L'AVIATION DEVIENT NOTRE ARME SUPRÊME
(l^r Octobre.)
J'ai parlé récemment de certaines villes françaises, — villes ouvertes, — contre lesquelles la barbarie teutonne s'exerce depuis quelque temps avec un acharnement tout spécial. Je peux les nommer aujour-
d'hui. Elles s'appellent Bar-le-Duc et Commercy.
En les bombardant avec une frénésie sauvage, tant par avions que 'par pièces à longue portée, les Allemands ne s'atta-
Lt-COLONEL ROUSSET
quent point à des établissements militaires, — il n'en existe point là à proprement parler, — mais à des populations paisibles que le simple droit des gens devrait garantir contre de telles agressions. Ils commettent donc, froidement, cyniquement, comme en Angleterre, de véritables assassinats.
Nous ne l'oublierons pas. J'espère même que nous y trouverons une invitation
Bonnot et ses complices n'en avaient pas fait plus qu'eux.
L'Allemagne, qui sent venir le moment des abois, va multiplier les violences, les perfidies et les atrocités, en même temps qu'elle va essayer des manœuvres perfides comme celle que signalait, hier, une correspondance de Genève, et qui consiste à faire miroiter devant nous l'appât de l'Alsace-Lorraine, pour peu que
(Cl. Branger.)
In/anterie française, accompagnée de son artillerie, en route vers le front.
nouvelle à organiser contre les cités allemandes les rei^résailles énergiques dont j'ai naontré à plusieurs reprises l'impérieuse nécessité. Il faut appliquer à ces misérables la peine du talion, en attendant que la justice puisse exercer contre ceux qui se feront prendre les revendications légitimes que comporte le droit commun.
On connaît les ordonnateurs de ces forfaits .inexpiables. Je voudrais que, déjà, on instruisît leur procès suivant les formes légales, comme a démontré que, s'était possible, dans une remarquable mercuriale, M. Bourgeon, ancien procureur général à Poitiers et membre aujourd'hui, si je ne me trompe, de la cour de cassation. Assimiler ces forbans à descombattants ordinaires, c'est les traiter d'une façon beaucoup trop honorable, car, au demeurant,
nous voulions laisser nos alliés se débrouiller. Le trébuchet est grossier, comme ceux qui le tendent. Il ne surprendra personne ; au contraire, il nous apporte une preuve nouvelle de l'état de fatigue générale où sont arrivés nos ennemis, et de leur violent désir d'en finir. Mais il nous prévient aussi qu'il faut nous tenir sur nos gardes contre toutes les embûches possibles, sans tenir compte des démentis attendus, puisque le moment est singulièrement propice pour achever de répandre plus largement encore ce désarroi moral dont les premiers symptômes apparaissent si clairement.
En cette affaire, l'aviation devient notre arme suprême, celle dont il faut hâter par tous les moyens le développement intensif.
Li-COLONEL ROUSSET
(Cl. Chusseau-rlaviens.)
Prisonniers turcs traversant une rue de Bagdad.