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LE GROS DES ITALIENS S'EST REPLIÉ DERRIÈRE LE TAGLIAMENTO

(2 Novembre.)

]>e communique du général Cadorna annonce que les armées italiennes ont réussi à se replier derrière le Tagliamento. Une opération de ce genre, faite so\is la pression immédiate de l'ennemi, ne peut s'accomplir qu'au prix de pénibles sacrifices. C'est ce qu'a l'air d'indiquer le généralissime italien en rendant hommage à l'héroïsme des troupes de couverture chargées de contenir la poussée austro-allemande.

Les Impériaux, faisant hâte, cherchent à rééditer en avant de la rivière le coup de revers qui ne leur a que trop bien réussi à l'est de l'Isonzo, c'est-à-dire déterminer par une marche rapide à travers le Frioul, l'évacuation totale de la Vénétie maritime. Mais heureusement ils semblent n'avoir atteint que très partiellement leur but.

Rien n'annonce encore qu'ils aient l'intention d'ajouter à leur manœuvre de front une attaque de flanc dans le Trentin, par le val de Cismone ou le val Sugana. Et, en effet, à l'époque où nous sommes, l'opération pourrait bien être périlleuse. Cependant, si elle s'exécutait par aventure, le» Italiens ne seraient plus en sécurité sur la Piave et devraient reculer au moins jusqu'à la Brenta, peut-être même jusqu'à l'Adige. Sacrifice assurément fort pénible, mais devant lequel il ne faudrait pas hési-

ter, si la force des événements le rendait nécessaire. Il aurait d'ailleurs pour contrepartie, d'abord une entrée en ligne plus rapide des réserves et des secours, puis un très sensible raccourcissement du front, lequel aurait alors des flancs inaccessibles. Ce sont là, en tout état de cause, des considérations à ne point négliger.

Mais il est trop tôt et la situation est encore trop obscure pour qu'il soit possible de faire des prévisions. Nous savons seulement que deux armées italiennes, sur les trois qui combattaient sur l'Isonzo, sont intactes et que d'autres existent en arrière, qui peuvent être amenées rapidement à pied d'œuvre, sans compter les secours franco-anglais, qui commencent déjà à s'annoncer à l'horizon. Il a été, en outre, affirmé à la Chambre des communes que les canons de gros calibre envoyés par l'Angleterre et par nous sur les hauteurs de l'Isonzo, avaient pu être sauvés.

L'affaire se réduit donc, au total, à l'enfoncement brutal et soudain d'une aile dont le recul désordonné a entraîné tout le reste, mais point d'une débâcle générale, les deux tiers au moins des forces engagées demeurant en bon état. II eût été préférable sans aucun doute qu'un peu plus de prévoyance et des vues plus larges, éclairant le conseil des alliés, aient, non seule

U-COLONEL RÛUSSET

LES FAITS

Dans les Flandres. — Reprise de l'action britannique contre Passchendcele : violents combats sur l'éperon ouest de la position; enlèvement des points d'appui fortifiés de Crest-ferme et de Mitcheeles crête; nos alliés arrivent aux lisières de Passchendaele.

Dans la presqu'île de Luyghem, entre l'Yser et le ruisseau de Blanchaert, l'armée belge progresse et assure sa liaison avec les troupes françaises Venues de Merckem.

Guerre aérienne. — Dans la matinée, une escadrille de 1 2 avions anglais se porte jusqu'à Pirmasens, dans le Palatinat bavarois, et bombarde la fabrique de munitions et l'usine à gaz de la ville.

D'autres appareils ont survolé Sarrebriick pendant la nuit et attaqué la gare et ses dépendcmces.

En Italie. — Combats des arrière-gardes italiennes dans la région à l'ouest d'Udine.

ment évité cette pénible aventure, mais encore retourné la situation au préalable, de façon à mettre les Autrichiens hors d'état de rien tenter avec ou sans le concours allemand. Cette conduite s'imposait d'autant plus que la désorganisation russe s'accentuait davantage. Mais comme ce n'est point avec des récriminations qu'on

En Italie. — Nos alliés achèvent leur mouvement de repli sur le Tagliamento. Malheureusement, plusieurs des colonnes de la 21*^ armée ne disposant pas de points de passage suffisants sur le fleuve grossi par les pluies, et attaquées en flanc par l'armée Below, maîtresse de la route d'Udine à Codroipo, sont obligées de capituler.

En Palestine. — Prise de Bir-Seba par l'armée du général Allenby. Les Turcs avaient fait de cette petite ville leur principale basede ravitaillement et de manœuvre depuis le début des hostilités.

Elle constituait aussi le point d'appui solide de l'aile gauche turque dans la ligne de défense organisée pour couvrir Gaza, face au sud.

En Angleterre. — Raid d'avions allemands formés en plusieurs groupes qui s'eflorcent d'atteindre Londres. Quelques-uns seulement y réussissent et font un certain nombre de victimes.

se dégage des situations délicates, même quand on a contribué à les créer, je ne dirai rien de plus, comptant bien que l'Entente va s'occuper d'opposer aussi vite que possible la parade à l'un des derniers coups de massue portés par Hindenburg, et d'empêcher par cela même que la Maédoine n'en ressente le choc en retour-

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