LES ALLEMANDS ANNONCENT QU'ILS SONT MAITRES D'ŒSEL
(18 Octobre.)
Le bureau d'informations militaires russe nous fait savoir que l'opération entreprise par les Allemands dans le golfe de Riga n'a causé aucune surprise et que, dès le commencement du mois de septembre, l'état-major général avait reçu de multiples renseignements sur les préparatifs de l'ennemi. On nous permettra alors de trouver assez extraordinaire la facilité qu'a rencontrée ce dernier à se débarrasser du champ de mines qui protégeait les deux îles d'Œsel et de Dago, puis à prendre pied sur terre, presque sans coup férir.
Je veux bien qu'à l'heure actuelle, les troupes et les escadres de torpilleurs russes se défendent assez énergiquement.
Mais cette opposition, vraiment bien tardive, n'a pas empêché l'ennemi de se rendre maître à peu près de toute l'île d'Œsel, d'occuper la ville d'Arensberg, aux trois quarts détruite, et de bloquer à Zerel, dans la pointe de la presqu'île Sworbe, des contingents qui auront d'autant plus de peine à éviter la reddition ques des troupes allemandes ont mis la main sur les deux îlots de Runoé et d'Abro^ en plein milieu du golfe de Riga.
Un partie des troupes qui occupaient Œsel a pu, il est vrai, gagner l'île de Moon, qui est reliée à la première par une
digue. Je né sais si elle se trouve là à l'abri de la capture, la situation de ce côté étant assez embrouillée. D'après les communiqués russes, en effet, une rencontre s'est produite entre torpilleurs dans la passe de Soëla-Sund, ou détroit de Selé, qui sépare Œsel de Dago, et les Allemands auraient perdu là quatre unités, dont deux coulées bas, contre une seule du côté adverse. Il s'ensuivrait donc que les premiers n'ont pu forcer la passe et l'on nous dit même formellement qu'ils se sont retirés. Cependant, le bulletin de LudendorfE, qui garde un complet mutisme sur cette aventure, prétend que les navires germaniques ont pris une part active aux combats livrés près d'Orrisar, pour la possession de la digue dont j'ai parlé plus haut. Qui croire ? Le fait, au reste, importe peu, car, de^ quelque façon que les choses se soient -'tissées, le danger qui menace les forces russes coincées dans les deux pointes extrêmes de l'île d'Œsel n'en est pas moins grand.
Le même bureau d'informations, cité plus haut, se félicite de ce que les Allemands n'ont point cherché à pénétrer dans le golfe de Finlande. Ils paraissent, en effet, au moins jusqu'à nouvel ordre, viser le golfe de Riga. Mais qui nous assure que, devant les difficultés présentées par
(CI. Forbin.)
Recrues bolcheviks s'entraînant oottr la guerre fratricide.
Zf-COLONEL ROUSSET
LES FAITS
La bataille des Flandres. — Dans un message adressé au maréchol sir Douglas Haig, M. Lloyd George écrit : « Le Cabinet de guerre désire vous féliciter, vous et les troupes que vous commandez, pour les exploits accomplis par les armées britanniques dans les Flandres, au cours de la grande bataille qui fait rage depuis le 31 juillet.
<< Partant de positions où tout l'avantage était du côté de l'ennemi, entravés, retardés souvent par des conditions atmosphériques très défavorables, vous avez cependant refoulé l ennemi, sans lui laisser de trêve, avec une habileté, un courage, une persévérance qui ont imposé une admiration reconnaissante aux peuples de l Empire britannique et ont rempli d'alarme le cœur de l'ennemi. »
Golfe de Riga. — Les forces russes qui résistaient encore dans la presqu île de Sworbe sont obligées de se rendre et l'île d'Œsel toute entière est occupée.
Dans la mer du Nord. — Deux corsaires allemands, possédant une grande vitesse, attaquent un convoi à mi-chemin entre les îles Shetland et la côte de Norvège: les deux contre-torpilleurs anglais qui escortent le convoi sont coulés après une lutte courte et inégale et les Allemands ne font aucun effort pour sauver leurs équipages. Sept navires du convoi, sur dix, sont ensuite détruits à coups de canon sans avertissement d'aucune sorte et sans aucun égard pour leurs équipages et leurs passagers. ^'■La flotte allemande, dit le communiqué de l'Amirauté britannique, a une fois de plus violé toutes les traditions de générosité sur mer. »
Golfe de Riga. — Combat naval à l'entrée sud du grand Moon-Sund: une vingtaine de navires russes, de types anciens, sont aux prises avec les dreadnoughts allemands, escortés de nombreux croiseurs et torpilleurs. Le vaisseau russe Slava est coulé.
l'abordage des côtes d'Esthonie, ils ne vont pas se retourner de l'autre côté? Le péril qui se dresse contre Revel, puis, par répercussion, contre les défenses établies sur la chaussée de Pskow, n'est nullement écarté, et bien qu'il y ait encore, comme ■on nous le rappelle, à parcourir 300 kilomètres pour arriver à Petrograd, cette distance n'est pas telle que la capitale soit préservée de toute aventure.
Une double protection reste cependant
à celle-ci : la saison d'abord, puis la flotte russe de Cronstadt. Nous avons appris avec plaisir que, bien que s'étant laissé surprendre, les défenseurs des îles esthoniennes ont fait, sur terre, comme sur mer, une résistance honorable. Aux marins de l'escadre de montrer maintenant qu'ils ont secoué la misérable tyrannie des soviets, car le sort de la Russie peut fort bien, d'un jour à l'autre, se trouver entre leurs mains.