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NOUVEL ASSAUT DU KRONPRINZ

(26 Septembre.)

Le kronprinz ne se laisse point rebuter par les coups de caveçon répétés qu'il encaisse. C'est, comme on dit, un homme qui a de l'estomac. Peut-être, au demeurant, gagnerait-il à faire preuve d'un peu plus dedondértiaon et de sagesse,

ne serait-ce que pour remettre du baume dans l'âme angoissée de Ludendorff. Mais après tout, c'est là affaire à tous les deux. La nôtre est de rendre vaines toutes leurs tentatives, et il apparaît suffisamment que nos soldats n'y manquent pas.

(Cl. Wyndham.)

Près de Bxsinghe. Artillerie anglaise traversant une ancienne tranchée.

Lt-COLONEL ROUSSET

Dans la journée de lundi, une grande attaque, dûment préparée par l'artillerie et accompagnée du jeu ordinaire des lanceflammes, a été dessinée contre nos positions de la rive droite de la Meuse, vers les abords septentrionaux du bois Le Chaume. Quatre bataillons, accompagnés des troupes spéciales d'assaut, soit en tout quatre ou cinq mille hommes, étaient chargés de l'exécution, tandis que, sur leurs deux ailes, d'autres éléments, occupés à « faire le jeu», menaçaient le nOrd de Bezonvaux et le sud-est de Beaumont. Si le prince Guillaume ne connaît pas très bien l'art de la surprise, il pratique au moins celui des diversions.

Cependant, en dépit de celles-ci, il a été complètement battu, et pas content, peut-on dire, puisqu'il s'est entêté jusqu'à trois fois dans une entreprise avortée dès son début. Ses pertes sont, dit-on, considérables. C'est la rançon habituelle de ces impétuosités d'écolier.

Si l'on comprend fort bien l'inquiétude où le jettent nos récentes conquêtes et le violent désir qu'il aurait de nous les arracher, on s'explique moins la façon dont il s'y prend pour apaiser l'une et satisfaire l'autre. Des assauts spasmodiques, menés

à intervalles variables, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, ne sont pas faits pour nous ébranler. Nos troupiers en ont tellement pris l'habitude qu'ils ne s'en émeuvent plus guère, parce qu'ils connaissent la manière de les briser. Pour reprendre le terrain perdu, qui constitue une menace constante et fournit aux progressions ultérieures toute une série de points d'appui solides, il faudrait pouvoir agir par grandes masses, comme aux premiers jours du siège de Verdun. Et encore ne retrouverait-on pas le concours de circonstances dont on put alors profiter. Mais ces masses; où sont-elles? Demandons-le à la terre, qui couvre les ossements de tant de milliers d'hommes alors inutilement sacrifiés. Ceux-ci, le kronprinz, quoi qu'il fasse, ne les retrouvera plus j amais.

Tandis que cette grosse affaire se déroulait à l'est de nos lignes, le reste du front restait calme. J'ai expliqué les raisons de ces longues interruptions. Mais, devant Riga, sur la chaussée de Pskow, les Russes ont obtenu un petit succès, dû à une offensive assez hardie. Serait-ce, de leur part, un regain d'énergie? Nous voudrions pouvoir l'annoncer.

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