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PHILOSOPHIE DES DERNIERS COMBATS

(29 Septembre.)

Les Allemands semblent pas mal s'agiter, depuis le front de Champagne jusque devant Verdun. Sur certains points, comme par exemple du côté du Chemin des Dames où un récent échec les a rendus circonspects, ils se contentent de tât er le terrain, que nos soldats ne leur permettent pas d'entamer. Sur d'autres, tels que l'Argonne et les abords de Tahure, ils se démasquent plus franchement et dessinent de véritables attaques. Est-il besoin de dire qu'ils ne réussissent pas mieux ici que là-bas?

Ces manifestations fébriles, qui se terminent toujours par un fiasco et finissent par coûter fort cher, seraient absolument incompréhensibles si l'on ne savait que le gouvernement allemand, étant en train de • contracter son septième emprunt de guerre, éprouve le besoin de tenir les populations ■en haleine et de leur présenter comme des avantages acquis ce qui n'est, au fond, que l'onéreux maintien du statu quo. Les communiqués de Ludendorff pratiquent

excellemment l'art de montrer la situation sous un jour plutôt favorable, sans donner à la réalité des accrocs trop accentués. « Voyez, disent- ils, nous sommes inlassables dans la résistance. Nos troupes soutiennent sans fléchissement le choc d'un ennemi supérieur en nombre, et nous restons maîtres des événements. » Seulement, il faut bien avouer de temps en temps, comme c'est arrivé hier pour le front anglais, que l'on est entamé d'une façon plus ou moins sensible. Et, du coup, tombent toutes les subtilités derrière lesquelles on s'abritait.

La vérité est qu'aucun des deux kronprinz n'a pu reprendre ce que les alliés lui ont enlevé au cours des dernières batailles. Celui de Bavière n'a pas dessiné, dans la journée de mercredi, moins de sept contre-attaques, pour débusquer les Anglais de Tower-Hamlet et des autres points conquis. Jeudi, il est revenu à la charge dans la direction de Zonnebeke, tout cela pour ne rien obtenir, pas même

Li-COLONEL ROUSSET

LA GUERRE AU JOUR LE JOUh

(CI. Meurisse.)

lorfJftH.fjt'T "K'^l^''*^ t^^P^te détachait quelques-uns de nos ballons captifs et les

portait vers les lignes ennemies, an observateur risque une descente dangereuse en

parachute plutôt que de tomber aux mains des Alleman is. ^^^^

dJ-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Front occidental. — Dans les Flandres, un fort détachement ennemi qui tente d'aborder les lignes britanniques, à l'est du bois du Polygone, est pris sous les feux d'artillerie et d'infanterie; tous les assaillants sont tués ou faits prisonniers.

Un autre détachement occupé à installer des mitrailleuses est surpris dans lanuit et perd toutes ses pièces qui sont emmenées par les Anglais.

Devant les troupes françaises, il n'y a que des engagements de patrouilles et quelques tentatives de coups de main sans résultat.

Voyage du roi d'Italie. — Troisième et dernière Journée consacrée au front des troupes françaises; le roi et le président visitent Soissons, quelques-unes de nos positions sur les plateaux au nord de l'Aisne et une partie de la région évacuée au mois de mars par les Allemands. Le roi s'indigne des actes de vandalisme commis pendant cette retraite.

Région de Lens. — Echec d'une attaque allemande lancée sur les positions anglaises de la cote 70, au nord de la ville; l'ennemi est repoussé après un vif combat.

Voyage du roi d'Italie. — Victor Emmanuel III visite les positions de l'armée belge, en compagnie du roi Albert. Il a adressé au président de la République, en quittant le sol français, un télégramme dans lequel il déclare « avoir parcouru, le cœur ému, les champs de bataille où les soldats français ont donné tant de preuves d'héroïsme éclatant. J'ai visité, ajoute-t-il les terres réunies de nouveau au sol sacré delà France et j'ai rapporté une inoubliable impression des lignes de Verdun où la tenace résistance française triompha de l'assaut ennemi y>.

En Mésopotamie. — Le général Maude emporte les positions turques établies autour de Ramadié sur l'Euphrate, au nord-ouest de Bagdad. Il occupe ensuite la ville et y fait plus de 4000 prisonniers.

le maintien de certains postes encore occupés par ses troupes et que les si^ldats britanniques ont achevé de nettoyer. Le bulletin allemand se console en déclarant que la dernière avance anglaise est inférieure à celle du 20 septembre. C'est possible, inais cette avance nous satisfait tout de même, puisqu'il n'entrait point dans les intentions britanniques de la pousser plus ioin, au moins jusqu'à prochaine occasion. Au reste, il ne s'agit pas de chicaner sur le plus ou moins d'étendue de terrain que fait perdre à l'ennemi chaque ofîensive alliée. La mesurer serait peine inutile, étant donné que la somme de tous ces cheminements ne nous débarrasse pas

encore, à beaucoup près, de l'odieuse présence des hordes germaniques. La question est plus haute et d'ordre plus général. Elle se résume en ce fait, dûment acquis désormais, que, quoi qu'ils fassent et à quelques moyens ignobles qu'ait recours leur barbarie raffinée, les Allemands sont maintenant obligés de céder, à la pression des troupes alliées. Et cela nous permet d'espérer que le jour où celle-ci s'exercera enfin dans toute sa plénitude, avec une vigueur accrue par des afflux nouveaux, se lèvera l'aurore de la délivrance, vers laquelle doivent tendre plus que jamais tous les efforts concertés de l'extérieur... et de l'intérieur.

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