TOUR DE FORCE BRITANNIQUE
(14 Octobre.)
Il est très vraisemblable que, si le mauvais temps ne s'était pas mis de la partie, nos alliés britanniques auraient enlevé.
Par ailleurs, la situation est toujours la même. Le kronprinz continue à se démener sur le Chemin des Dames, où il
^SimmmmSmi
' fiiftitr^^llllfl^^
(Cl. Polak.)
Le s Anglais rétablissent un pont avec le matériel abandonné par l'ennemi.
vendredi, toutes les hauteurs de Passchendaele, ou à peu près. Mais comment mener l'attaque jusqu'au bout, quand on barbote dans deux pieds de boue, tandis qu'une pluie glaciale cingle les visages? En avançant de I.200 mètres en moyenne, de façon à s'aligner sur les troupes françaises qui tenaient les abords sud de la forêt d'Houthulst, les vaillantes troupes du maréchal Haig ont accompli un véritable tour de force, et si elles ont dû remettre à plus tard la fin de la partie, ce n'est certainement pas qu'elles l'abandonnent. C'est parce qu'elles l'eussent peut-être compromise en cherchant à- la pousser plus loin. Mais patience ; nous les retrouverons à l'œuvre quand apparaîtra un ciel plus clément.
ne nous entame pas, et, en Livonie, von Eichhorn, ou plutôt son lieutenant von Hutier, persiste dans les velléités d'offensive dont j'ai déjà parlé. Les Russes ont victorieusement résisté au sud de la chaussée de Pskow et légèrement reculé au nord. Je maintiens qu'à l'époque où nous sommes on ne peut voir en tout cela que des incidents sans valeur.
De même, en Moldavie, Mackensen semble vouloir se réveiller de sa longue torpeur. Il attaque dans la direction de Buzeu et fait bombarder Galatz. A-t-il donc reçu des renforts? C'est fort improbable, à moins toutefois que la Galicie, où rien ne bouge, lui en ait fourni quelquesuns. Il est en tout cas fort étrange qu'après avoir passé l'été entier dans l'inaction, il
U-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
là OCTOBRE
Dans les Vosges. ' — Echec d'un coup de main tenté par l'ennemi sur nos petits postes de l'HartmannsiDillerkpp}.
Golfe de Riga. — Les Allemands poursuivent l'occupation de l île d Œsel : les forces russes sont coupées en deux : une partie réussit à s'échapper par la digue qui conduit à l'île de Moon ; l'autre est refoulée dans la presqu'île de Sworbe où elle sera bientôt bloquée et obligée de capituler.
Dans le Soëlo-Sund, entre les îles Œsel et Dago l'escadre allemande livre combat aux torpilleurs et aux canonnières russes. Le torpilleur Grom, une des unités les plus modernes de la flotte russe, est coulé après une lutte inégale.
Les opérations des dreadnoughts allemands sont facilitées par l'emploi d'un grand nombre de sousmarins, de bâtiments d'avant-garde et de dragueurs qui débarrassent rapidement les champs de mine russes.
Sur mer. — Une note officielle fait connaître la perte du vapeur Médie torpillé le 23 septembre dans la Méditerranée occidentale. L'explosion de la torpille a provoqué celle des munitions qui se trouvaient dans la cale et le navire a coulé en quelques minutes- Il y avait à bord 559 personnes, y compris des détachements algériens de soldats et travailleurs indigènes, des prisonniers et 67 hommes d'équipage. Le nombre des disparus est de 250.
Les responsabilités de la guerre. — M. Morgsnthan, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople, publie le récit de la confidence que lui fit son collègue allemand, M. de Wanzoenheim, qui lui affirma que la guerre avait été décidée dans une conférence tenue à Berlin aux premiers jours de juillet : « // me confia le fait dans un élan d'enthousiasme, après l'arrivée du Gœben et du Breslau dont il avait dirigé les mouvements par la télégraphie sans fil.
ait attendu les débuts de l'automne, et quel automne ! pour amorcer une entreprise devant laquelle il a reculé jusqu'ici.
Aussi, tout bien réfléchi, faut-il voir, je crois, dans cette espèce de renouveau de l'activité germanique, beaucoup plus un dérivatif apporté aux difficultés intérieures fort graves qui assaillent l'Allemagne et l'Autriche, que l'exécution d'un plan offensif , quel qu'il soit. Telle est bien.
je crois, l'explication de tous ces mouvements tardifs. Ils n'iront pas bien loin, j'imagine, d'abord en raison de leur intempestivité même, puis parce que, d'après les engagements pris par le gouvernement et ratifiés par la grande majorité de la Chambre, nous ne tarderons plus à « imprimer une vigueur nouvelle à la politique et à la conduite militaire des opérations ».