UNE BRÈCHE DANS LA LIGNE RUSSE
(24 Septembre.)
(Cl. Trampus.)
Les Allemands se sont emparés de Jacobstadt, ville de second ordre, mais qui leur donne un passage sur la Dwina, entre Friedrichstadt et Dwinsk. Ce dernier point est donc menacé de prise à revers, et c'est en cela que le fait susmentionné tire à conséquence. Une brèche s'ouvre dans la ligne russe, et peut d'un moment à l'autre séparer la Livonie du nord de celle du sud. Je ne crois pas que l'éventualité d'une marche sur Petrograd en devienne pour cela
plus probable. J'ai donné déjà les raisons de sonretardement. Maisil n'est pas contestable que, si le" cours de la rivière vient à être forcé complètement, l'ennemi trouvera là une base solide qui lui permettra d'appuyer, par terre, l'offensive maritime toujours à craindre, et dont les prodromes semblent presque se dessiner.
Or, c'est précisément le moment où le ministre de la guerre Verkhowsky annonce, dans un discours au comité directeur du so-
Lt-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Verdun. — Vifs combats sur la rive droite de la Meuse; l'ennemi lance 4 bataillons appuyés de troupes spéciales d'assaut contre nos tranchées au nord du bois Le Chaume; il prononce en même temps deux altaques secondaires, l'une au nord de Bezonvaux, l'autre au sud-est de Beaumont. Nos troupes n'attendent pas le choc des assaillants : elles sortent des tranchées pour se porter au-devant d'eux et les refoulent énergiquement.
En Russie. — Dans un ordre du jour M. Kerensky remercie le général Alexeief des services éminents qu il a rendus en arrêtant sans effusion de sang le mouvement du général Kornilof. Le général Alexeief reste à la disposition du gouvernement provisoire.
En Epire. — A la suite d'un accord entre l'Italie et la Grèce, les troupes grecques réoccupent Janina. Les forces italiennes, à leur départ de la ville, sont l'objet de chaleureuses manifestations de sympathie.
Front occidental. — La lutte d'artillerie reste très violente sur la rive droite de la Meuse entre Beaumont et Bezonvaux, mais l'ennemi qui a subi de fortes pertes dans ses attaques d'hier, au nord du bois Le Chaume, ne fait aucune tentative nouvelle.
Devant les lignes britanniques du secteur d'Ypres, les Allemands exécutent plusieurs retours offensifs et engagent une lutte qui se prolonge toute la journée avec des alternatives diverses.
En Angleterre. — Les raids aériens se multiplient au-dessus de Londres et de l'estuaire de la Tamise; on en compte jusqu'à trois dans la soirée d'hier et la journée d'aujourd'hui: l'un d'eux est exécuté, aux termes du communiqué allemand, par une escadrille puissante de dirigeables de la marine sous les ordres d'officiers ayant fait eurs preuves.
Amérique Centrale. — La Republique de Costa- Ricu déclare la guerre à l'Allemagne.
viet, qu'il va démobiliser un tiers de l'armée russe, solution qu'il est vraiment difficile de troviver opportune. Ce même ministre, dans le même discours, a donné comme raison de la démission d'Alexeief que celui-ci ne comprenait pas « la psychologie des troupes révolutionnaires ».
Je souhaite que lui la comprenne mieux et, surtout, réussisse à en tirer parti.
Rien de nouveau sur le front occidental. Nos alliés britanniques ont repoussé toute une série de contre-attaques furieuses par lesquelles les Allemands essayaient de réparer leurs derniers échecs. La lutte a été particulièrement rude aux environs de Saint- Julien, et à l'ouest de Ghelu-
velt, de part et d'autre de la route d'Ypres. à Menin. Mais les vaillantes troupes des généraux Gough et Plumer en sont sorties victorieuses, et l'ennemi n'y a rien gagné, sinon un allongement de la liste de ses pertes, dont l'énormité, il y a un mois, faisait déjà frémir Ludendorff.
De notre côté, le kronprinz a esquissé quelques attaques, qui, comme de règle^ ont été repoussées. J'avoue ne pas m'expliquer les. mobiles auxquels il obéit en répétant à satiété ces démonstrations stériles, dont aucune, même si elle avait l'issue qu'il désire, ne lui donnerait un avantage ayant quelque importance ou quelquesolidité.