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DANS LE GOLFE DE RIGA

(21 Octobre.)

Les Allemands sont maîtres actuellement de tout l'archipel esthonien. Que vont-ils en faire et vers quels objectifs dirigeront-ils demain leurs efforts? C'est

ce que nous ne saurions dire encore.

Mais il apparaît déjà que leur première conquête leur a coûté quelques plumes.

Il s'agirait, disent les Russes, d'un grand

Lt-COLONEL ROUSSET

cuirassé, de deux torpilleurs et de deux chalutiers, les uns coulés, les autres endommagés sérieusement. Bien entendu, le communiqué de Ludendorff ne souffle mot de cette affaire. Mais ce n'est pas du tout une raison pour que nous devions douter de sa réalité.

On annqnce que, étant donnée la « nou- ■ velle situation stratégique », le gouvernement provisoire prépare l'évacuation de Petrograd et songe à se transporter à

germanique. Et il est peu probable que celle-ci, au cas où pareil événement se produirait, fût disposée à risquer davantage. J'en reviens donc à ce que. j'ai déjà dit, à savoir que la protection de Petrograd était une simple question de décision et de volonté. Seulement, l'inquiétude est toujours permise, tant que des comités sans mandat, où s'agitent les ardélions de la démagogie, n'auront pas été mis à la raison.

(Cl. Beaufrère.)

L'auto-canon qui abattit le zeppelin « L-44 » près de Saint-Clément.

Moscou. La situation stratégique a peutêtre bon dos. Il y a aussi, si je ne me trompe, une situation politique qui est pas mal embrouillée, grâce à l'intervention continue autant que tyrannique des soviets, et je ne serais nullement surpris qu'elle fût, plus que tout le reste, déterminante de la décision prise. Quelles que soient, en effet, les conséquences présumables de la victoire allemande, elles ne vont pas, à moins d'un fléchissement absolu de la flotte russe, jusqu'à menacer directement la capitale. L'ennemi ne tient pas encore Revel, que je sache, et cette ville est à 300 kilomètres de Petrograd. Or, c'est là un espace suffisant pour chicaner longtemps, sinon pour barrer la route aux vaisseaux de Guillaume IL

Il est assez facile, dans le long et étroit chenal que forme le golfe de Finlande, de faire sauter, par mines ou autrement, quelques échantillons choisis de l'escadre

Sur le front occidental, la lutte d'artillerie très violente dont on nous entretient depuis deux jours n'a encore donné lieu qu'à des actions secondaires ou pour mieux dire, à de simples reconnaissances. Un certain nombre de détachements français ont pénétré dans les lignes allemandes, principalement dans les environs du moulin de Laffaux et de Brayeen-Laonnois, où ils ont fait des prisonniers. Il est vrai que le communiqué allemand afflrme qu'ils ont tous été repoussés. Mais, à le lire attentivement, on s'aperçoit qu'il manque d'assurance.

J'ai appris avec grand'peinela mort du général Baratier, à qui me liait une ami- .tié profonde. Encore un chef vigoureux, énergique et digne à tous égards de son rang élevé qui disparaît en pleine force d'âge. La perte est grande pour l'armée, qui connaissait son mérite, et pour ses soldats qui l'aimaient.

Ll-COLONEL ROUSSET

La ferme Hamert, reprise par nos troupes le 13 octobre.

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