AGIR VITE, C'EST FORCER LE SUCCÈS
(7 Octobre.)
Nour recevons sur la dernière bataille de Flandre des détails complémentaires qui nous permettent de mesurer dans leur entier son étendue et sa valeur. C'est bien, comme est obligé de l'avouer Ludendorflf, une profondeur de 1.500 mètres qu'ont gagnée nos alliés. Mais quand le quartiermaître général ajoute, en manière de con-
solation ou d'excuse, que leurs conquêtes « se bornent » à cette emprise, il néglige à dessein la question principale, qui est celle de la valeur même des positions dont les Allemands sont désormais privés.
Nul n'ignore que le sol desj Flandres, ne ressemble en rien à celui du Laonnois^ où de l'Argonne. Il est plat comme la
(Cl. Section phot. de l'A- mi-'e portugaite.)
Le ministre de la Guerre portugais sur le front de nos alliés.
U-COLONEL ROUSSET
Comment finit un
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Malgré les lourdes pertes que la guerre sous-marine inflige aux alliés, les résulta, tant promis au peuple allemand ne sont pas atteints. Nos moyens de défense s'a. croissent en proportion du danger, et un grand nombre des pirates du kaiser ne rei
(US-marin allemand.
"eront jamais au port. On voit ici comment un destroyer anglais, attaqué par nnsoustarin, fait face a l'adversaire et le canonne à bout portant. Une patrouille aérienne cheve la défaite de l'ennemi dont le périscope s'enfonce pour ne plus reparaître
Lt-COLONEL ROUSSET
main, à part quelques rides qui le strient, et qui, précisément parce qu'elles sont rares, deviennent tout de suite tactiquement intéressantes malgré leur maigre relief. Ces rides (et les bois qui les séparent) avaient "été organisées par les Allemands avec un soin particulier, pour cette double raison qu'elles leur donnaient des vues sur l'adversaire et qu'elles empêchaient celui-ci de regarder directement chez eux. Or, ils les ont presque toutes perdues, et ce qui en reste est maintenant dominé ,de partout. On sait, d'ailleurs, que les Anglais, qui procèdent par poussées successives, fixent, chaque fois qu'ils se mettent en branle, le but à viser, lequel est toujours atteint, et jamais dépassé. Il est donc inexact de dire que leur avance a pu être limitée. Elle s'est arrêtée elle-même là où il avait été décidé qu'elle s'arrêterait. Et la suite, suivant une expression connue, est renvoyée au prochain numéro.
Il est une chose du moins dont Ludendorfi se garde de parler. C'est l'énormité des pertes qu'à subies l'armée al-'emande, pour avoir été prévenue dans l'attaque qu'elle méditait et en vue de laquelle elle avait, malgré toutes les instructions venues
de haut, rassemblé des éléments beaucoup trop massifs. On les évalue à 20.000 hommes, sans compter 4.500 prisonniers. C'està-dire que la valeur de deux divisions entières a disparu dans la tourmente. Le prince Ruprecht est-il en mesure de supporter sans fléchir des saignées aussi abondantes que celle-là? C'est peu probable, surtout en ce moment. Et ce qui le démontre, c'est qu'après quelques essais de réaction qui manquaient visiblement de mordant, il s'est contenté de faire jouer son artillerie, trahissant mieux ainsi son dépit qu'un véritable espoir de récupération.
Quoi qu'il en soit, nos alliés britanniques peuvent être fiers de leur œuvre. Ils ont fait preuve non seulement de vigueur, ce qui ne saurait nous surprendre, mais d'un esprit de décision remarquable, en attaquant eux-mêmes au moment où ils allaient être attaqués. S'attribuer ainsi, avec autant d'opportunité, les bénéfices de l'offensive, c'était mériter de vaincre. Il est bien rare, en effet, qu'à la guerre le succès ne récompense pas celui qui sait agir vite et prendre l'occasion aux cheveux.