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LA COALITION MISE EN ÉCHEC

(5 Octobre.)

Les Allemands continuent à nous servir, ici et ailleurs, une sorte de guerre monnayée. Quelques attaques diffuses, dessi-

opération dans ces mers traîtresses qui peuvent se fermer aux premières gelées? Si vraiment lesAllemands nourrissaient contre

(Cl. Beaulrère)

Le roi Albert et le général Anthoine devant un canon à longue portée.

nées probablement dans le but très spécial que j'ai indiqué hier, ne font point la bataille. On ne trouve cependant rien de plus dans les bulletins.

Mais ce n'est pas une raison pour conclure, comme d'aucuns, que les Allemands préparent un nouveau recul. Ils n'oseraient, au moment où nous sommes, donner une preuve aussi évidente de leur embarras. Tout au plus procèdent-ils à ce resserrement sur eux-mêmes qu'a ordonné Ludendorff, au nom de son grand chef à la renommée un peu obscurcie. Et, pour le couvrir, ils donneront encore des coups de tête, dont la lutte persistante d'artillerie fait d'ailleurs prévoir l'éventualité.

Partout ailleurs, c'est l'immobilité à peu près complète.' Il règne bien, dans le golfe de Finlande, une certaine animation qui laisse subsister la menace d'une attaque maritime contre Petrograd. Mais la saison n'est-elle pas un peu avancée pour entreprendre sans trop de risques cette

la capitale russe des projets de conquête, il faut convenir que leurs préparatifs auront été beaucoup trop longs.

Il est vrai qu'à l'heure actuelle, ils ne peuvent plus guère compter que sur euxmêmes, ce qui rend leur tâche beaucoup plus difficile. La coalition qu'ils avaient formée d'éléments disparates s'effrite et se dissout peu à peu. Nos amis italiens donnent à l'Autriche assez de tablature pour que celle-ci se ramasse sur les jarrets et se contente de tenir ses*f routières menacées. La Turquie, amputée del' Arménie, de la Mésopotamie et de l'Arabie, se demande, après chacune de ses défaites, si elle ne va pas s'en aller par lambeaux, des lambeaux que le kaiser ne paraît plus en état de rapiécer. Enfin, la Bulgarie s'installe dans ses prises ,et paraît se soucier du reste comme un poisson d'une pomme. C'est dire que les armées allemandes restent à peu près seules pour couvrir les immenses espaces OTJ les a jetées la présomption d'un état-

major trop convaincu de son invincibilité.

Que faire en pareille occurrence? Résister aussi longtemps qu'on le pourra en mettant en œuvre tout l'arsenal de la technique moderne, c'est à quoi il faut se résigner, toute autre attitude étant désormais interdite. Et ainsi se transforme peu à peu en une simple cuirasse ce dont on avait voulu faire l'instrument d'une hégémonie dominant les trois quarts de l'univers.

Mais comme ce n'est point sans amertume ni regrets qu'on subit cette transformation obligatoire, o'n cherche à forger

dans les ténèbres d'autres armes, destinées à frapper sournoisement des adversaires qui demeurent trop récalcitrants. L'espionnage et la corruption étendent partout leurs tentacules, saisissant au passage tous les malandrins qui veulent bien se prêter à cet odieux trafic. C'est un nouveau mode d'offensive, assez répugnant et ignoble, par lequel l'Allemagne de Guillaume II et d'Hindenburg remplace celui auquel nous l'avons forcée de renoncer. Seulement, il ne peut se développer que dans l'ombre, et, quand celle-ci s'est dissipée, il cesse d'être dangereux.

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