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SYMPTOMES D'EPUISEMENT

La belle résistance de l'armée roumaine a inspiré aux Austro-Allemands des sentiments de prudence qui vont peut-être changer toute l'économie de la bataille orientale. On affirme que Mackensen et l'archiduc Joseph renoncent décidément à poursuivre plus avant leur marche en

der de grands mouvements offensifs. D'ailleurs, les Autrichiens viennent de se faire battre assez rudement dans la région de Radautz et ont faiUi de peu l'être aussi dans celle d'Okna.

Toute chose a, il est vrai, son bon et son mauvais côté. L'apaisement qui doit se

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Appareils français pour repérer le passage

(Cl. Beaufrère.)

des avions ennemis.

Moldavie. La tièdeurdeleurs attaques nous l'indiquait depuis un certain temps.

Je ne sais si, comme disentles dépêches, la Bulgarie a vraiment, par ses prétentions exorbitantes, contribué à cette renonciation.Nous n'aurions, danscecas,rien de mieux à faire que de regarder, de loin, le torchon brûler entre les deux complices. Mais je doute qu'étant donné l'état d'asservissement absolu auquel sont réduits les vassaux du kaiser, le fait, même exact, soit absolument dirimant. Ni le tsar Ferdinand ni le grand Turc ne sont gens à ruer dans les brancards, car, pas plus l'un que l'autre, ils n'ignorent que la défaite de l'Allemagne entraînera leur ruine irrémédiable. J'admets, par contre, comme très vraisemblable que la coalition, tiraillée de plusieurs côtés à la fois, et obligée de résister à la pression italienne, ne se sent plus suffisamment en forces, comme je l'ai indiqué à plusieurs reprises, pour hasar-

produire en Moldavie aura, très probablement, pour contre-partie une recrudescence de l'action en Italie, où de nouveaux renforts poixrront être envoyés. Dans quelle limite? C'est ce qu'il est impossible de dire. Quant à ceux qui sont déjà arrivés à pied-d' oeuvre, ils n'ont pu, en dépit d'attaques furieuses et répétées, déloger nos alliés du San Gabriele.

Cette pénurie d'effectifs, dont souffrent les armées de la coalition, se manifeste par les faits eux-mêmes. L'ennemi a dû cesser, un temps qui s'allonge, ses tentatives de reprise devant Verdun, et celles qu'il a esquissées sur le front anglais, du côté de Bullecourt et de Langemarck, ont complètement échoué. En Russie, il garde une attitude expectante qui peut paraître singulière, en un moment où se déroulent des événements intérieurs dont la confusion inextricable montre dans quel désordre sont tombés le gouvernement et

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l'armée. Que Kornilof ait dételé son cheval au milieu du gué, ou que ses troupes aient refusé de passer celui-ci à sa suite, il n'en est pas moins vrai que l'ardeur combative des soldats moscovites accuse partout une dépression fort accentuée. Comment les Allemands n'en profitent-ils pas? Et comment même laissent-ils les éclaireurs de Parsky dessiner des pointes du côté de Riga? Ce n'est point de la sorte qu'après la Dunajec, Mackensen menait son offensive.

Il est vrai qu'à cette époque la mort n'avait pas fait encore une aussi riche moisson.

Je n'irai certainement pas jusqu'à dire que nos ennemis sont à bout de forces et de ressources, ce qui serait absurde, ni même qu'ils sont tout près d'y arriver, ce qui serait trop hâtif. Mais je ne crois pas me tromper en affirmant que l'obligation de satisfaire à une lutte aussi éparpillée leur devient pénible et difficile. L'attitude qu'ils prennent presque partout et, qui est en opposition formelle avec toute leur doctrine de guerre, en fait foi. Mais il ne suffit pas de constater le fait. Il faut aussi en profiter.

LA PASSIVITE ALLEMANDE

(16 Septembre.)

Il se passe en Livonie quelque chose qui mérite d'être souligné. Malgré la perturbation apportée dans la situation militaire générale par le coup de tête deKornilof, — lequel paraît d'ailleurs s'être conduit comme un hanneton dans une cloche, ■ — les Russes reprennent du poil de labête, et refoulent lentement les avant-gardes allemandes à la fois sur le littoral et au sud de la chaussée de Pskow. On remarquera que ceux qui se chargent de ce soin sont précisément les régiments lettons, composés d'éléments fournis par le pays même sur lequel l'Allemagne, qui escomptait peut-être un peu trop de vagues tendances séparatistes, prétendait asseoir sa domination très facilement.

Que conclure de cette aventure inattendue sinon que von Eichhorn décidément n'est pas en forces, et ne croit pas pouvoir y être de longtemps ? Une occasion superbe lui était offerte, qui ne se retrouvera probablement jamais, car des pas de clerc aussi piteux que celui qili vient d'échouer ne se répètent pas comme de simples changements de ministère. Il n'en a pas profité. Il n'a pas bougé. Mieux encore, il se laisse entamer çà et là. Personne ne croira que ce soit par indifférence ou bonté d'âme. ,Ni l'une ni l'autre ne sont dans les usages allemands.

Au contraire, cette inertie, en se manifestant au moment où elle se comprend le moins, devient une preuve manifeste

Carte de la région des lacs Ochrida et Presba, théâtre des récentsjsuccès alliés.

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de la disette croissante d'effectifs que j'indiquais hier. En veut-on une autre?

On la trouvera dans l'augmentation du nombre des mitrailleuses affectées à chaque unité. Il y aura bientôt dans chaque régiment d'infanterie vingt-quatre de ces engins au lieu de dix-huit. C'est-à-dire que l'on s'efforce de remplacer la force agissante, qui décroît, par la force matérielle, qui n'est qu'une question de production. Mais cet expédient, car c'en est un, ne peut avoir qu'une valeur momentanée et circonscrite, qui se manifeste surtout dans la défensive. En y recourant, les Allemands nous indiquent qu'ils ne se sentent plus en état de rien tenter qui soit véritablement opérant.

Et, en effet, leur attitude étonnamment passive ne comporte guère maintenant que des actions purement locales. Ainsi, vendredi, le kronprinz s'est mis en tête de nous ravir nos récentes conquêtes

du bois des Caurières, devant Verdun. Ce n'est pas, je suppose, qu'il se flatte d'entrer maintenant dans la place. Mais il est inquiet de nos progrès, et il voudrait les enrayer avant qu'ils l'obligent à céder tout à fait le terrain. On sait qu'il n'a pas mieux réussi, cette fois, que dans ses nombreux essais antérieurs. Et je suis bien assuré que tout autre que lui serait invité à cesser ces inutiles tueries, dont le seul résultat est d'accroître dans des proportions trop appréciables un affaiblissement dont nul ne peut plus conjurer les effets.

Dirai- je maintenant qu'en Macédoine, nos troupes ont, à leur extrême gauche, enlevé quelques positions à l'ennemi avec près de 400 prisonniers, dans la région des lacs d'Ochrida et de Presba? Le fait, assurément, est intéressant par lui-même. Mais nous ne savons pas s'il indique un commencement d'offensive ou si, comme-beaucoup d'autres, il doit rester isolé.

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