FERMETE, JUSTICE ET BONS TRAITEMENTS
(25 Juin.)
Après l'épuration des gares, c'est maintenant à celle des trains eux-mêmes qu'il faut procéder.
l'ai reçu, à ce sujet, une quantité innombrable de lettres, auxquelles je ne peux répondre qu'en bloc, mais dont je remercie les signataires pour les encouragements qu'ils m'envoient et les renseignements précis qu'ils veulent bien me donner. Ceux-ci sont de nature, comme on va le voir, à solliciter la. plus vigilante attention.
11 me revient d'abord de plusieurs côtés que des individus, affublés d'une tenue militaire très probablement usurpée, — car ils ne portent généralement aucun insigne distinctif de corps ou de service, - — se glissent dans les trains de permissionnaires et y tiennent, sans y être invités, les propos
les plus lamentablement déprimants. Un de mes anciens collègues de la Chambre, un conseiller général, lui maire, d'autres personnes encore, aussi qualifiées, — je parle de ceux ciui signent, car je ne lis pas les anonymes, ■ — me donnent sur ces faits des détails formels et parfaitement concordants. Ainsi la propagande boche, payée par les Boches, et pratiquée par des agents à leur solde, se fait non pas seulement en station, mais en marche. Si les misérables qui s'y livrent sont des agents soldés, ils méritent d'être passés par les armes, comme de simples espions. Si ce sont des imbéciles ou des égarés, qui ne voient pas l'abîme où une paix allemande plongerait nos générations et celles qxii suivront, il faut les empêcher de nuire, en les enfermant.
Ll-COLONEL ROUSSET