SIXIEME PHASE DE L\ BATAILLE DES FLANDRES
(10 Octobre.)
Je disais hier que, peut-être, le mauvais temps allait retarder notre élan pen- <iant quelque temps encore. Je me trompais, par un excès de précaution dont je an'excuse, et j 'enregistre avec une satisfaction entière le démenti que me donnent 4 es événements. Ils montrent que les troupes franco-anglaises savent braver les intempéries et que, lorsque la préparation d'une a,ttaque a été jugée suffisante, celle-ci est -entam.ée malgré les vents contraires. Le fait qui vient de se produire dans la «natinée de mardi nous donne une très haute idée de l'état moral des soldats alliés.
La sixième phase de la grande bataille ■des Flandres est donc ouverte. Mais, pour 9}ien comprendre ce qui se passe, âl faut remonter un peu plus haut.
.Cette bataille a débuté, on s'en sou-
vient, par la conquête de la crête de Messines, effectuée le y juin sur le front anglais. Ceci se passait à l'aile droite de nos alliés. Quelquessemaines plus tard, le 31 juillet, le feu se rallumait au centre et à l'aile, gauche, formée par l'armée Anthoine. La crête qui s'étend au nord d'Ypresétait enlevée, et, le 16 août, nous poussions, de concert avec les troupes britanniques, jusqu'au front Driegrachten-Langemarck.
C'était une avance sérieuse, mais qui ne pouvait être poursuivie tant que la forêt d'Houthulst, bondée de mitrailleuses et formidablement organisée, se dresserait devant nous. L'attaquer de front, il n'y fallait pas songer, sous peine.de s'exposer à des pertes énormes. On essaya donc de la tourner par la droite, et c'est ainsi que, tandis que nos troupes s'arrêtaient, celles du
Lt-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
Verdun. — Sur- la rive droite de la Meuse, à la suite d'un intense bombardement, l'ennemi lance une forte, attaque sur nos positions au nord du bois Le Chaume, un combat très violent s'engage et se prolonge pendant toute la journée : nous perdons quelques éléments de nos tranchées de première ligne.
République de l'Equateur. — La légation de la République à Paris communique la note suivante reçue de son gouvernement : « Je vous fais connaître que pour des motifs de solidarité américaine, nous ne rece- Vrons pas le représentant diplomatique de l'Allemagne ; les relations sont ainsi interrompues de fait. »
Le Portugal et les Alliés. — M. Machado, président de la République portugaise est arrivé en France ; il visite aujourd'hui Verdun et Reims, en compagnie du président Poincaré. Le gouvernement portugais a décidé de conférer à la place de Verdun la décoration de l'ordre de la Tour et de l'Epée.
En Egypte. — Le Sultan Ahmed Fouad l^^ succède à son frère Hussein- Kamel qui vient de mourir. La cérémonie d' intronisation a lieu aujourd'hui au Caire. Le sultan Fouad est le sixième fils du khédive Isrrtaïl, déposé en 1879.
En Angleterre. — M. Lloyd George faisant allusion à la séance du Reichstag du9 octobre, dans laquelle Von Kuhlmann a déclaré que l'Allemagne ne rendrait jamais l' Alsace-Lorraine à la France, prononce les paroles suivantes : « Je ne vois rien qui soit plus de nature à prolonger cette terrible guerre que l'affirmation de M. de Kuhlmann ; la Grande-Bretagne est bien décidée à soutenir la France, sa vaillante alliée, jusqu'à ce qu'elle ait pu délivrer ses enfants de l'avilissement du joug étranger. >^
Front Portugais. — Le président Machado et le président Poincaré passent en revue une partie des troupes du général Tamagnini.
maréchal Haig préparaient avec un soin particulier le mouvement qui devait la déborder. Il s'opéra le 20 septembre, avec le plein succès que l'on sait. En une seule matinée, nos alliés s'emparèrent de toutes les positions mamelonnées qui s'étendent entre le chemin de fer d'Ypres à Roulers et la position de Tower-Hamlet, à l'ouest de Gheluvelt.Ils s'étaient attribué par là des vues importantes et un commandement d'artillerie dont le profit allait apparaître bientôt.
Inutile de répéter que toutes les co itre-attaques allemandes s'étaient heurtées contre une barre de fer.
Ce n'était pas tout encore. Le 26 septembre, les Anglais, revenant à la charge, chassaient l'ennemi du bois du Polygone
et occupaient en partie les deux villages de Zonnebeke et de Poelcappelle. Il leur reste à s'emparer du dernier rideau qui masque encore la plaine découverte de Roulers-Menin-Courtrai, et suit à peu près la route de Broodseinde à Becelaere. Elle est probablement l'objectif de l'opération entamée mardi matin, en coopération avec l'armée Anthoine, laquelle s'est déployée au sud de la forêt d'Houthulst. Une fois ces positions prises, et elles le seront sans doute, du moins ce que nous savons de la bataille nous permet de l'espérer, le le prince Ruprecht n'aura plus aucune saillie où se raccrocher. Et sa seule ressource, s'il ne se décide pas à une retraite d'assez vaste amplitude, sera de s'enfouir dans ses entonnoirs.