‹ La Guerre au jour le jourChapitre 132 sur 360 · LES INTERMITTENCES DANS L'ACTION OFFENSIVE DE NOS ALLIÉS ANGLAIS · texte numérisé non relu

LES INTERMITTENCES DANS L'ACTION OFFENSIVE DE NOS ALLIÉS ANGLAIS

(8 Octobre.)

Si les attaques de nos amis anglais ne j'ai dites déjà et auxquelles je vais tout sont pas continues, pour des raisons que à l'heure en ajouter d'autres, il y a lieu

(Cl. Beaufrère.)

Le président Machado et M. Pcincaré sortent du. château d'Ham.

!.COLONEL ROUSSET

e remarquer que leur succession est de nlus en plus rapide et leurs résultats de

lus en plus importants. Cela prouve deux choses : d'abord, que nos alliés, en pleine possession de leur méthode, ont organisé la bataille dans son ensemble, de telle sorte que les préparations de détail exigent moins de temps ; ensuite, que le nouveau système de défense adopté par les Allemands, et qui consiste, comme je l'ai indiqué déjà, dans la substitution aux lignes continues d'une série de postes en entonnoirs tout farcis de mitrailleuses, ne compense pas, pour eux, l'obligation de jeter dans la fournaise des contingents trop jeunes, trop impressionnables et trop insuffisamment aguerris.

Cependant, après chaque bond en avant, quelle que soit son amplitude, nos alliés sont obligés de s'arrêter. Obligés n'est peut-être pas le mot exact, dans son sens absolu. Mettons, si vous voulez, qu'ils

onsidèrent comme nécessaire un temps d'arrêt plus ou moins long. C'est qu'en

tet la prudence, qui dans la guerre actuelest devenue une loi, entraîne toute une série de précautions impérieuses, dont la négligence d'un moment pourrait' compromettre J'avenir, sinon même une partie du passé.

J'ai parlé plus haut des nids de mitrailleuses que l'ennemi sème en arrière de ses tranchées, afin de ménager des effectifs trop menus ou trop peu résistants- Ils échappent aux investigations aériennes, }xmr peu que le temps soit défavorable, et

à plus forte raison aux vues directes, même quand on a pu saisir des points relativement élevés. Ils sont, mais à un degré beaucoup plus dangereux, comme ce»

chausse-trapes que l'on jetait autrefoissous les pieds des chevaux pour briser l'élan des escadrons lancés à la charge. Leur repérage et leur destruction s'imposent donc avant toute reprise d'offensiveun peu sérieuse. Or, l'un et l'autre ne peuvent guère s'opérer qu'à tâtons.

Ainsi s'expliquent ces interruptions de la bataille qui étonnent parfois les genspeu avertis. Si elles n'existaient pas et si elles ne servaient pas à nettoyer le terrain* par des séries de coups de main comme nous en voyons faire d'une façon à peu. près continue, l'œuvre du canon resterait, imparfaite, et l'infanterie partant à l'assaut risquerait d'être décimée avant d'avoir atorrié ses objectifs.

Bi a entendu, la possession des points dorr-.nants facilite beaucoup cette besogne, en étendant les vues et en éclairant leschamps de tir. Mais il faut, pour que ceuxci soient battus, que les pièces aient, ellesaussi, avancé. Et cette opération, surtoutquand il s'agit des gros calibres, exige toujours un certain temps.

Voilà pourquoi nos alliés, engagés dansune bataille qu'ils entendent poursuivre jusqu'au dénouement fixé par eux, la coupent de pauses et d'entr' actes. Ceux-ci, comme je l'ai dit, sont de moins en moins distants, peut-être parce que l'usure de l'adversaire s'accentue avec rapidité. Il ne

tcKelle

\ix\choote

vJùîit

Passchenda,

dseyride\ \ S'fierrè

Lanakleo

\lkel-.

'"bem

edcLdiem \, * ,

QoUay'êrn

^Garde

Léiwej//Rolles^

Carte du. front des Flandres: Bixschoote-Ypres-Menin. — 207

ÛJ-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

En Champagne. — Echec d'un fort coup de main dirigé sur nos tranchées de la ferme Navarin; l'ennemi subit des piftes sensibles et nous abandonne des prisonniers.

Dans les Flandres. — La canonnade reprend aoec une nouvelle violence sur tout le front et se transforme, disent les communiqués allemands, en feu roulant, « Toute l'armée anglaise est jetée contre nous, écrit la Gazette de Cologne, avec une volonté de fer et une énergie impitoyable. Notre commandement ne peut faire face à ces attaques qu'avec des effectifs restreints. »

Pérou. — Le Congrès approuve la rupture des relations diplomatiques avec l'Allemagne, rupture proposée par le gouvernement.

En Russie. — Le couvent historique d'Abalak à une dizainede kilomètres de Tobolsk est assigné comme résidence au tsar Nicclas II et a la famille impériale.

«faudrait pas beaucoup de rencontres com- «ne la dernière pour que cette usure devînt

Dans les Flandres. — Malgré un temps épouvantable, l'activité des deux artilleries reste très grande sur tout le front. La situation inspire à l'ennemi des inquiétudes dont la presse allemande se fait l'écho.

i Comment osez-vous, dit le Lo!<al Anzieger, pendant des jours pareils, parler de quelque chose d'autre ou penser à quelque chose d^autre qu'à la bataille des Flandres} Vous discutez sur le parlementarisme, sur le prix du beurre, etc., alors que vous devriez, retenant votre souffle, penser avec la plus profonde émotion à la bataille dans laquelle sont engagés vos frères et vos fils et qui est la plus grande, la plus terrible de toute cette guerre. »

Cadix. — Evasion du sous-marin allemcuid interné dans l'arsenal de Caracca.

Uruguay. — Rupture des relations diplomatiques de la République cvec i Allemagne.

telle que ce qui reste de moral aux troupes du prince Ruprecht disparût tout à fait.

Page 1