‹ La Guerre au jour le jourChapitre 17 sur 360 · MT^^WI · texte numérisé non relu

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Premières compagnies débarquant pour aller occuper les forts.

(CJ.Section phot.de l'Armée.)

Le roi Alexandre prononçant un discours à Athènes.

Lt-COLONEL ROUSSET

LES FAITS

Au nord de l'Aisne, — On s'est battu toute la nuit dans la région de Vauxaillon et au sud de Filain : la lutte a été particulièrement vive entre les fermes de la Royère et de Froidmont; les Allemands ont multiplié leurs tentatives pour déboucher du saillant dont ils s'étaient emparés hier, mais ils n'ont pas réussi à développer ce succès local.

Front britannique. — Au cours d'engagements de détail, les Portugais tuent ou font prisonniers tous les hommes d'une forte patrouille allemande.

M. Albert Thomas, — Le ministre de l'Armement, qui revient de Russie et qui s'est arrêté à Stockholm et à Londres, débarque aujourd'hui à Boulogne et arrive à Paris dans la soirée. Il rapporte, dit'il à un rédacteur du Temps, un sentiment de confiance raisonnée: les deux grosses questions d'organisation intérieure et de poursuite de la guerre qui doivent nous préoccuper pour la Russie semblent en voie de solution.

Au nord de l'Aisne, — Le saillant que l'ennemi tenait encore depuis le 21 juin au soir au nord-est Jela ferme Moisy lui est enlevé dans une vive attaque.

Prisonniers de guerre, — Les opérations des Commissions sanitaires de révision pour le rapatriement des prisonniers blessés ou malades se poursuivent d'une façon régulière en France et en Allemagne. L'accord relatif à l'échange des prisonniers de guerre valides ayant dix-huit mois de captivité n'est pas encore signé, mais les pourparlers continuent par l'intermédiaire de la Suisse.

En, Norvège. — La police de Christiania découvre des dépôts de bombes et d'explosifs divers dont quelquesuns affectent la forme de briquettes de charbon facile ; à placer dans les soutes des navires. On en a trouvé une grande quantité dans les bagages d'un personnage muni d'un passeport diplomatique du gouvernement allemand.

Ne supportons pas qu'aucune atteinte soit portée à la vigueur française, dont les défenseurs du Chemin des Dames et du plateau de Laffaux nous donnent quotidiennement des preuves si éclatantes, par une poignée d'individus méprisables dont, aux temps héroïques de la Révolution française, on eût tôt fait de se débarrasser.

Je voudrais aussi que l'on donnât aux commissaires des gares, trop dépourvus de moyens d'action et débordés par le flot des permissionnaires, la possibilité de maintenir l'ordre, qui est quelquefois troublé. Nos poilus, étant depuis si longtemps à la peine, méritent absolution quand ils ne se conduisent pas absolument comme des jeunes filles. Ce qui est sans excuse, c'est la longanimité que montrent les autorités diverses, civiles et militaires, pour les gens qui, aux abords directs des stations, débitent le poison à larges flots. Si une loi est nécessaire, qu'on la fasse. Il faut que l'alcool frelaté des guinguettes borgnes ne puisse plus accomplir ses méfaits.

La discipline, à laquelle nos soldats se plient de bonne grâce quand on ne les

laisse pas dévoyer, comporte trois facteurs essentiels : la fermeté, la justice et les bons traitements, qui doivent s'affirmer, les uns et les autres, par des actes. Tout en veillant avec un soin jaloux, à l'arrière aussi bien qu'à l'avant, au bien-être des hommes, tout en réprimant avec sévérité les écarts qui sont prémédités et peuvent devenir contagieux, il faut éviter à tout prix certaines inégalités choquantes, dont les raisons échappent à notre entendement. J'en ai déjà cité quelques-unes. En voici une dernière, qui me revient au hasard : Pourquoi alloue-t-on l'indemnité de tranchée aux servants d'artillerie, alors qu'on la refuse aux conducteurs? Mystère que je ne me charge pas d'éclaircir.

C'est jme niaiserie, me dira-t-on. Possible, mais pas pour ceux qui en pâtissent. Et puis, quand les niaiseries de cette sorte se multiplient, elles finissent par provoquer du mécontentement. Il faut donc y prendre garde, comme il faut prendre garde de maintenir à son niveau l'esprit de dévouement dont nos soldats ont donné, depuis près de trois ans, de si admirables preuves. Je crois avoir suffisamment montré comment on doit y réussir sûrement.

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