L'ÈRE DES REPRESAILLES
(3 Octobre.)
Je passe sur les coutumières escarmouches et les divers combats aériens pour en venir au bombardementde Stuttgart et aux réflexions qu'il suggère. J'ai assez souvent exprimé mon opinion à l'égard des représailles nécessaires pour que l'on ne s'étonne pas si je me montre pleinement satisfait de celles-ci. Mais je les voudrais plus nombreuses encore et plus généralisées, en attendant que nous puissions prendre les devants.
Les Anglais, sur qui la barbarie alleunande s'exerce avec une sorte de fureur Taf&née,sont pénétrés comme nous de l'intéarêt qu'il y aurait à lui donner de sanglantes arépliques. « L'impunité relative dont l'Alleanagne a joui jusqu'à présent, dit une note britannique, n'est due qu'à des considéra- ■tion d'ordre militaire et non à une opposition de principe à l'entreprise de raids sur les villes ennemies. » En effet, il faut avant «tout songer au front et aux services
indispensables qu'y rendent les avions, tant pour la préparation de la bataille que pendant la lutte elle-même, et aussi sur les derrières immédiats de la ligne ennemie. On ne saurait donc, sans danger, en détourner beaucoup à la fois de leur mission la plus essentielle, pour les envoyer porter le trouble dans de lointaines cités.
Mais alors il faut en faire, et leur donner des pilotes. J'entends parfaitement que le concours américain nous permettra, dans un temps donné, de renforcer puissamment les armées aériennes. Travaillons sans relâche en l'attendant, afin de multiplier autant que possible des opérations semblables à celle de Stuttgart. Il existe d'autres villes sur lesquelles la visite de nos aviateurs produirait des effets salutaires. Arrangeons-nous donc pour que celle-ci ne soit pas retardée trop longtemps, car de sa promptitude peuvent résulter les plus heureux événements.