Au mois de juillet 191 7, les forces de la Roumanie, rétablies sur un pied respectable, dessinaient, au nord de Focsani, une offensive dont il ne tint pas à elles que les résultats fussent décisifs. Et depuis, elles contiennent, presque à elles seules, car les Russes, hélas ! ne montrent là comme ailleurs qu'une fermeté intermittente, la poussée ininterrompue de l'archiduc Joseph ot de Mackensen. Plusieurs des nôtres -' >nt tombésdans leurs rangs, qu'ils avaient contribué à reformer. Cet exemple a ressuscité et entretenu dans l'âme de nos braves petits alliés cette force morale

qui leur mérite à l'heure actuelle l'estime et l'admiration de l'univers. Mais il est bien vrai que de pareils prodiges ne peuvent être réalisés que, lorsque au sentiment impérieux de la dignité nationale s'ajoute l'action d'une discipline stricte et absolue, à laquelle chacun a juré d'obéir. A côté des Russes, qui dédaignent et oublient celle-ci, voici donc les Roumains qui la vengent. L'avenir les en récompensera.

Des autres fronts, j'ai peu de chose à dire. Les bulletins autrichiens laissent entendre que le San Gabriele est fort menacé et le bruit a même couru qu'il était pris. Mais nous n'avons pas encore, à l'heure où j 'écris, confirmation de cette nouvelle, qui serait celle d'un succès italien considérable, dont les conséquences se feraient sentir jusqu'au plateau de l'Hermada.

De notre côte et devant les positions anglaises, c'est surtout l'aviation qui opère en ce moment d'une façon incontestablement brillante. Celle de l'ennemi étant venue molester impudemment certaines de nos formations sanitaires et plusieurs villes ouvertes, nous avons bombardé Trêves pour la troisième fois. Ce ne sera pas la dernière, j'espère, car ces représailles justifiées doivent prendre, à mesure que le temps marche, une extension qu'il faudra développer largement.

(Cl. Sectio.i ph3f. de l'Armée italienne.)

Auprès d'an 75 italien, au cours de la lutte sur le San-Gabriele.

Lt-COLONEL ROUSSET

La garnison de Riga

L anarchie gagne peu à peu toutes les forces de l'armée russe. La honteuse te d'huile pacifiste s'est étendue et a transformé les vaillants soldats de 1914, 191. 1916 en fuyards apeurés. C'est ainsi que Ri^a est tombée aux mains des Allemat

ijifuit aux premiers obus

2UX annes, la ville avait superbement résisté aux plus habiles manœuvres. Quelqu mrs de bombardement ont suffi, en septembre 1917, pour semer la panique parmi l \p/enseurs. Victoire importante due, hélas ! aux traîtres plus

qu aux

es

les

canons.

Lt-COLONEL ROUSSET

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