‹ La Guerre au jour le jourChapitre 15 sur 360 · ÉCHEC SÛR ÉCHEC DES ATTAQUES ALLEMANDES DANS LE LAONNOIS · texte numérisé non relu

ÉCHEC SÛR ÉCHEC DES ATTAQUES ALLEMANDES DANS LE LAONNOIS

(24 Juin.)

En se ruant sur nos positions de Champagne et du Laonnois avec un redoublement d'insistance qui doit finir par leur coûter assez cher, les Allemands semblent vouloir profiter hâtivement, pendant qu'ils le peuvent encore, des facilités que leur donne l'inertie de l'armée russe. Et peutêtre cherchent-ils aussi à réparer, par compensation, la faute qu'ils ont commise en épargnant celle-ci, au moment où elle leur offrait une proie si facile. Mais, détestables psychologues comme toujours, ils ont cru alors qu'une paix presque immédiate devait être la conséquence de la révolution. Reconnaissant aujourd'hui leur erreur, ils essayent de nous la faire payer. Seulement ils nous trouvent sur nos gardes, et n'arrivent à rien de ce qu'ils auraient désiré.

Les attaques d'avant-hier vendredi ont revêtu ime violence rare, et une ampleur ■ depuis longtemps inaccoutumée. Elles se dessinaient à la fois sur le plateau de Vauxaillon et sur presque tout le Chemin des Dames. Elles étaient menées par des troupes spéciales, encadrées par des éléments empruntés à des bataillons objectivement constitués pour faire office d'entraîneurs. Ces bataillons, nous dit le correspondant militaire du Times, ne sont composés que d'hommes jeunes, avec ce qu'on appelle des fortes têtes. Ils comprennent

des mitrailleurs, des grenadiers et des lanceurs de liquides enflammés. Ils combattent en enfants perdus, après s'être égaillés dans les troupes d'assaut dont ils ont pour mission de galvaniser les ressorts parfois un peu distendus. Ce sont des allumeurs, si j'ose dire, placés là comme excitants. L'invention est peut-être subtile, mais rien ne dit qu'elle doive être profitable. L'expérience seule montrera s'il n'y a ■pas plus d'inconvénients que de profits à donner tant d'indépendance à certains combattants. Elle n'a d'ailleurs point fait merveille dans les derniers combats, lesquels n'ont donné aucun bénéfice à l'ennemi. Car bien que celui-ci ait étendu assez largement son front et renforcé ses colonnes d'assaut, il n'a pu ni nous débusquer de nos positions actuelles, ni déboucher du petit saillant qu'il avait enlevé la veille sur notre centre, au droit de Braye-en- Laonnois.

Il en a été de même sur le plateau de LafEaux et, en Champagne, sur le Téton. Là aussi, tous les efforts allemands, accomplis ou non avec entraîneurs, sont venus se briser contre une résistance incoercible. Et ils paraissent n'avoir pas été tout à fait gratuits. Je passe sur une série d'autres attaques partielles dont on peut conclure que l'affaire avait été montée en grand. Leur issue négligeable corrobore la sohde

(CI. Chusseau-FIavicns.)

Régiment de Néo-Zélandais en marche vers le front.

U-COLONEL ROUSSET

Au nord de l'Aisne. — Retour offensif de nos troupes sur les tranchées enlevées hier par l ennemi au sud du mont des Singes et près de la ferme Moisy : les Allemands refoulés, ne se maintiennent plus que dans un saillant situé à 400 mètres au nord de la ferme. La lutte d'artillerie reste très vive dans toute la région.

En Champagne. — L'ennemi lance dans l'aprèsmidi entre le mont Cornillet et le mont Blond une attaque qui vise à la reprise des positions perdues le 1 8, mais l'assaut est repoussé à la grenade et nos soldats, poursuivant l'adversaire en retraite arrivent jusqu à ses tranchées de départ qu'ils occupent et conservent.

En Grèce. — M. Venizelos débarque au Pirée : il va se rencontrer avec M. Zaïmis, président du Conseil, à bord d'un navire français. L'entrevue entre les deux hommes d'Etat a lieu sur l'invitation de M. Jonnart pour fixer les bases de l orientalian nouvelle de la Grèce.

Au nord de l'Aisne. — Sur le Chemin des Dames, le bombardement de nos positions au sud de Filain et dans la région de Braije-en-Laonnois, commencé hier soir, s'est prolongé toute la nuit; il est siivi ce malin d'une série d'attaques violentes sur un front de plus de 2 kilomètres depuis l'ouest de la ferme la Royère jusqu'à l'épine de Chevrégny. Les Allemands déploient des forces importantes composées de troupes spéciales d'assaut qui font preuve d'un grand acharnement et réussissent à pénétrer dans un saillant de notre ligne. Ces troupes de choc, d après les renseignements donnes par le Times sont composées d'unités encadrées par des groupes d hommes jeunes, célibataires ou mariés sans enfants, quelquef is aussi les fortes têtes des compagnies où ils sont recrutés. On les transporte en camions automobiles dans les secteurs où on a l'intention de les employer. On les trouve dans presque toutes les attaques récentes tentées par les Allemands.

coutiance que nous luisons à nos bia\cs soldats et à leurs chefs.

Je crois néanmoins qu'il laul envisager résolument l'axenir et se ])ersuader que les Allemands vont continuer. Ce n'est pas pour rien qu'ils ont amené de Russie, où ne restent cpie des troupes de deuxième catégorie, tout ce qui pouvait être utilisé contre les Anglais et contre nous. Nous avons, sur les bras, les uns et les autres, 15J divisions, dont 5r font lace à nos

alliés, sur un Iront qui est à peu près le tiers du nôtre. Il n'y a rien là de particulièrement effrayant, quand on songe à ce dont nous disposons nous-mêmes, deptiis le Pas-de-Calais jusqu'à Belfort. Mais cette agglomération de forces indique, au moins, chez l'État-major allemand, l'intention de nous porter des coups énergiques avant (lue la Russie se réveille. Ces coups, les alliés .sont de taille à les parer, et, jusqu'ici, ils n'y ont point manqué.

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