‹ La Guerre au jour le jourChapitre 126 sur 360 · EN MESOPOTAMIE · texte numérisé non relu

EN MESOPOTAMIE

Il y avait longtemps que nos alUiés anglais n'avaient pas fait parler d'eux en Mésopotamie. Nous n'en étions point surpris, la saison étant fort peu propice à une opération militaire tant soit peu sérieuse. Mais il nous restait quelque idée que ce qui était différé n'était pas perdu.

Et, en effet, le 28 septembre dernier au matin, le général Maude poussait ses troupes dans la direction de l'ouest, le long de l'Euphrate, jusque vers Mushaid, à cinq kilomètres environ de la ville de Ramadié, sur la route de Bagdad à Alep. La première crête ayant été enlevée, les Anglais attaquèrent la position principale par le sud-est, tandis que la cavalerie, dessinait un large mouvement enveloppant sur la droite ennemie. Dans la soirée même, les Turcs se trouvaient complètement encerclés.

Ils essayèrent bien de se dégager pendant la nuit, mais ne purent y réussir. Attaqués de nouveau le lendemain à l'aube, ils durent mettre bas les armes presque en totalité, en abandonnant un matériel considérable et une masse de prisonniers, au nombre desquels figure le commandant en chef lui-même, Ahmed bey.

On ne nous dit pas d'où venaient les troupes ainsi anéanties. Mais, en se reportant aux nouvelles données récemment

par les correspondances étrangères, on peut supposer qu'elles appartenaient à unet armée constituée en vue de reprendre^ Bagdad, et dont Falkenhayn, s'il n'était: pas encore à sa tête, dirigeait du moins les mouvements. On sait que la perte de la. capitale mésopotamienne a porté un coup fort sensible, non seulement aux Turcs, mais aux Allemands. Une feuille germanique écrivait tout dernièrement que la ville devait être reprise à n'importe quel prix, avant toute ouverture de négociations de paix. Il est donc très probable que, coupant au plus court, les Ottomans avaient pris la route directe qui les menait sur le flanc des Anglais. Mais l'affaire paraît définitivement manquée après cette: irréparable défaite, car on ne remplacera' plus facilement les éléments qui viennent de s'évanouir ainsi.

C'est autant plus vraisemblable que le communiqué anglais nous parle en même temps d'un engagement de cavalerie qui se serait produit au nord de Bagdad, probablement vers Djadidi et Deli-Abbas.

Nos alliés se sont emparés là de trois cent» chameaux chargés de ravitaillement. Or, on ne met pas, d'ordinaire, les convois h l'avant-garde. Les Turcs se croyaient-ils^ donc tellement sûrs de rentrer dans la ville, qu'ils y faisaient converger leurs vivres par un autre chemin? Si oui, leur décep-

iLt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Verdun. — Attaque allemande sur la rive droite de la Meuse, entre la cote 344 et Samognewc. Les détachements d'assaut ne réussissent à aborder nos lignes que sur un seul point au nord de la cote 344 et nos retours offensifs finissent par lui enlever la majeure partie du terrain conquis.

En Serbie occupée. — La presse serbe publie une lettre écrite à la date du 23 juillet 1917, par le chef des insurgés serbes, et qui donne des renseignements intéressants. « Depuis deux ans, j'organise des compagnies d'insurgés : une insurrection a eu lieu dernièrement contre les Autrichiens et les Bulgares; nous avons remporté de grands succès et occupé un grand nombre de villages: nous avons cerné Nisch, Alexinatz, Lescovatz et poussé jusqu à Vranya... nous avons combattu avec acharnement contre un corps d'armée ennemi tout entier... nous sommes de nouveau dans les montagnes.y (Le Temps.)

Front occidental. — Les communiqués ne signalent que des actions de détail, sauf dans le secteur d'Ypres vers Tower-Hamlet et le bois du Polygone, où les Allemands renouvellent leurs contre-attaques avec des effectifs assez importants.

Lorient. — Le président de la République remet la croix de la Légion d'honneur au maître d'équipage Monnier et des médailles militaires à plusieurs matelots de la goélette Kléber qui a soutenu le 7 septem' r j dernier une lutte inégale de trois heures contre un sous-marin allemand. Monnier resté seul valide, a tiré les derniers coups de canon sur l'ennemi et a pu regagner l'île de Croix avec son navire désemparé.

Afrique occidentale. — Les Allemands n'occupeni plus dans leur dernière colonie que 3 postes importants ; Mahenge, Livaia et Massassi, autour desquels l'investissement se resserre tous les jours, grâce aux opérations combinées des colonnes angle-belges.

tion doit être cruelle, car la perte définitive de la Mésopotamie, après celle de l'Arménie, ne se compense point par l'honneur

de combattre par ailleurs côte à côte avec les Bulgares, sous les enseignes de l'empereur allemand.

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