‹ La Guerre au jour le jourChapitre 108 sur 360 · NOUVEL ÉCHEC AUTRICHIEN. — LA GUERRE AÉRIENNE · texte numérisé non relu

NOUVEL ÉCHEC AUTRICHIEN. — LA GUERRE AÉRIENNE

(14 Septembre.)

Le seul fait de guerre qui mérite aujourd'hui d'être signalé est l'attaque violente que les Autrichiens ont dirigée contre le San Gabriele. Disons tout de suite qu'elle a complètement échoué. Et jen'ajouteraisrien à cette constatation rassurante, si le communiqué italien n'indiquait pas, pour la première fois, que nos alliés tiennent la cime du fameux sommet. L'ennemi a bombardé furieusement celle-ci, ainsi que les pentes en arrière, après quoi il a essayé de la faire tomber en dessinant contre elle »n mouvement offensif combiné avec une tentative de débordement par le sud.

Après huit ou neuf heures de durs combats, il a dû regagner ses lignes sans bénéfice aucun.

Partout ailleurs, l'artillerie seule demeure en action, avec une énergie variable suivant les lieux et les circonstéinces, et l'infanterie attend l'occasion d'intervenir. Les communiqués suffisent donc amplement à nous renseigner sur ces affaires de détail. Ils insistent en même temps sur l'activité constante de l'aviation, qui, sur le front an-

glais comme sur le nôtre, moleste grandement les établissements de l'ennemi.

J'espère qu'il n'y a là qu'un prélude, et que la guerre aérienne est appelée à prendre un développement considérable, autant que fécond, aussitôt que les Américains seront en état de nous prêter un concours plus étendu.

On voit, à l'heure actuelle, les Allemands multiplier leurs raids, particulièrement sur l'Angleterre. Par une de ces erreurs de psychologie dont ils sont coutumiers, ils s'imaginent que l'intimidation leur permettra de dominer rapidement l'adversaire. Je persiste à croire que celle-ci, pratiquée en grand, aurait une action beaucoup plus profonde et immédiate sur eux-mêmes, comme on en peut juger par l'effet que produisirent le bombardement de Dusseldorf en 19 14, et tous ceux dont, postérieurement, un certain nombre de leurs cités ont eu à souffrir. Le Daily Mail a donc parfaitement raison de dire qu'aux tentatives d'invasion par les airs, il convient d'en opposer de toutes

Lt-COLONEL ROUSSET

semblables, mais plus larges et plus puissamment organisées. En effet, on ne voit pas, lorénavant.de manière plus profitable de lie la guerre que celle qui consistera à

s'assurer la suprématie de l'air, puisque celle que nous possédions sur les mers n'a pu, pour des raisons que j'ignore, nous donner ce qu'on en attendait.

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