JAPONAISE
Les questions politiques priment aujourd'hui les affaires militaires, lesquelles se réduisent d'ailleurs à fort peu de chose. Il y a partout des chicanes sans aucune action sérieuse. Sur tous les points, même en Livonie, les Austro-Allemands sont contenus ou arrêtés. Et cela peut durer longtemps.
Tout se tient, en effet, tout se combine et s'enchaîne. Sans l'offensive italienne à laquelle il leur a fallu répondre en se découvrant, l'archiduc Léopold et Mackensen auraient peut-être enfoncé les Roumains, si résistants que se montrent ceux-ci. Sans les attaques françaises de Verdun et la menace anglaise des Flandres, il est vraisemblable que des renforts auraient été envoyés à von Eichhorn, pour lui permettre de compléter un peu plus rapidement qu'il ne le fait son succès de Riga. Je suis tout à fait d'accord avec la Stampa qvtand elle écrit : « Nous ne savons pas comment finira l'aventure de Livonie. Mais nous pouvons prévoir qu'elle contraindra notre plus puissant ennemi à une extrême dispersion de forces dans une direction diainétralement opposée à celle qui pourrait être dangereuse pour nous. »
A une condition, cependant, c'est que la crise intérieure que traverse la Russie ait une solution rapide, quelle qu'elle soit. Nous sommes trop loin et trop incom-
plètement renseignés pour savoirqui^a raison de Kerensky ou de Kornilof , et pour prendre parti dans le conflit qui les divise. L'un a beaucoup parlé, sans grand résultat.
L'autre vise plus directement le but.
Mais si leur différend s'éternisait, il pourrait entraîner les pires conséquences, en détournant une grande partie de l'armée de sa mission essentielle. Je veux bien que cette mission ait été, depuis quelque temps, remplie assez mal. Que serait-ce si elle ne l'était plus du tout ?
En tout cas, la lutte engagée entre les deux pouvoirs, civil et militaire, remet sur le tapis la question de l'intervention japonaise. J'ai, pour ma part, fait allusion bien souvent aux services qu'ellepourrait nous rendre. Voici qu'un grand journal italien, le Corriere delta Sera, s'étonne de la voir autant tarder et la réclame avec une très ferme insistance. Notre confrère se rend compte, comme nous tous, que la guerre ne pourra être terminée que par -l'entrée en action de nouvelles armées alliées. Celle de l'Amérique en sera une. Pourquoi l'autre ne serait-elle pas celle du Japon?
En un temps où la Russie, arrivée au seuil de la guerre civile, ne nous offre plus que des garanties aléatoires, au moins tant que le principe d'autorité n'aura pas été restauré chez elle, il semble que rien ne
U-COLONEL ROUSSET
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(ClichésTorbin et Section phot. de l'Armée italienne.)
i. Renforts italiens s' organisant près de la ligne de bataille. — 2. Transport de matériel de tranchées sur le Carso.
U-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Verdun. — Vifs combats sut nos nouvelles positions au nord du bois des Caurières; l'ennemi réussit à pénétrer dans notre première ligne sur un front d'environ 500 mètres.
Dans les Flandres. — La lutte d'artillerie est très violente dans tout le secteur d'Ypres; des opérations de détail s'exécutent aux environs de Saint-Julien et donnent lieu à des engagements assez sérieux.
Armée d'Orient. — Nos troupes consolident leurs positions dans la région de Pogradoc et du lac d'Ochrida; nous avons capturé au cours des derniers combats plusieurs canons et mitrailleuses et im impoT' tant matériel de guerre. L'ennemi qui attachait une grande importance à la région disputée, y avait appelé des renforts autrichiens, allemands et bulgares.
En Russie. — La tentative du général Kornilof a échoué; Le général Alexeief se rend auprès de lui pour le décider à une soumission complète.
doive être négligé pour compenser sa défaillance.. Et j'ajoute qu'aucun moment ne pourrait être mieux choisi, pour grouper en un faisceau unique toutes les forces destinées- à sauver la civilisation
Verdun. — Sur la rive droite de la Meuse, après un vif combat qui a duré une partie de la nuit, les Allemands ont dû évacuer une partie des tranchées où ils avaient pénétré hier au nord du bois des Caurières.
Front roumain. — La situation militaire demeure sans changement appréciable depuis une dizaine de jours; l'ennemi a adopté une attitude passive et poursuit ses travaux de retranchement. Son front a été évidemment dégarni par l'envoide renforts sur l'Isonzo. Le gouvernement russe reconnaît que la Crimée et Odessa doivent leur salut à la vaillance et à la ténacité des armées roumaines, qui se sont sacrifiées pour la cause commune.
Sur mer. — Combat d'aviateurs navals britanniques et de contre-torpilleurs allemands au large de la côte belge; un grand torpilleur est atteint par les bombes des aviateurs et deux chalutiers sont coulés.
menacée, que celui où la coalition germanique est obligée de disséminer ses troupes. de telle sorte que celles-ci, capables encore de se défendre, se montrent manifestement hors d'état d'attaquer.